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The Courage Of Others de Midlake

chronique d'album
Du courage ? Il en aura certainement fallu une sacrée dose aux Texans pour oser enfin se mesurer aux attentes et à l’excitation suscitées par l’arrivée tant attendue du successeur de The Trials Of Van Occupanther(2006). Du courage, et même de la témérité tant ce retour aux affaires s’apparente à un contre-pied radical et, pour tout dire, franchement déconcertant. Propulsé en tête de la première division américaine grâce à un deuxième album miraculeux, Midlake a donc mis quatre ans pour digérer sa promotion éclair. Au terme de cette gestation prolongée, Tim Smith et sa bande ont résolument renoncé à siéger sur le trône laissé vacant par Grandaddy, sans doute trop confortable à leur goût.

D’emblée, Acts Of Man, titre phare du Lp et premier single, donne le ton. Fini, le temps des références classieuses au soft rock 70’s. Les grandes envolées de claviers et de cordes ont cédé le pas aux guitares en bois et à l’ascétisme acoustique, symbolisé par les postures monacales affichées en guise d’illustration. En témoigne également la métamorphose de Children Of The Grounds, un morceau souvent joué au cours de la dernière tournée du groupe, qui apparaît ici dépouillé de toute ornementation psychédélique, dans une version presque minimaliste, rehaussée des seuls entrelacs vocaux façon robe de bure. L’explication tient pour une large part à la passion toute fraîche de Smith pour le folk britannique en général, et Fairport Convention en particulier.

Au cours de cette visite guidée d’une maison de campagne redécorée à la manière d’un cottage anglais, les occasions de s’enthousiasmer ne manquent pas, par exemple sous la forme d’un hommage aussi explicite qu’appuyé à Richard Thompson (The Horn). Pourtant, malgré cette accumulation de références peu contestables, l’ennui gagne parfois du terrain. Tant et si bien que l’on finit, au fil des titres, par dériver vers une forme de pastoralisme baba cool un peu trop monotone et dépourvue de ces contrastes ou de ce relief qui auraient pu transformer l’ensemble en un chef-d’œuvre espéré. Pour cette fois, il faudra donc savoir se contenter d’un bon album.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #139

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