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On aurait tort de s’arrêter là. Car c’est justement dans ce combat entre tradition chantée pluriséculaire, textes contemporains, instruments novateurs (l’EWI, sorte de rencontre entre le synthé et le hautbois) et math rock finalement juvénile que se situe tout le sel de Extra Life. Un jeu avec les contraintes pour mieux briser les carcans : ainsi de Easter, brutalité concentrée en embardées rythmiques où Looker mène la danse, ses précieuses incantations héritées du plain-chant étant suivies de près par une basse tarée, un piano paniqué et une batterie azimutée. Les bases posées, Extra Life déploie son art : Black Hoodie nous projette dans la cour d’un château fantasmé, où trouvères et ménestrels ont pris leurs aises – une véritable ballade, au sens premier du terme. Suit Head Shrinker, monument de douceur sous tension, entre arpèges, saxophones, chœurs angéliques et mélodies entremêlées. Cérébral, Extra Life affirme pourtant la primauté du corps sur l’esprit (vieille question) et clôt ce second Lp avec The Body Is True, doom allégé pas très loin de Om. Pas facile d’accès, le quintette trace une route nouvelle mais sème suffisamment d’indices en chemins pour ne perdre personne. En attendant, une chose est certaine : Made Flesh effrayera les prudents pour mieux soumettre les audacieux. Magistral.
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