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Les Pale Saints, My Bloody Valentine, The Jesus And Mary Chain ou les incontournables The Field Mice hantent toujours des chansons qui naviguent à vue entre euphorie (Heaven’s Gonna Happen Now chopée par le coltard contre un mur de guitares), désespoir (Anne With An E, chant plongé sous la ligne de flottaison de guitares ondoyantes et d’un synthétiseur mélancolique) et coups de poings rageusement portés contre la porte d’une chambre d’étudiant (Girl Of 1000 Dreams tabasse sa mélodie en moins de trois minutes). À ces références s’ajoutent aujourd’hui les effluves synthétiques d’une new-wave autrefois incarnée par The Cure ou OMD (l’imparable My Terrible Friend ou l’émouvante The Body, petite sœur d’Enola Gay). Dans un geste à la fois référencé et farouchement sincère, The Pains Of Being Pure At Heart garde cette incroyable capacité à parler à la fois aux gamins d’aujourd’hui, qui auraient tort de ne pas s’abîmer dans ces mélodies sublimes, et à leurs aînés. Plus qu’une madeleine proustienne qui convoquerait de vieux souvenirs, Belong ressuscite d’un coup l’adolescent qu’on a été et le plonge dans un puissant bain émotif : on a soudainement le cœur brisé (alors que non), on ne sait pas ce qu’on veut faire de sa vie (alors que si), on s’imagine traversant les années dos au monde, porté par des élans romantiques snobant la réalité (alors que bon, hein). Les New-Yorkais capturent comme personne l’adolescence dans ses élans les plus beaux vers un absolu fantasmé.
Mais ils frôlent aussi un peu de l’indécence qu’il y a à être à ce point autocentré, confortablement préoccupé par son cœur et des états d’âme régulièrement retournés comme un terrain en jachère. On croit remuer un couteau dans la plaie quand en réalité on titille des égratignures avec des couverts en plastique. Les jeunes gens s’échappent heureusement du bureau des plaintes par la grâce d’une écriture vive et incandescente : “An ambulance goes by, and you wonder why/It never stops when you want it to/It never stops when you need it to take you away” (Heart In Your Heartbreak, mine de mots à graver sur les trousses : “She was the heart in your heartbreak/She was the miss in your mistake”). Tendu vers la promesse d’un amour rêvé qui deviendrait bien réel (Strange), ce grand Belong touche par sa fidélité sans faille à un idéal et des sentiments. Kip Berman le chante avec ferveur sur Even In Dreams : “Même en rêve je ne pourrais pas te trahir”.
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