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C’est d’ailleurs en signe de reconnaissance que Vern Rumsey, bassiste de cette formation largement sous-estimée, participa à l’enregistrement de Fake Can Be Just As Good (1997). Ce qui apparaît depuis Misery Is A Butterfly (2004) comme un adieu aux armes reflète plutôt le désir d’exprimer par d’autres voies un tourment indicible : ce thème était déjà au centre de In An Expression Of The Inexpressible (1998), chef-d’œuvre de tension dépouillée et sommet de la période sonique. Mais il faudra s’y faire, la page est définitivement tournée : l’énergie colérique et les rythmiques tranchantes d’autrefois se sont changées en un spleen vaporeux au tempo ralenti. Dans l’ensemble, Penny Sparkle plonge au plus profond d’une noirceur abstraite transpercée de mélodies insaisissables. Comme des lambeaux de rêve. Here Sometimes ouvre les portes d’un univers flou, hanté par le chant désabusé d’une Kazu recroquevillée sur ses blessures.
L’ombre gagne du terrain sur Will There Be Stars où Amadeo, plus lyrique et émouvant que jamais, fait état de ses questions existentielles. Ce sentiment d’accablement culmine sur Black Guitar, superbe dialogue crépusculaire où l’un et l’autre semblent évoquer leur couple révolu. Avec une fois encore Alan Moulder (My Bloody Valentine) à la production, les instruments avancent à tâtons dans une brume saturée de notes de claviers en suspens, où les guitares assourdies résonnent comme de lointains souvenirs. Blonde Redhead a troqué son costume de New-Yorkais intellos et bruyants contre celui, noir corbeau, de la cold-wave britannique telle que 4AD la produisait au temps de This Mortal Coil et Cocteau Twins. Penny Sparkle a de quoi dérouter tout le monde, même les plus récents admirateurs du trio, par son minimalisme glaçant et intransigeant, par sa fascination communicative pour les murmures et les larmes.
> Écoutez Penny Sparkle en intégralité grâce à NPR.
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