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Compte-rendu live - 04/11/2009 de Violens

interviews
Hier soir, sous les tentures de l'Olympia, les Américains de Violens, grand espoir d'ici (et d'ailleurs), livrait leur deuxième prestation parisienne. Comment s'en sont sortis Jorge Elbrecht et les siens ?
Par notre envoyé spécial Christophe Basterra

Autant l'avouer d'entrée : non, ce concert de Violens ne laissera pas un souvenir impérissable. Oui, ces jeunes Américains ont été écrasés par le poids de l'enjeu. Et surtout, oui, ces garçons bien mis se sont tiré eux-même une balle dans le pied, en ayant laissé au bercail leur propre ingénieur du son – imaginez un orchestre sans chef pour le diriger ; imaginez l'EDF 2006 sans Zidane – pour confier leurs précieuses chansons aux mains d'un inconnu… Mais, finalement, qu'importe. Car si la formation originaire de Brooklyn doit encore apprendre à maîtriser l'espace, à tenir un public en haleine, elle reste le groupe dont il faudra suivre le moindre des gestes dès le début de l'année prochaine.

Désormais en quintette, avec l'adjonction d'un second guitariste, Violens a pour lui l'essentiel : une faculté à écrire des morceaux qui s'inscrivent dans le subconscient et marquent l'imaginaire. De ces mélodies d'une grâce étourdissante, qu'on craignait de ne plus jamais croiser. Entre fragilité et agilité, Jorge Elbrecht, maître à penser et chanteur tourneboulant, façonne ainsi des compositions qui demandent déjà une place pour l'éternité. Rarement un groupe aussi "jeune" avait montré une telle qualité dans l'écriture, dans les arrangements, dans la manière de susciter de vraies émotions – peut-être The Pale Fountains (tenez, d'ailleurs, grands disques mais prestations souvent… bâclées), il y a longtemps ? Parce que, même massacré par un ingé son dépassé, Violent Sensation Descends, joué en ouverture, donne le vertige. Parce Already Over est d'une élégance indémodable. En jouant sur les textures, en procédant par couches (guitares/claviers/claviers/guitares, tout en en remontrant à plus d'un Kevin S – ici, le bruit n'est pas gratuit), en s'appuyant sur une rythmique privilégiant l'inspiration à la technique proprement dite, Violens a l'avenir qui lui appartient. Surtout lorsqu'en conclusion incisive, il balance son Full Collision orgasmique, cette… collusion entre shoegazing et soul, un peu comme si les musiciens de la Motown reprenait – au hasard – Little Bird de Moose. Alors, peut-être que ce concert n'a été qu'un coup d'épée dans l'eau. Que les déçus sont plus nombreux que les heureux. Alors, autant se souvenir qu'il y a quelques années, un groupe débutant se prenait les pieds dans les câbles sur cette même scène. Il s'appelait, je crois, Arctic Monkeys.
Christophe Basterra

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