En kiosque actuellement Commander

A lire

Presque Célèbre - 21/10/10 de Yan Wagner

interviews




Impossible de ne pas embrasser une carrière musicale lorsqu’on possède le même patronyme que l’insigne compositeur allemand Wilhelm Richard Wagner. Car du haut de ses vingt-sept ans, Yan Wagner, belle gueule ombrageuse et sosie possible de Panda Bear, commence à se faire un nom dans les nuits blanches parisiennes, qu’il arpente autant en qualité de DJ que d’artiste live. Représenté par l’agence Voyez Mon Producteur (Air, Lady & Bird, etc.), le garçon intéressé par les transferts culturels achève actuellement sa thèse d’histoire sur les discothèques entre Paris et New York de 1948 à 1988. À l’occasion de sa bien nommée Recession Song, qui paraît sur le second maxi du jeune label deBonton et qu’on dédierait bien à la Ministre de l’économie Christine Lagarde, Yan reçoit à la terrasse d’un bar de la capitale, après avoir passé un an dans la Grosse Pomme. Une immersion prolongée dans la ferveur de Brooklyn dont ce Parisien, qui possède la double nationalité franco-américaine, a puisé son inspiration pour fomenter son projet solitaire simplement baptisé Wagner“J’étais en panne d’idées pour trouver un meilleur nom et le mien se retient facilement”.



Car avant de s’envoler outre-Atlantique, Yan Wagner avait publié un maxi sur Missive sous le pseudonyme de Chairs On Backs, le duo qu’il formait avec son acolyte Adrien Germonet. “Nous avons eu un succès d’estime”, euphémise-t-il dans un large sourire. À New York, il compose des morceaux plus pop, chantés et s’exerce dans des performances solitaires qui ne l’effraient guère. “Ce n’est pas une fatalité d’être seul sur scène, mais c’est une nécessité d’en passer par là”. Fort d’une quinzaine de titres à son répertoire, Wagner sait qu’il sera forcément attendu au tournant, à l’occasion des prestigieuses premières parties françaises de Air et Goldfrapp qui lui sont offertes à l’automne : “J’ai fait du Google Images pour voir la configuration des salles, mais j’essaie de ne pas trop y penser pour éviter de me mettre trop de pression”. Plutôt isolé de toute famille musicale, Yan cite quelques références électroniques éparses – le classique My Definition Of House Music (1992) de DJ Hell, l’album Exit Planet Dust (1995) des Chemical Brothers, l’éclectisme du label DFA – et prétend modestement chanter moins faux que Ian Curtis.

> Recession Song est disponible sur le deuxième volume des compilations Grab Bag éditées par de le label deBonton.
Franck Vergeade
MAGIC RPM  #146

Les 20 derniers articles ( Interviews )