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À la triplette cul, défonce et rock frondeur, The Pains Of Being Pure At Heart substitue, avec candeur et courage, les mamelles d’une pop à téter tendrement : sensibilité, amitié et inaliénable passion. Un sacerdoce que les New-Yorkais embrassent avec une vigueur rare sur leur deuxième album Belong, aidés dans leur quête d’instantanéité par les routiers du son véloce Flood et Alan Moulder. Les meilleurs amis du monde Kip Berman, Peggy Wang et Alex Naidus prêchent les convaincus que nous sommes tous. [Interview Jean-François Le Puil].



Belong

En comparaison avec votre état d’esprit au moment de la parution du premier album, en 2009, l’excitation est-elle différente aujourd’hui ?
Alex Naidus (basse) : Disons que nous évoluons à un autre niveau. Il y a deux ans, le truc qui m’emballait le plus était de pouvoir toucher physiquement un disque auquel j’avais contribué. Entre-temps, nous avons passé des mois sur la route, parlé à des gens comme nous, rencontré des personnes qui nous apprécient, ou que l’on apprécie de longue date, et la musique est devenue notre occupation principale. L’enthousiasme reste le même, mais il agit d’une façon totalement différente.

Votre approche a-t-elle changé au contact d’un cadre professionnel ?
Kip Berman (chant, guitare) : Notre façon de faire n’a rien de conceptuel, et de ce point de vue, elle ne changera jamais. Évidemment, le fait de tourner autant et de continuer à composer nous a permis d’acquérir de l’expérience, de comprendre, par exemple, que pour sonner de façon massive, il valait mieux optimiser la ligne de basse plutôt que d’empiler dix mille guitares… Ce sont des petites choses comme celles-ci qui ont changé, mais dans le fond, notre credo reste le même : appuyer à fond sur la pédale fuzz et kiffer.

On a l’impression que la pop immédiate est une heureuse fatalité chez vous.
KB : Oui, c’est ce qui m’a défini en tant qu’être et ce qui m’a aidé à me construire un entourage. J’aime certains artistes, j’ai rencontré des personnes qui aimaient les mêmes artistes, et j’ai tout de suite établi une connexion sincère avec eux. Même si c’est mon métier depuis peu, la musique a toujours été mon moteur, y compris quand j’avais le cul vissé sur une chaise de bureau. Je m’étais d’ailleurs fait virer de mon ancien job parce que je passais mon temps à envoyer des CD-R à droite, à gauche.

Partir en tournée de longues semaines était quelque chose de nouveau pour vous. Comment se passait le retour à la demeure ?
Peggy Wang (clavier, chant) : Il y a une sorte d'équilibre bénéfique qui se crée. Partir en tournée perturbe le train-train quotidien, mais il permet de mieux le supporter une fois que tu y reviens. Personnellement, je suis quelqu'un qui aime varier les plaisirs, je m'ennuie vite, alors ce mode de vie me va très bien. Et mes meilleurs amis se trouvent au sein de The Pains Of Being Pure At Heart, ça fait la différence…
KB : J'ai pris l'habitude de passer beaucoup plus de temps avec ma maman quand je rentre chez moi. Il faut dire que je ne suis pas ami avec elle depuis si longtemps… Elle a commencé à s'intéresser à moi quand j'ai eu du succès ! (Rires.)


Heaven's Gonna Happen Now

Quand avez-vous commencé à travailler sur Belong ?
KB : On s'est mis à composer de nouveaux morceaux dès 2009, patiemment. On ne s'est jamais dit qu'il fallait terminer notre deuxième effort en trois mois, le travail a plutôt pris deux ans. Ça veut aussi dire qu’on n’a aucune excuse si le disque est mauvais. J'ai beaucoup de mal à écrire quand je suis loin de chez moi, le meilleur endroit pour que ça se passe, c'est ma chambre, avec ma guitare, du temps devant moi, et l'éternel problème de savoir quel accord je vais plaquer après le mi. (Sourire.)

MAGIC RPM  #151

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