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La Route du Rock, jour 3 de The Flaming Lips

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Jour 3. La journée a commencé tard, sous les averses, et les festivaliers doivent encore faire preuve d'endurance. Mais après quelques éclaircies, la soirée dangereusement festive fait office de cocktail vitaminé, et la Route du Rock se clôt sur un bouquet final bariolé. [Compte-rendu Catherine Guesde, photos Fabien Le Gourrierec et Catherine Guesde].

A la fin d'une après-midi ensoleillée - chose non négligeable après une journée de déluge - c'est la troupe suédoise de Thus:Owls qui ouvre la soirée. Un véritable mini orchestre qui envahit la scène et fait retentir dans l'air des pizzicati de violoncelle tandis que la voix enchanteresse d'Erika Alexandersson s'envole par volutes. Le set se déroule entre tension silencieuse et explosions lyriques ; une entrée en matière élégante à souhait.




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C'est au tour des révolutionnaires en robe longue de Archie Bronson Outfit de nous agresser à coups de riffs métalliques et de mélodies lancinantes. Cet Outfit, il convient sans doute de l'évoquer : affublés de longs boubous colorés, les Anglais passeraient facilement pour des néo-hippies vendeurs de paniers. Leurs incursions sonores hargneuses prouvent qu'il n'en est rien.

 

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Le set de Serena Maneesh sera aussi décevant que bref. Prometteur de loin, mais alors de très loin. Car plus l'on s'approche de la scène, plus ce déclin orchestré sur fond de guitares distordues rappelle la débandade d'un certain My Bloody Valentine aperçu sur cette même scène un an plus tôt. Le chant peine à s'imposer au sein du magma sonore, lui-même trop peu dessiné pour permettre à l'auditeur d'y comprendre quoi que ce soit. 


Emil Nikolaisen a les neurones gonflés d'alcool, et tente (sans trop de succès) de faire passer son état éthylique avancé pour une forme de révolte titubante. La seule à tenir véritablement le rythme semble être Hilma, la bassiste, qui sautille inlassablement d'un coin à l'autre de la scène. 

Après une longue décadence impliquant des drapeaux et des chutes de micros, c'est avec un certain soulagement que l'on regarde le combo quitter la scène. Autant dire que l'élégance du set impeccable de The National (dont on vous a déjà touché quelques mots) contrastera singulièrement avec le show des Norvégiens.

C'est un véritable cirque qui débarque en même temps que The Flaming Lips. Après avoir vu un écran orange être installé sur scène, on assiste à L'Origine Du Mondedans sa version psychédélique, une femme pour le moins dénudée nous invitant dans son antre sur l'écran. Wayne Coyne connaît une seconde naissance, tandis qu'enfermé dans sa bulle, il s'extrait du corps de la femme. Le voilà qui recrée en live le clip déluré de Watching The Planets, marchant sur le public dans son ballon géant. Il fallait y penser.  

Le spectacle évolue de surprise en surprise, et même si c'est la fête au village, on se trouve incapable de résister à la violente euphorie qui s'abat sur la foule. Les confettis et les ballons pleuvent, les hymnes à l'amour s'enchaînent (Do You Realize) tandis que Wayne galvanise le public à force de "C'mon, c'mon !", pressant les auditeurs à festoyer jusqu'à plus soif. 


Ses folies étant contagieuses, il parvient à obtenir des quelques 10 000 spectateurs qu'ils imitent toute une série d'animaux pour ponctuer le ludique I Can Be A Frog. Voilà les festivaliers qui aboient, miaulent, se prennent au jeu. A quelques détails technologiques près, on se croirait téléporté en plein Woodstock, tant ces enflammés communiquent à tout va un message de paix et d'amour. 

 

D'une générosité infinie, psychédélique et déjantée à souhait, cette performance aura communiqué à l'assemblée l'énergie nécessaire pour continuer quelques heures encore. De toute façon, The Rapture aurait fait son affaire des quelques endormis. Ses rythmiques funk, les ululements festifs de Luke Jenner sur Get Myself Into It transforment les douves du Fort en véritable nightclub.
Et même si les paupières tombent, rares sont ceux qui résistent à ces beats bondissants. Les tubes hurlent à tout va l'impératif festif (The Devil, House Of Jealous Lovers) tandis que quelques extraits du plus envoûtant Echoes permettent à chacun de reprendre son souffle. Le festival se clôt en plein déchaînement euphorique, et il y a fort à parier que les festivités se prolongeront jusqu'aux aurores. 

Catherine Guesde

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