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False Flag de Rangda

chronique d'album

Rencontre pyrotechnique au sommet entre Sir Richard Bishop (Sun City Girls) et Ben Chasny (Six Organs Of Admittance, Comets On Fire) sous le haut patronage percussif de Chris Corsano (Björk, Six Organs, Dimension X), Rangda porte le nom d’une divinité maléfique du folklore balinais. Or, si à l’instar de son inspiratrice, on n’ira pas jusqu’à écrire que ce disque mange les enfants, l’indicible frisson d’une horreur bien réelle est définitivement au rendez-vous. Et il faudra un sacré courage à ceux qui n’entendent dans les disques de Chasny qu’un folk perturbé pour tenir le choc de False Flag, malsain jusqu’à la moelle. C’est une effervescence électrique qui se radicalise ici sous forme de cyclones intempestifs, guidée par une maîtrise freeform innervée, aussi enivrante qu’épuisante, suivant les avis et les constitutions. Passé le coup de feu inaugural (Waldorf Hysteria), on cherche une cachette dans l’évocation du premier Black Sabbath que recèle Bull Lore. Pourtant, lorsque la tempête s’apaise, de très hautes sphères sont atteintes, par la salutaire accalmie tronquée de Sarcophagy et par un final superbe (Plain Of Jars), faisant la jonction entre le Velvet et Felt en passant à la fois par d’enchanteresses circonvolutions guitaristiques et par Television, nous laissant en proie à une très calme et fascinante maladie tropicale. L’une des plus terrifiantes nouvelles de H.P. Lovecraft s’intitulait La Maison De La Sorcière (1933). Vous venez précisément d’y pénétrez et la porte vient de se refermer sur vous, bon courage.

Étienne Greib
MAGIC RPM  #144

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