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De lointaines cloches en Prelude saluent le retour du prodige. Superpitcher s’était fait rare depuis le remarquable Here Comes Love (2004) : le projet Supermayer en duo avec Michael Mayer, Save The World (2007), où les super-héros du label Kompakt sauvaient la musique électronique en détresse, quelques titres et remixes çà et là, rien de plus. Aksel Schauffler s’était retiré pour élaborer le digne successeur de ce premier essai magistral. Le fruit de cette lente maturation, encouragé par les disques de The Field et de Circlesquare, se fixe comme seule gageure de fondre son émotivité exacerbée dans l’impersonnelle atmosphère des pistes de danse. Pour réconcilier la tête et les jambes, le producteur allemand insuffle plus de vie dans ses programmations, par le biais de chœurs très présents (Voodoo), et d’instrumentations plus variées.



Du souffle et de l’ampleur mis au service de thèmes personnels : la différence, la misanthropie, le sexe, l’amour. Le beat acide de Country Boy évoque son enfance de mouton noir. Le cynisme mordant en rempart évite l’ennuyeuse sortie du Friday Night, comme une plongée dans la psyché de cet émule du personnage de Huysmans dans À Rebours (1884), des Esseintes. Mais la chaleur irradiante de Black Magic, en compagnie de Rebolledo, et la lascivité de Who Stole The Sun dévoilent l’érotomanie du dandy, jusqu’à l’affectation la plus profonde pour cette tant désirée Joanna, merveille de romantisme dansant. “I’ve been waiting for you so long” certes, mais l’attente valait la peine, pour rejoindre Superpitcher sur la cime du distingué Kilimanjaro, au-dessus de ses dérisoires semblables.
Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #145

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