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Alex Schaaf est un jeune musicien de l'est américain. Infatigable, il sort depuis l'année dernière EP sur EP et album sur album qu'il poste en téléchargement gratuit sur Bandcamp (son dernier maxi virtuel en date The Serious Kids est sorti la semaine dernière, alors que l'on correspondait pour la présente entrevue). Inventif comme pas possible, guidé par de nouvelles idées aussi farfelues que passionnantes (réaliser un super EP inspiré de la page Wikipédia de l'acteur Morgan Freeman, par exemple), ce touche-à-tout étonne par sa maîtrise toujours infaillible. Entretien par mail avec l'oiseau le plus gracieux et le plus prometteur de la blogosphère. [Interview par Victor Thimonier]
Magicrpm : D'après ta page Myspace, tu es originaire de Wayne, dans le Maine. Mais on sait aussi que tu fais partie du groupe The Chairs, qui viennent du Wisconsin. D'où est-ce que tu viens en réalité ?
Alex Schaaf : En fait, je viens d'emménager à New York. Mais j'ai grandi dans le Wisconsin et c'est là que je suis allé à l'école, où on a monté The Chairs. Puis l'été dernier je travaillais dans le Maine, alors c'est resté sur ma page Myspace. Mais pour résumer, je vis maintenant à New York.
Est-ce que l'endroit où tu vis influence ta musique ?
Bien sûr, même si je pense que pour ma part je suis plus influencé par l'espace où je vis plutôt que par la région où j'habite. J'ai toujours vécu dans des coins un peu petits, perdus dans les bois, donc je pense que ça s'en ressent toujours dans ma musique. Mais bon, ces quatre dernières années je vivais en résidence universitaire, donc je ne pouvais travailler que dans un espace très restreint et confiné. C'est là qu'ont été conçu la plupart des morceaux de Yellow Ostrich, avec seulement les petits instruments dont je disposais dans ma chambre. Les morceaux de The Chairs étaient moins intimistes parce qu'on avait plus d'espace pour les faire et plus d'instruments.
Où, quand et pourquoi as-tu commencé à faire de la musique ?
Je compose de puis que j'ai quatorze ans, je ne sais pas la raison précise mais j'ai toujours un peu rêvé d'être dans un groupe et de faire des concerts. J'avais un groupe au lycée mais on faisait surtout des reprises de Ben Folds Five. C'est à la fac que je m'y suis mis un peu plus sérieusement : j'ai écrit des morceaux que je peux réécouter sans honte aujourd'hui, dont la plupart des chansons de The Chairs et de Yellow Ostrich. Depuis tout petit j'ai toujours joué du piano et j'ai tout naturellement commencé à écrire pour imiter les artistes que j'admirais, et puis c'est devenu un moyen de m'exprimer à part entière.
Sur ta page Myspace tu cites toute une tripotée de bons groupes en influence (des Dirty Projectors à Arthur Russell en passant par de grandes figures du jazz). En quelle mesure ont-ils joué un rôle dans ta musique?
Je pense que c'est important de reconnaître qu'on est tous influencé par ce qui a été fait avant, que personne ne fait rien de nouveau à 100% (à quelques rares exceptions, bien sûr). On prend des petites bribes çà et là de trucs qu'on a entendu et on crée quelque chose de nouveau avec. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas original et que ce n'est pas personnel, mais juste qu'on est toujours influencé. J'ai commencé à faire de la musique plus comme un fan de musique que comme un vrai musicien, et je suis toujours un gros admirateur de la plupart des groupes de la liste. C'est important de rendre hommage à ces gens qui t'ont donné tant d'idées.
Tu es très prolifique : tu as sorti au moins deux albums et plusieurs EP depuis l'année dernière. Comment arrives-tu à écrire aussi vite ? Tu peux nous parler un peu de ton processus d'écriture ?
J'ai tendance écrire assez rapidement. Il y a en quelques sorte deux niveaux d'écriture/enregistrement. Il y en a un où je passe quelque semaines à écrire les chansons, en passant beaucoup de temps à réfléchir aux arrangements et aux paroles, puis beaucoup de temps à les enregistrer et les mixer. C'est ce que je fais généralement pour les « longs » albums. Après je suis frappé par une idée soudaine, ou un style de musique, ou juste quelque chose de très spécifique qui déclenchent quelques morceaux très vite. C'est pour ça qu'il y a tant d'EP : Fade Cave par exemple a été enregistré en un jour et demi, et j'ai écrit environ la moitié des chansons ce jour-là. Pareil pour The Morgan Freeman EP : je l'ai enregistré en deux jours. Je l'ai fait parce que j'étais dans une mauvaise passe créative et j'avais besoin d'une méthode, où d'un concept pour m'aider à me renouveller. J'aime bien travailler comme ça parce que c'est assez intense et ça débouche assez souvent sur quelque chose d'assez cohérent au final, aussi bien au niveau des paroles que du son. C'est comme un flux de pensée spontané, je trouve ça assez excitant.
Mais pour les albums je ne fonctionne pas comme ça : j'enregistre beaucoup plus de chansons qu'il n'en faut, et je choisis les meilleures pour l'album, du coup j'ai plein de B-sides qui me restent sur les bras. Après cette sélection, je peux enfin le mixer et le faire sonner comme je veux. Ce n'est en tout cas pas comme si j'avais une sorte d'état de grâce durant lequel ma muse viendrait me parler à l'oreille en faisant jaillir la musique hors de moi. C'est en fait beaucoup d'essais et d'erreurs, je tâtonne pour trouver ce qui marche ou pas. Beaucoup de morceaux ont été enregistré comme des expérimentations sur tel ou tel style. Mais j'écris aussi pas mal de mauvais trucs, que je ne sors tout simplement pas.
Tes deux derniers EP ont été fait suivant des concepts (l'un a été fait seulement à la voix et à la boîte à rythme, l'autre est entièrement inspiré par la page wikipédia de l'acteur Morgan Freeman). Est-ce que tu vas continuer à faire ce genre d'albums ? Quel concept tu aurais envie d'explorer ?
J'ai besoin d'un concept, ou au moins de certaines contraintes pour être au maximum de ma créativité. Et pas n'importe quelle contraintes : il est important de se fixer des limites. Si tu dois faire un album avec seulement des instruments à cordes, ou ne chanter que des mots commençant par des voyelles, ou si chaque chanson doit parler d'un président des États-Unis, le résultat sera forcément plus intéressant que si tu te fixes comme contrainte d'utiliser tous les instruments qui existent sur la terre, ou si tu essayes de transmettre des grands sentiments pour créer un « chef-d'œuvre ». Du moment que les limites que tu te donnes te laissent une petite marge de manœuvre, elles peuvent être très utiles. Par exemple, pour mon prochain album, il n'y a pas vraiment de concept à proprement parler, mais j'essaye de limiter les instrumentations à la voix, la guitare électrique et un tom grave. Il y a çà et là une batterie complète, une basse ou un clavier, mais tout est ramené à ces trois éléments. Ça permet à l'ensemble d'être plus cohérent.
Comme on l'a dit plus haut, tu fais aussi partie d'un groupe, The Chairs. Comment arrives-tu à concilier ça avec Yellow Ostrich ?
J'ai commencé The Chairs quand à l'université, j'avais réuni quelques amis qui étaient partant. On a fait deux albums et autant de tournées, on s'est bien marré. J'ai commencé Yellow Ostrich en 2009 quand j'ai voulu faire quelque chose de plus apaisé, ce qui ne convenait pas nécessairement à groupe de rock. C'était juste un projet « studio » au début, je n'avais pas envie de faire des concerts avec ça. J'écrivais indifféremment pour Yellow Ostrich ou The Chairs suivant ce que je voulais faire. Mais j'ai eu mon diplôme au printemps alors The Chairs est officiellement en suspens, puisque je n'habite plus dans le Wisconsin et que les autres y sont toujours. Donc en ce moment je me concentre surtout sur Yellow Ostrich, vu que c'est mon seul projet maintenant.
Il t'arrive de faire des concerts avec Yellow Ostrich maintenant ? Comment est-ce que ça se passe ?
J'ai fait quelques concerts ce printemps, j'étais seul sur scène sauf pour un où j'avais un batteur avec moi. J'utilise pas mal de boucles sur scène, surtout pour les voix, avec une guitare et une grosse caisse. C'était assez chouette à faire et j'ai pu jouer avec des gens supers. Mais je vais bientôt jouer pas mal à New York, et j'aimerais pouvoir être accompagné d'un ou deux autres musiciens. Il faut bien sûr que ça reste modeste, mais j'aurais besoin d'un peu de monde, surtout pour les nouvelles chansons qui vont avoir besoin d'êtres musclées sur scène. C'est à ça que je travaille en ce moment.
Tu as sorti tous tes albums et EP sur Bandcamp. Est-ce que c'est tu cherches aussi un label ou tu préfères avoir un contrôle total sur ce que tu fais ?
Bien sûr, c'est très bien de tout contrôler et Bandcamp est très utile pour ça, mais je cherche vraiment un label pour mes futurs enregistrements. Je voudrais pouvoir enfin sortir ma musique en vinyle ou en CD et toucher un public un peu plus large. J'ai un troisième album que je vais terminer incessamment sous peu et j'aimerais avoir un label pour le sortir, cette année ou au début de l'année prochaine. Il faut juste trouver le bon. Mais bon, j'aime vraiment Bandcamp, surtout pour les EP : je peux au moins enregistrer un truc et l'envoyer très rapidement à des centaines de personnes dès le lendemain.
Est-ce que tu fais tous les artworks seul pour tes albums? Est-ce qu'il y a une recherche esthétique qui accompagne la musique ?
Pour l'instant je n'ai pas réfléchi à mes pochettes très profondément. En fait je trouve une image et je l'envoie à un ami qui m'aide avec Photoshop, incorporer le texte et tout ça. J'attends d'être attaqué en justice par les vrais artistes ! Mais pour mon prochain album j'ai quelques personnes qui travaillent à la pochette, je veux qu'elle colle à la musique. C'est important de donner le ton juste à l'album vu que c'est la première chose qu'on voit, avant même d'entendre la musique.
Beaucoup de sites influents ont parlé de votre musique (Pitchfork, Delicious Scopitone, Altered Zones, et bien d'autres) : tu commences à avoir une petite réputation sur Internet. Est-ce que c'est le genre de succès que tu recherches ?
Ben c'est vraiment motivant de voir que de plus en plus de personnes écoutent et s'intéressent à ma musique, j'apprécie beaucoup tous les emails et les messages d'encouragement que j'ai reçu. La plupart des gens maintenant écoutent de la musique via Internet, dont ces sites. Donc c'est vraiment génial qu'ils parlent de Yellow Ostrich. Mais en même temps, même si ça semble encore hypothétique, le genre de « succès » que je cherche serait plus d'être capable de donner des concerts pour des audiences plus larges, et de pouvoir être en contact avec des gens dans le « monde réel ». Pouvoir jouer dans des salles combles – même des salles de cent personnes -, et que les gens apprécient la musique, c'est tout ce que je demande. Mais je suis conscient de l'importance de la presse Internet, et c'est certainement aussi un moyen d'arriver à ça. Je suis vraiment touché par toute l'attention dont je suis l'objet, aussi minime soit elle.
Magicrpm : D'après ta page Myspace, tu es originaire de Wayne, dans le Maine. Mais on sait aussi que tu fais partie du groupe The Chairs, qui viennent du Wisconsin. D'où est-ce que tu viens en réalité ?
Alex Schaaf : En fait, je viens d'emménager à New York. Mais j'ai grandi dans le Wisconsin et c'est là que je suis allé à l'école, où on a monté The Chairs. Puis l'été dernier je travaillais dans le Maine, alors c'est resté sur ma page Myspace. Mais pour résumer, je vis maintenant à New York.
Est-ce que l'endroit où tu vis influence ta musique ?
Bien sûr, même si je pense que pour ma part je suis plus influencé par l'espace où je vis plutôt que par la région où j'habite. J'ai toujours vécu dans des coins un peu petits, perdus dans les bois, donc je pense que ça s'en ressent toujours dans ma musique. Mais bon, ces quatre dernières années je vivais en résidence universitaire, donc je ne pouvais travailler que dans un espace très restreint et confiné. C'est là qu'ont été conçu la plupart des morceaux de Yellow Ostrich, avec seulement les petits instruments dont je disposais dans ma chambre. Les morceaux de The Chairs étaient moins intimistes parce qu'on avait plus d'espace pour les faire et plus d'instruments.
Où, quand et pourquoi as-tu commencé à faire de la musique ?
Je compose de puis que j'ai quatorze ans, je ne sais pas la raison précise mais j'ai toujours un peu rêvé d'être dans un groupe et de faire des concerts. J'avais un groupe au lycée mais on faisait surtout des reprises de Ben Folds Five. C'est à la fac que je m'y suis mis un peu plus sérieusement : j'ai écrit des morceaux que je peux réécouter sans honte aujourd'hui, dont la plupart des chansons de The Chairs et de Yellow Ostrich. Depuis tout petit j'ai toujours joué du piano et j'ai tout naturellement commencé à écrire pour imiter les artistes que j'admirais, et puis c'est devenu un moyen de m'exprimer à part entière.
Sur ta page Myspace tu cites toute une tripotée de bons groupes en influence (des Dirty Projectors à Arthur Russell en passant par de grandes figures du jazz). En quelle mesure ont-ils joué un rôle dans ta musique?
Je pense que c'est important de reconnaître qu'on est tous influencé par ce qui a été fait avant, que personne ne fait rien de nouveau à 100% (à quelques rares exceptions, bien sûr). On prend des petites bribes çà et là de trucs qu'on a entendu et on crée quelque chose de nouveau avec. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas original et que ce n'est pas personnel, mais juste qu'on est toujours influencé. J'ai commencé à faire de la musique plus comme un fan de musique que comme un vrai musicien, et je suis toujours un gros admirateur de la plupart des groupes de la liste. C'est important de rendre hommage à ces gens qui t'ont donné tant d'idées.
Tu es très prolifique : tu as sorti au moins deux albums et plusieurs EP depuis l'année dernière. Comment arrives-tu à écrire aussi vite ? Tu peux nous parler un peu de ton processus d'écriture ?
J'ai tendance écrire assez rapidement. Il y a en quelques sorte deux niveaux d'écriture/enregistrement. Il y en a un où je passe quelque semaines à écrire les chansons, en passant beaucoup de temps à réfléchir aux arrangements et aux paroles, puis beaucoup de temps à les enregistrer et les mixer. C'est ce que je fais généralement pour les « longs » albums. Après je suis frappé par une idée soudaine, ou un style de musique, ou juste quelque chose de très spécifique qui déclenchent quelques morceaux très vite. C'est pour ça qu'il y a tant d'EP : Fade Cave par exemple a été enregistré en un jour et demi, et j'ai écrit environ la moitié des chansons ce jour-là. Pareil pour The Morgan Freeman EP : je l'ai enregistré en deux jours. Je l'ai fait parce que j'étais dans une mauvaise passe créative et j'avais besoin d'une méthode, où d'un concept pour m'aider à me renouveller. J'aime bien travailler comme ça parce que c'est assez intense et ça débouche assez souvent sur quelque chose d'assez cohérent au final, aussi bien au niveau des paroles que du son. C'est comme un flux de pensée spontané, je trouve ça assez excitant.
Mais pour les albums je ne fonctionne pas comme ça : j'enregistre beaucoup plus de chansons qu'il n'en faut, et je choisis les meilleures pour l'album, du coup j'ai plein de B-sides qui me restent sur les bras. Après cette sélection, je peux enfin le mixer et le faire sonner comme je veux. Ce n'est en tout cas pas comme si j'avais une sorte d'état de grâce durant lequel ma muse viendrait me parler à l'oreille en faisant jaillir la musique hors de moi. C'est en fait beaucoup d'essais et d'erreurs, je tâtonne pour trouver ce qui marche ou pas. Beaucoup de morceaux ont été enregistré comme des expérimentations sur tel ou tel style. Mais j'écris aussi pas mal de mauvais trucs, que je ne sors tout simplement pas.
Tes deux derniers EP ont été fait suivant des concepts (l'un a été fait seulement à la voix et à la boîte à rythme, l'autre est entièrement inspiré par la page wikipédia de l'acteur Morgan Freeman). Est-ce que tu vas continuer à faire ce genre d'albums ? Quel concept tu aurais envie d'explorer ?
J'ai besoin d'un concept, ou au moins de certaines contraintes pour être au maximum de ma créativité. Et pas n'importe quelle contraintes : il est important de se fixer des limites. Si tu dois faire un album avec seulement des instruments à cordes, ou ne chanter que des mots commençant par des voyelles, ou si chaque chanson doit parler d'un président des États-Unis, le résultat sera forcément plus intéressant que si tu te fixes comme contrainte d'utiliser tous les instruments qui existent sur la terre, ou si tu essayes de transmettre des grands sentiments pour créer un « chef-d'œuvre ». Du moment que les limites que tu te donnes te laissent une petite marge de manœuvre, elles peuvent être très utiles. Par exemple, pour mon prochain album, il n'y a pas vraiment de concept à proprement parler, mais j'essaye de limiter les instrumentations à la voix, la guitare électrique et un tom grave. Il y a çà et là une batterie complète, une basse ou un clavier, mais tout est ramené à ces trois éléments. Ça permet à l'ensemble d'être plus cohérent.
Comme on l'a dit plus haut, tu fais aussi partie d'un groupe, The Chairs. Comment arrives-tu à concilier ça avec Yellow Ostrich ?
J'ai commencé The Chairs quand à l'université, j'avais réuni quelques amis qui étaient partant. On a fait deux albums et autant de tournées, on s'est bien marré. J'ai commencé Yellow Ostrich en 2009 quand j'ai voulu faire quelque chose de plus apaisé, ce qui ne convenait pas nécessairement à groupe de rock. C'était juste un projet « studio » au début, je n'avais pas envie de faire des concerts avec ça. J'écrivais indifféremment pour Yellow Ostrich ou The Chairs suivant ce que je voulais faire. Mais j'ai eu mon diplôme au printemps alors The Chairs est officiellement en suspens, puisque je n'habite plus dans le Wisconsin et que les autres y sont toujours. Donc en ce moment je me concentre surtout sur Yellow Ostrich, vu que c'est mon seul projet maintenant.
Il t'arrive de faire des concerts avec Yellow Ostrich maintenant ? Comment est-ce que ça se passe ?
J'ai fait quelques concerts ce printemps, j'étais seul sur scène sauf pour un où j'avais un batteur avec moi. J'utilise pas mal de boucles sur scène, surtout pour les voix, avec une guitare et une grosse caisse. C'était assez chouette à faire et j'ai pu jouer avec des gens supers. Mais je vais bientôt jouer pas mal à New York, et j'aimerais pouvoir être accompagné d'un ou deux autres musiciens. Il faut bien sûr que ça reste modeste, mais j'aurais besoin d'un peu de monde, surtout pour les nouvelles chansons qui vont avoir besoin d'êtres musclées sur scène. C'est à ça que je travaille en ce moment.
Tu as sorti tous tes albums et EP sur Bandcamp. Est-ce que c'est tu cherches aussi un label ou tu préfères avoir un contrôle total sur ce que tu fais ?
Bien sûr, c'est très bien de tout contrôler et Bandcamp est très utile pour ça, mais je cherche vraiment un label pour mes futurs enregistrements. Je voudrais pouvoir enfin sortir ma musique en vinyle ou en CD et toucher un public un peu plus large. J'ai un troisième album que je vais terminer incessamment sous peu et j'aimerais avoir un label pour le sortir, cette année ou au début de l'année prochaine. Il faut juste trouver le bon. Mais bon, j'aime vraiment Bandcamp, surtout pour les EP : je peux au moins enregistrer un truc et l'envoyer très rapidement à des centaines de personnes dès le lendemain.
Est-ce que tu fais tous les artworks seul pour tes albums? Est-ce qu'il y a une recherche esthétique qui accompagne la musique ?
Pour l'instant je n'ai pas réfléchi à mes pochettes très profondément. En fait je trouve une image et je l'envoie à un ami qui m'aide avec Photoshop, incorporer le texte et tout ça. J'attends d'être attaqué en justice par les vrais artistes ! Mais pour mon prochain album j'ai quelques personnes qui travaillent à la pochette, je veux qu'elle colle à la musique. C'est important de donner le ton juste à l'album vu que c'est la première chose qu'on voit, avant même d'entendre la musique.
Beaucoup de sites influents ont parlé de votre musique (Pitchfork, Delicious Scopitone, Altered Zones, et bien d'autres) : tu commences à avoir une petite réputation sur Internet. Est-ce que c'est le genre de succès que tu recherches ?
Ben c'est vraiment motivant de voir que de plus en plus de personnes écoutent et s'intéressent à ma musique, j'apprécie beaucoup tous les emails et les messages d'encouragement que j'ai reçu. La plupart des gens maintenant écoutent de la musique via Internet, dont ces sites. Donc c'est vraiment génial qu'ils parlent de Yellow Ostrich. Mais en même temps, même si ça semble encore hypothétique, le genre de « succès » que je cherche serait plus d'être capable de donner des concerts pour des audiences plus larges, et de pouvoir être en contact avec des gens dans le « monde réel ». Pouvoir jouer dans des salles combles – même des salles de cent personnes -, et que les gens apprécient la musique, c'est tout ce que je demande. Mais je suis conscient de l'importance de la presse Internet, et c'est certainement aussi un moyen d'arriver à ça. Je suis vraiment touché par toute l'attention dont je suis l'objet, aussi minime soit elle.