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Bilan 2011 - Portrait d'Alexandre Rochon de The Delano Orchestra

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Avec décembre vient l'heure du bilan. Vous connaissez notre tableau d'honneur des albums et singles de 2011, à retrouver en intégralité dans notre Hors-série 365 Chroniques. Dans ce même numéro, vous trouverez les portraits de nos dix personnalités de l'année, de Trish Keenan à James Blake, en passant par Bobby Gillespie, James Murphy, Faris Badwan, Satan, Bernard Lenoir, Christopher Owens ou... Alexandre Rochon. Profil de l'artisan en chef de la maison Kütu Folk.

Sans tambour ni trompette, le label Kütu Folk Records a célébré cette année son cinquième anniversaire en restant fidèle à une ligne de conduite exigeante, une occupation du terrain discrète mais opiniâtre. Soit trois albums et trois EP pour un quasi sans-faute, entamé au printemps par l’une des figures historiques, François-Régis Croisier (alias St. Augustine) et son très beau June, A Maze EP, six chansons éminemment personnelles encartonnées comme jamais le label clermontois ne l’avait fait : cinq cents exemplaires cousus selon la tradition locale, tous ornés d’un dessin unique et original. Un pas de plus dans une logique qui a accompagné les premiers pas de Kütu Folk en février 2006 : faire de la belle musique et des beaux objets, en toute liberté. À l’origine du projet avec François-Régis et Damien Fahnauer (feu Leopold Skin), Alexandre Rochon préside à temps plein aux destinées de Kütu Folk, avec Bertrand Blanchard (Pastry Case). Enfin, à presque temps plein puisque le trentenaire est à la tête de l’une des plus belles formations maison, The Delano Orchestra, fondée après quelques tâtonnements moyennement assumés du côté de la pop en français et de la chanson intimiste.

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Élans artistiques et contingences logistiques, la double casquette convient bien à celui qui enseigna un temps le droit administratif, infatigable cheville ouvrière d’une structure qui brille par ses ambitions esthétiques et son intelligence économique. Incontournable gimmick qui fait des ravages auprès des journalistes, les pochettes assemblées à la machine à coudre ont assuré un peu de la renommée du label, jusqu’à signer un partenariat avec Singer (leader de la machine à coudre) et éclipser parfois la qualité de disques qui ne se sont jamais cantonnés au folk auvergnat. Cette année, Kütu Folk a ainsi publié le merveilleux deuxième album des Américains Hospital Ships (le pop et baroque Lonely Twin), ou encore l’excellent The Golden Mean des Caennais Kim Novak. Et a su s’ouvrir sur l’extérieur tout en ancrant profondément son activité dans sa région. Alexandre Rochon donne un exemple très concret de cette politique originale : “Pour chaque nouvelle sortie d’album, nous proposons aux groupes de choisir un visuel parmi ceux de la collection du Fonds Régional d’Art Contemporain d’Auvergne (FRAC) et nous les utilisons pour un élément de la pochette. Nous voulions créer des passerelles entre la création musicale et celle graphique. Le reste de l’artwork est dessiné par l’artiste lui-même. Entre les dessins de St. Augustine, ceux d’Hospital Ships, les carnets de voyage de Dempster Highway et mon travail autour de la photo et de la vidéo, nous avons énormément de choses à développer. Nous avons envie de nous lancer dans l’édition de petits livres d’art cousus main, dans un très joli format. Nous aurions espéré sortir nos premiers livres avant la fin de l’année, mais la bonne nouvelle de notre résidence aux Trans Musicales de Rennes a un peu bousculé nos belles intentions. Ce n’est que partie remise”.



Car tambours et trompettes ont finalement été réquisitionnés à la demande du festival rennais, qui a invité l’ensemble des groupes de Kütu Folk à se mélanger le temps de cinq soirées forcément étonnantes, dialogue entre Américains et Français, entre piliers historiques et nouvelles signatures, comme le potentiellement immense Garciaphone. Un paquet de talents, en petites coutures.
Vincent Théval

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