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C’est ça la magie de
l’Internet... À peine avons-nous découvert l’ode dénudée Automatic, la saillie power pop
Sunday, ou le clip de Georgia, leur
premier single en forme d’hymne lo-fi paru via Transparent, qu’on vous brosse
déjà le portrait de Yuck. Embringués dans le sillage des formations artisanales
qui poussent comme du chiendent, les Londoniens nous content, par mail et grâce
aux tapotements de Daniel Blumberg, leurs balbutiements, leurs espoirs et leurs
difficultés à sortir du lot. En toute modestie.
[Interview par Sébastien Jenvrin].
Pour commencer, pouvez-vous me dire comment vous êtes-vous rencontrés ?
Pfiou ! Max (ndlr. Bloom, guitariste) et moi on doit se connaître depuis qu’on a quatre ans. Ilana (voix) est ma sœur. Mariko (basse), on l’a tout simplement croisé à Londres. Quant à Jonny (batterie), je l’ai rencontré dans le désert en février 2009 (ndlr. en Israël pour être précis). Il a quitté son New Jersey natal en décembre dernier pour nous rejoindre définitivement.
Jonny est un ancien membre d'Impossible Voyage. Quant à vous, Danny et Max, il y a quelques années, vous étiez membres de Cajun Dance Party. Qu’est-ce que ça vous a apporté cette histoire ?
Tout un tas de matos !
Vous avez déjà fait les premières parties de Dum Dum Girls, Veronica Falls et Real Estate, rien que ça ! Comment ça s’est passé ?
Ces trois groupes sont vraiment géniaux, même s'ils sont assez différents. C’est excitant de pouvoir jouer avec des gens qu’on apprécie. Jonny s’est particulièrement entendu avec Real Estate parce que, tout comme lui, ces gars-là viennent du New Jersey.
Pourquoi avoir choisi Yuck comme nom ? C’est pas un peu limite ?
Bah non, on trouve que c’est un joli mot en fait. Ça va pas chercher beaucoup plus loin, tu sais.
N’empêche, vous sonnez comme un groupe lo-fi des années 90. Vos marottes font forcément partie de ce lot, non ?
Nous sommes effectivement tous fans de Royal Trux, Teenage Fanclub et Dinosaur Jr, mais certains d’entre nous aiment aussi Red House Painters ou Bonnie ‘Prince’ Billy. Bref, c’était une sacrée époque. Après, il faut noter que des groupes actuels comme A Grave With No Name ou Lonely Galaxy nous inspirent aussi.
Georgia ou Sunday sont de sacrées bombinettes pop. Où allez-vous chercher tout ça ?
On écrit nos chansons assez rapidement, en s’ingéniant à conserver la fraîcheur originelle de chacune d’elle. Cette instantanéité rend difficile de cerner exactement ce qui se trame dans notre esprit au moment de l’écriture. Cela dit, avec le recul, on réalise les connexions entre nos morceaux et les bouquins qu’on lisait, les films qu’on matait ou la musique qu’on écoutait au moment de leur conception. Aussi, l’année dernière, je travaillais dans la librairie d’Adrian Mitchell (ndlr. écrivain anglais décédé en décembre 2008) à Highgate, et c’est quelqu’un dont la discipline, l’œuvre et l’état d’esprit, totalement dévoués au monde de l’art, ont eu une influence. Parfois, ce n’est pas seulement les créations en elles-mêmes qui inspirent, mais aussi l’éthique de l’artiste.
Est-ce que le microcosme londonien vous imprègne également ?
C’est vrai qu’il y a une belle effervescence musicale en ce moment à Londres. Des groupes géniaux comme A Grave With No Name ou Ivansxtc (ndlr. qui partage le même manager que Yuck) ont émergé récemment, ça crée une chic émulation. Londres est une ville viscéralement artistique qui ne peut avoir qu’une influence positive sur ses habitants.
Qui est l’auteur de tous ces dessins bizarroïdes présents sur votre blog ?
C’est bibi.
Qu’est-ce que vous pouvez me dire sur ces cahiers de dessins que vous vendez parfois à vos concerts pour 1£ ?
Je crayonne depuis un bon moment, mais je n’en ai jamais rien tiré. Je dessine beaucoup quand je compose et parfois, mes dessins et les chansons s’imbriquent de façon étrange. Les cahiers mis en vente sont juste une collection de tous ces dessins. On les refourgue pour pas cher parce que ça nous aide à payer les répétitions et à faire d’autres concerts.
Automatic est un morceau totalement épuré, avec ce piano habité mis en avant. Comment l’avez-vous boutiqué ?
Généralement, c’est Max et moi qui écrivons les chansons. Il compose d’abord la musique, ensuite je m’occupe du chant et des textes, mais il arrive aussi que nous fassions exception à la règle. Par exemple, entre Cajun Dance Party et Yuck, j’ai enregistré un album à Nashville avec Mark Nevers, Lambchop et Silver Jews. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à composer au piano. Automatic, je l’ai conçu un matin dans ma chambre sur mon piano électrique.
Vient de paraître votre premier split single. Georgia en face A et Paul Blart And The Death Of Art d’Herzog en face B. Vous sentez-vous proches de ce groupe ?
La première fois qu’on a entendu la musique d’Herzog, on l’a de suite trouvée excitante. Il avait posté ces démos autoproduites sur son Myspace. Jonny et moi avons écouté tout ça et on s’est regardé en acquiesçant. Il a vraiment d’incroyables mélodies, que ce soit au niveau des voix ou des guitares, et c’est également ce que nous aimons privilégier. Dans un sens, c’est peut-être ce qui nous rapproche.
Qu’est-ce que la signature sur Transparent (The Smith Westerns, Cymbals Eat Guitars, Washed Out, Small Black, etc.) représente pour vous ?
C’est un label et un blog vraiment spécial à mes yeux. Grâce à eux, j’ai découvert tellement de chansons qui m’ont complètement retourné et que j’ai repris tant de fois. Tous les artistes signés sont différents, pourtant chacun est doté d'une incroyable sensibilité pop.
Vous sentez-vous proches de ces groupes ?
Jusqu’à présent, la plupart étaient américains, mais ils semblent avoir les mêmes priorités que nous... The Smith Westerns enchaînent tellement de pop songs rutilantes qu’on peut difficilement les classer dans la même catégorie que nous. Perfume Genius, c'est déjà, et de loin, mon compositeurs préféré de tous les temps. Disons que je suis plus un fan face à lui qu’un vrai pote. J’imagine que ce qui vous donne l’impression que nous sommes proches, c’est que nous sommes tous entièrement dévoués à la musique.
Côté live, où aimeriez-vous jouer ?
Pour l’instant, nous n’avons pas d’autres dates prévues en dehors de la Grande-Bretagne, mais on aimerait bien jouer partout. N’importe quel pays étranger serait une grande nouveauté, une découverte, et c’est très excitant pour nous. Jonny n’a encore jamais vraiment bourlingué en Europe, et le reste du groupe n'a pas vu l’Amérique.
Avez-vous enregistré assez de titres pour agencer un premier album ?
Oh que oui ! Nous avons déjà pondu un tas de compos, et on a vraiment besoin d’enregistrer maintenant. Histoire d’éviter l’indigestion.
Dans un monde parfait, à quoi ressemblerait votre premier Lp ?
Arf... On aimerait bien développer le son que nous avons commencé à produire dans ma chambre. Toutes les démos ont été enregistrées sur un 8 pistes par Max, Ilana et moi, mais depuis qu’on forme un vrai groupe, les chansons ont évolué. Ça serait donc bien de pouvoir obtenir un équilibre entre tout ça. La principale différence sera la batterie de Jonny, qui remplacera la boîte à rythme que nous utilisions jusqu’à présent.
[Interview par Sébastien Jenvrin].
Pour commencer, pouvez-vous me dire comment vous êtes-vous rencontrés ?
Pfiou ! Max (ndlr. Bloom, guitariste) et moi on doit se connaître depuis qu’on a quatre ans. Ilana (voix) est ma sœur. Mariko (basse), on l’a tout simplement croisé à Londres. Quant à Jonny (batterie), je l’ai rencontré dans le désert en février 2009 (ndlr. en Israël pour être précis). Il a quitté son New Jersey natal en décembre dernier pour nous rejoindre définitivement.
Jonny est un ancien membre d'Impossible Voyage. Quant à vous, Danny et Max, il y a quelques années, vous étiez membres de Cajun Dance Party. Qu’est-ce que ça vous a apporté cette histoire ?
Tout un tas de matos !
Vous avez déjà fait les premières parties de Dum Dum Girls, Veronica Falls et Real Estate, rien que ça ! Comment ça s’est passé ?
Ces trois groupes sont vraiment géniaux, même s'ils sont assez différents. C’est excitant de pouvoir jouer avec des gens qu’on apprécie. Jonny s’est particulièrement entendu avec Real Estate parce que, tout comme lui, ces gars-là viennent du New Jersey.
Pourquoi avoir choisi Yuck comme nom ? C’est pas un peu limite ?
Bah non, on trouve que c’est un joli mot en fait. Ça va pas chercher beaucoup plus loin, tu sais.
N’empêche, vous sonnez comme un groupe lo-fi des années 90. Vos marottes font forcément partie de ce lot, non ?
Nous sommes effectivement tous fans de Royal Trux, Teenage Fanclub et Dinosaur Jr, mais certains d’entre nous aiment aussi Red House Painters ou Bonnie ‘Prince’ Billy. Bref, c’était une sacrée époque. Après, il faut noter que des groupes actuels comme A Grave With No Name ou Lonely Galaxy nous inspirent aussi.
Georgia ou Sunday sont de sacrées bombinettes pop. Où allez-vous chercher tout ça ?
On écrit nos chansons assez rapidement, en s’ingéniant à conserver la fraîcheur originelle de chacune d’elle. Cette instantanéité rend difficile de cerner exactement ce qui se trame dans notre esprit au moment de l’écriture. Cela dit, avec le recul, on réalise les connexions entre nos morceaux et les bouquins qu’on lisait, les films qu’on matait ou la musique qu’on écoutait au moment de leur conception. Aussi, l’année dernière, je travaillais dans la librairie d’Adrian Mitchell (ndlr. écrivain anglais décédé en décembre 2008) à Highgate, et c’est quelqu’un dont la discipline, l’œuvre et l’état d’esprit, totalement dévoués au monde de l’art, ont eu une influence. Parfois, ce n’est pas seulement les créations en elles-mêmes qui inspirent, mais aussi l’éthique de l’artiste.
Est-ce que le microcosme londonien vous imprègne également ?
C’est vrai qu’il y a une belle effervescence musicale en ce moment à Londres. Des groupes géniaux comme A Grave With No Name ou Ivansxtc (ndlr. qui partage le même manager que Yuck) ont émergé récemment, ça crée une chic émulation. Londres est une ville viscéralement artistique qui ne peut avoir qu’une influence positive sur ses habitants.
Qui est l’auteur de tous ces dessins bizarroïdes présents sur votre blog ?
C’est bibi.
Qu’est-ce que vous pouvez me dire sur ces cahiers de dessins que vous vendez parfois à vos concerts pour 1£ ?
Je crayonne depuis un bon moment, mais je n’en ai jamais rien tiré. Je dessine beaucoup quand je compose et parfois, mes dessins et les chansons s’imbriquent de façon étrange. Les cahiers mis en vente sont juste une collection de tous ces dessins. On les refourgue pour pas cher parce que ça nous aide à payer les répétitions et à faire d’autres concerts.
Automatic est un morceau totalement épuré, avec ce piano habité mis en avant. Comment l’avez-vous boutiqué ?
Généralement, c’est Max et moi qui écrivons les chansons. Il compose d’abord la musique, ensuite je m’occupe du chant et des textes, mais il arrive aussi que nous fassions exception à la règle. Par exemple, entre Cajun Dance Party et Yuck, j’ai enregistré un album à Nashville avec Mark Nevers, Lambchop et Silver Jews. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à composer au piano. Automatic, je l’ai conçu un matin dans ma chambre sur mon piano électrique.
Vient de paraître votre premier split single. Georgia en face A et Paul Blart And The Death Of Art d’Herzog en face B. Vous sentez-vous proches de ce groupe ?
La première fois qu’on a entendu la musique d’Herzog, on l’a de suite trouvée excitante. Il avait posté ces démos autoproduites sur son Myspace. Jonny et moi avons écouté tout ça et on s’est regardé en acquiesçant. Il a vraiment d’incroyables mélodies, que ce soit au niveau des voix ou des guitares, et c’est également ce que nous aimons privilégier. Dans un sens, c’est peut-être ce qui nous rapproche.
Qu’est-ce que la signature sur Transparent (The Smith Westerns, Cymbals Eat Guitars, Washed Out, Small Black, etc.) représente pour vous ?
C’est un label et un blog vraiment spécial à mes yeux. Grâce à eux, j’ai découvert tellement de chansons qui m’ont complètement retourné et que j’ai repris tant de fois. Tous les artistes signés sont différents, pourtant chacun est doté d'une incroyable sensibilité pop.
Vous sentez-vous proches de ces groupes ?
Jusqu’à présent, la plupart étaient américains, mais ils semblent avoir les mêmes priorités que nous... The Smith Westerns enchaînent tellement de pop songs rutilantes qu’on peut difficilement les classer dans la même catégorie que nous. Perfume Genius, c'est déjà, et de loin, mon compositeurs préféré de tous les temps. Disons que je suis plus un fan face à lui qu’un vrai pote. J’imagine que ce qui vous donne l’impression que nous sommes proches, c’est que nous sommes tous entièrement dévoués à la musique.
Côté live, où aimeriez-vous jouer ?
Pour l’instant, nous n’avons pas d’autres dates prévues en dehors de la Grande-Bretagne, mais on aimerait bien jouer partout. N’importe quel pays étranger serait une grande nouveauté, une découverte, et c’est très excitant pour nous. Jonny n’a encore jamais vraiment bourlingué en Europe, et le reste du groupe n'a pas vu l’Amérique.
Avez-vous enregistré assez de titres pour agencer un premier album ?
Oh que oui ! Nous avons déjà pondu un tas de compos, et on a vraiment besoin d’enregistrer maintenant. Histoire d’éviter l’indigestion.
Dans un monde parfait, à quoi ressemblerait votre premier Lp ?
Arf... On aimerait bien développer le son que nous avons commencé à produire dans ma chambre. Toutes les démos ont été enregistrées sur un 8 pistes par Max, Ilana et moi, mais depuis qu’on forme un vrai groupe, les chansons ont évolué. Ça serait donc bien de pouvoir obtenir un équilibre entre tout ça. La principale différence sera la batterie de Jonny, qui remplacera la boîte à rythme que nous utilisions jusqu’à présent.