Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Kinski - Alpine Static
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Kinski - Alpine Static

Alors que l’on s’apprêtait à juger Kinski pour des crimes de guerre similaires à ceux qui furent perpétrés à l’époque de leur insolent premier album (Air Above Your Station, 2003), force est de reconnaître que ce disque, à l’image de sa magnifique pochette rupestre, emmène les exactions du groupe de Seattle vers un terrain d’opération différent. Si le tétanisant morceau d’ouverture, Hot Stenographer, convoque encore d’imposantes forces telluriques, et rejoint ce fantasme absolu d’un inédit de Black Sabbath joué par un groupe allemand obtus, Kinski ne se posent plus systématiquement en agresseurs patentés, même si leurs guitares décisives sont parmi les plus tranchantes du moment. Sur plusieurs titres, dont The Party Which You Know Will Be Heavy résume bien l’affaire, une filiation nette et durable s’établit légitimement avec Sonic Youth. On retrouve là, non sans joie, la même excitation que lors des premières écoutes adolescentes de Daydream Nation. Puis Kinski trace quelques motifs d’un psychédélisme noirâtre. Finalement, on est que très peu surpris d’entendre des sonorités quasiment acoustiques, nul n’ayant besoin de torturer les six cordes avec l’aide d’effets bruyants de manière permanente. À la fois expérimental et frondeur, tout en restant accessible et juste, Alpine Static est d’ores et déjà l’un des sommet du rock de 2005.

ÉTIENNE GREIB

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