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En attendant leur prestation lors de la soirée BimBamBoom mardi prochain au Point Éphémère de Paris, où la doublette sera fort bien secondée par Evening Hymns et Leopold Skin, Jeremy Warmsley et Elisabeth Sankey se confient en creux sur la genèse de leur projet electro irrésistible qui n'en finit pas d'attirer des férus. Et au début, il y a le nouveau morceau Veronica Sawyer à découvrir. [Article et entrevue Catherine Guesde].
À la rentrée des classes, les collégiens vont sans doute avoir les yeux dans le vague, tandis qu'ils se laissent hanter par le souvenir d'un amour estival trop éphémère. Ces rêveries sentimentales où la nostalgie se mêle au vertige d'avoir vécu intensément ont enfin trouvé leur BO grâce à Summer Camp. Volontairement désuets, mâtinés d'une réverb’ qui suggère toute la distance du souvenir, ces hymnes pour cœurs d’artichaut pourraient être tout droit sortis des années 80. Sauf que les auteurs de cette pop candide ont commencé leurs exactions en 2010, après avoir enregistré “pour rire” une reprise du tube de doo wop des Flamingos, I Only Have Eyes For You. Prenant goût à ce passe-temps, ils enchaînent, composant quelques morceaux, dont le single printanier Ghost Train qui enflamme soudainement la blogosphère. “Ça a été un énorme coup de bol, et encore aujourd'hui, je trouve cela incroyable et drôle que les gens s'intéressent à notre musique”, commente la moitié féminine de ce duo longtemps resté mystérieux. Après la parution du séduisant single, les pronostics fusent : ce tube de pop soyeuse et légère serait-il venu de Suède ? Certains imaginent même que les membres du groupe se sont rencontrés lors d'un camp de vacances en été…
Mais que nenni : après quelques mois de suspense, il s'avère que Jeremy Warmsley (deux albums solo guère mémorables à son actif) et Elisabeth Sankey sont deux Londoniens amis de toujours, et dont les airs rétro assumés se nourrissent de l'obsession d'une époque révolue et quelque peu fantasmée : “Même si nous sommes clairement nostalgiques, c'est d'une époque qui n'a d'existence véritable que dans nos esprits tordus”. Ce “rêve impossible de lycéen des années 80” imprègne leurs arrangements lo-fi éthérés (les Cocteau Twins sont cités comme influence aux côtés de Altered Images), sur lesquels Elisabeth chante de sa voix diaphane à la Stevie Nicks. Le tout baignant dans les vapeurs d'alcool d'une fête adolescente, où, ventre noué et cœur battant la chamade, des teenagers font grand cas de leurs premiers baisers (Orchestral Groove) comme de leur solitude (Accused). Il en résulte un univers étrangement cohérent, où les teintes délavées des photos d'archive – d'un réalisme parfois cruel ; jetez un coup d'œil au blog de Summer Camp pour vous en convaincre – répondent aux échos des synthés vintage : “Nous aimons inventer un monde fictif qui rappelle aux gens une époque qu'ils ont connue, ou des choses qu'ils ont vues dans les films”. C'est ce charme désuet, et étrangement sensuel, que colporte le (très justement nommé) Young EP, véritable machine à danser et à faire fondre les cœurs – de quoi rappeler bien des nuits blanches aux plus blasés des quinquagénaires.
À la rentrée des classes, les collégiens vont sans doute avoir les yeux dans le vague, tandis qu'ils se laissent hanter par le souvenir d'un amour estival trop éphémère. Ces rêveries sentimentales où la nostalgie se mêle au vertige d'avoir vécu intensément ont enfin trouvé leur BO grâce à Summer Camp. Volontairement désuets, mâtinés d'une réverb’ qui suggère toute la distance du souvenir, ces hymnes pour cœurs d’artichaut pourraient être tout droit sortis des années 80. Sauf que les auteurs de cette pop candide ont commencé leurs exactions en 2010, après avoir enregistré “pour rire” une reprise du tube de doo wop des Flamingos, I Only Have Eyes For You. Prenant goût à ce passe-temps, ils enchaînent, composant quelques morceaux, dont le single printanier Ghost Train qui enflamme soudainement la blogosphère. “Ça a été un énorme coup de bol, et encore aujourd'hui, je trouve cela incroyable et drôle que les gens s'intéressent à notre musique”, commente la moitié féminine de ce duo longtemps resté mystérieux. Après la parution du séduisant single, les pronostics fusent : ce tube de pop soyeuse et légère serait-il venu de Suède ? Certains imaginent même que les membres du groupe se sont rencontrés lors d'un camp de vacances en été…
Mais que nenni : après quelques mois de suspense, il s'avère que Jeremy Warmsley (deux albums solo guère mémorables à son actif) et Elisabeth Sankey sont deux Londoniens amis de toujours, et dont les airs rétro assumés se nourrissent de l'obsession d'une époque révolue et quelque peu fantasmée : “Même si nous sommes clairement nostalgiques, c'est d'une époque qui n'a d'existence véritable que dans nos esprits tordus”. Ce “rêve impossible de lycéen des années 80” imprègne leurs arrangements lo-fi éthérés (les Cocteau Twins sont cités comme influence aux côtés de Altered Images), sur lesquels Elisabeth chante de sa voix diaphane à la Stevie Nicks. Le tout baignant dans les vapeurs d'alcool d'une fête adolescente, où, ventre noué et cœur battant la chamade, des teenagers font grand cas de leurs premiers baisers (Orchestral Groove) comme de leur solitude (Accused). Il en résulte un univers étrangement cohérent, où les teintes délavées des photos d'archive – d'un réalisme parfois cruel ; jetez un coup d'œil au blog de Summer Camp pour vous en convaincre – répondent aux échos des synthés vintage : “Nous aimons inventer un monde fictif qui rappelle aux gens une époque qu'ils ont connue, ou des choses qu'ils ont vues dans les films”. C'est ce charme désuet, et étrangement sensuel, que colporte le (très justement nommé) Young EP, véritable machine à danser et à faire fondre les cœurs – de quoi rappeler bien des nuits blanches aux plus blasés des quinquagénaires.