A lire
Sept ans déjà
que Death In Vegas avait disparu, après avoir marqué la charnière des deux
siècles de son empreinte. Un départ définitif, pensait-on. Tim Holmes évoquait
parfois un possible nouvel album, des bandes à mixer, mais l'envol de Richard
Fearless pour New York et la naissance de l'éphémère Black Acid laissaient peu
d'espoir. Aujourd'hui, Death In Vegas ressuscite. Mais Fearless revient seul.
Nous non plus n'avions convié personne. Surtout pas cette garce nommée
Nostalgie ; elle se serait gaussée de nous, qui espérions nous prendre une
cinquième gifle – comme à chaque épisode de cette discographie exemplaire. Car
cette fois-ci, Death In Vegas signe un LP beaucoup moins immédiat que ses
aînés. Cet effort âpre doit beaucoup aux talents de DJ du Britannique. Agencé
comme un véritable voyage, il frappe d'entrée par une ouverture où Richard Fearless,
sans recréer son passé glorieux, livre quelques clins d'œil au parfum capiteux
de The Contino Sessions (1997), à l'extase mystique de Scorpio Rising
(2002) et aux dérives électroniques de Satan's Circus (2004).
Ce formidable triangle d'ouverture (Silver Time Machine, Black Hole et Your Loft My Acid) vogue d'un psychédélisme acide (Syd Barrett) à un pastiche de The Stooges pour s'achever sur une house glaciale, simplement éclairée par le chant diaphane de Katie Stelmanies (Austra). Seule et unique invitée d'un disque porté à bout de bras par Fearless. Ce petit frère de Primal Scream aura enregistré une partie de Trans-Love Energies dans des studios sis à Detroit, capitale du Michigan dont les séismes musicaux (Motown, Stooges, Underground Resistance, pour résumer) ont bouleversé l'Anglais aux traits tirés. Fearless vadrouille d'un genre à l'autre, verse du vinaigre sur une mécanique munichoise bien huilée (Medication) et imprime un rythme aussi alangui que minimaliste pour déployer une sensualité réfrigérée (Scissors). Enfin, Drone Reich, longue pièce rêveuse et larsenée, introduit un tandem terminal de haute volée : les répétitions libératrices de Ligthning Bolt (rien à voir avec le duo frappadingue) et Savage Love, tout en mur de guitares façon Spacemen 3, achèvent de nous faire redescendre sous terre. Death In Vegas signe un album difficile à apprivoiser, qui demande patience et abnégation à l'auditeur. Au risque de laisser les moins courageux au bord du chemin.
Ce formidable triangle d'ouverture (Silver Time Machine, Black Hole et Your Loft My Acid) vogue d'un psychédélisme acide (Syd Barrett) à un pastiche de The Stooges pour s'achever sur une house glaciale, simplement éclairée par le chant diaphane de Katie Stelmanies (Austra). Seule et unique invitée d'un disque porté à bout de bras par Fearless. Ce petit frère de Primal Scream aura enregistré une partie de Trans-Love Energies dans des studios sis à Detroit, capitale du Michigan dont les séismes musicaux (Motown, Stooges, Underground Resistance, pour résumer) ont bouleversé l'Anglais aux traits tirés. Fearless vadrouille d'un genre à l'autre, verse du vinaigre sur une mécanique munichoise bien huilée (Medication) et imprime un rythme aussi alangui que minimaliste pour déployer une sensualité réfrigérée (Scissors). Enfin, Drone Reich, longue pièce rêveuse et larsenée, introduit un tandem terminal de haute volée : les répétitions libératrices de Ligthning Bolt (rien à voir avec le duo frappadingue) et Savage Love, tout en mur de guitares façon Spacemen 3, achèvent de nous faire redescendre sous terre. Death In Vegas signe un album difficile à apprivoiser, qui demande patience et abnégation à l'auditeur. Au risque de laisser les moins courageux au bord du chemin.
