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Il a étudié la philosophie et le
théâtre. A été acteur, poète, slameur, rappeur. A porté la barbe et la crête. A
enregistré avec Nas, Will Oldham, Coldcut et Zach De La Rocha. Sur Volcanic Sunlight, il signe une poignée
d’hymnes pop percussifs. Saul Williams nous a reçus chez lui pour explorer en
dix titres les méandres d’une carrière foisonnante. [Interview
Michaël Patin].
Gil Scott-Heron - Running
Saul Williams : Gil Scott-Heron. C’est sur le disque de remixes qui vient de paraître ? Ah non, c’est l’original, magnifique album… Gil est un artiste unique. Il a traversé tellement d’épreuves, et a beaucoup de choses à dire. I’m New Here lui permet de recevoir enfin l’attention qu’il mérite. Je n’ai pas grandi en écoutant sa musique, ma famille n’était pas assez cool pour ça… (Sourire.) Je l’ai découvert en même temps que The Last Poets ou Jimi Hendrix, quand j’étais à l’université. Bien qu’il soit considéré comme le parrain du hip hop, ce n’est pas ce que j’écoutais à New York dans les années 80. En terme d’expérience, je me sens plus proche de quelqu’un comme Jim Morrison. Son intérêt pour le cinéma, la connexion qu’il opère entre sa poésie et sa musique… J’ai toujours aimé la musique qui mélange politique, poésie et progrès, sans distinction d’appartenance ou de race : Fela Kuti, Bob Marley, John Lennon, Stevie Wonder, Bob Dylan, Nina Simone, les Stones, Joni Mitchel, Neil Young, Public Enemy… J’ai littéralement grandi avec Pete Seeger, puisqu’il était membre de l’église de mon père, et y chantait régulièrement ! (Il entonne If I Had A Hammer.) J’ai toujours pensé que la musique la plus puissante est celle qui n’a pas peur de son époque, qui ne glorifie pas le statu quo.
Janelle Monae - Oh, Maker
(Immédiatement.) Janelle ! J’ai étudié au Morehouse College d’Atlanta, et quelque temps après mon départ, j’y suis retourné en tant que poète invité. Les étudiants qui organisaient l’évènement sont les actuels producteurs de Janelle. On s’est mis à traîner ensemble, et nous sommes devenus amis. À l’époque, elle bossait avec Big Boi et OutKast. Elle m’a appelé quand elle enregistrait son deuxième album, elle voulait que je participe à la chanson Dance Or Die. Au même moment, j’enregistrais la démo de Dance, que je souhaitais lui proposer. Je lui ai dit : “J’ai la réponse à ta question, la réponse est Dance !” (Rires.)
David Bowie - Cactus
C’est David Bowie ? Waouh ! Je ne savais pas qu’il avait repris les Pixies… Bowie est une grande source d’inspiration. Il a traversé une période très autodestructrice, mais a réussi à s’en sortir, à assumer son rôle de père… Les transitions m’intéressent beaucoup. Il est d’abord passé du folk au personnage de Ziggy, une manière de prendre une position symbolique très forte. Puis a appris à se tenir sur la vague de manière incroyablement gracieuse, un peu comme une ballerine. La référence sur mon album précédent (The Inevitable Rise And Fall Of NiggyTardust!, 2007), était une façon d’affirmer ma liberté, de dire que je ne veux pas être cantonné à un seul genre, ni voir ma conduite dictée par mes origines. Oui, je viens du hip hop, et oui, je viens de New York. Est-ce pour autant la musique que je fais ? La figure de Bowie était parfaite pour faire passer cette idée. Quant à reprendre d’autres artistes, c’est quelque chose que j’aime faire depuis toujours. Je travaille d’ailleurs en ce moment sur une version de England de PJ Harvey. Je suis attaché à cette culture de la reprise, qui était très forte dans les années 50 et 60.
Ghetto Reality - James Brown
Je ne connais pas cette chanson, elle est dingue ! (Rires.) Bon, je sais que tu connais l’histoire (ndlr. sa mère a dû quitter précipitamment un concert de James Brown pour le mettre au monde)… J’ai passé une année au Brésil quand j’avais seize ans, c’est là que j’ai vraiment pris le temps d’écouter un disque de James Brown pour la première fois. J’ai dû écouter Live At The Appolo un million de fois, je connais par cœur chaque cri de la foule. La même année, j’ai découvert The Smiths, New Order, U2, Bob Marley… C’était la première fois que j’arrêtais d’écouter du hip hop pour découvrir tout le reste. Ce qui est fantastique chez James Brown, c’est sa compréhension du rythme, la manière dont il place sa voix. Il est la clé pour comprendre George Clinton, l’un de mes artistes favoris. Bootsy Collins jouait de la basse avec James Brown avant de rejoindre Clinton pour former Funkadelic, et inventer le funk moderne.
Trent Reznor - Driver Down
Je sais que c’est Trent, mais quel titre ? On reconnaît immédiatement son style. Travailler avec lui sur NiggyTardust a été une expérience très formatrice. Il a réussi à utiliser des sonorités industrielles dans un format pop, ce que j’ai essayé de faire pendant des années. Je sais ce que j’aime écouter, je peux créer des sons qui me plaisent toute la journée. Ce qui m’intéresse maintenant, ce sont les formats, l’architecture des chansons. Travailler avec Trent – j’allais dire “étudier avec Trent”, ce qui n’est proche de la vérité – m’a mis dans une position où j’ai pu explorer cet aspect.
Nas - New York State Of Mind
Bien sûr, New York State Of Mind de Nas. J’ai commencé à écrire des rimes après avoir entendu It’s Yours de T La Rock, en 1991. New York State Of Mind est sorti en 1993, donc peu après. À cette époque, les groupes comme De La Soul, A Tribe Called Quest ou Jungle Brothers, qui étaient auparavant les stars du hip hop, étaient entrain de devenir underground. Le renouveau était incarné par Dr. Dre, Snoop Dog et consorts, qui m’intéressaient moins. J’avais l’impression qu’on perdait quelque chose. Puis Nas est arrivé et a influencé absolument tout le monde, comme l’avait fait KRS-One avant lui. Tous les rappeurs ont embrassé ce style conversationnel, avec un flot de mots quasi permanent. Il a changé les règles du jeu. En 1994, je suis parti au Sénégal, en Gambie et au Mali avec ma mère, c’était mon premier voyage en Afrique. Je me souviens que j’écoutais ce titre au casque dans le bus, sur une piste qui semblait impraticable, avec toutes ces femmes qui portaient des trucs sur leur tête… J’observais ce monde, dont je savais être originaire, et je me demandais comment on avait pu en arriver à ce j’entendais dans mes écouteurs. Tout ce que Nas décrivait était tout ce que je ne voyais pas autour de moi ! (Sourire.) J’ai collaboré avec lui sur un remix de Black Stacey. Il m’a d’ailleurs dit qu’il avait nommé son album I Am après avoir entendu mon poème Sha-Clack-Clack, qui est à la fin du film Slam. C’est fou ! (Sourire.) Je ne peux même pas te dire à quel point il est gentil.
Gonzales - Political Platform Shoes
(Il écoute attentivement les paroles.) Qui est-ce ? Ah, Gonzales produit par Renaud Letang, j’ai pigé. Je ne connais pas le Gonzales rappeur, seulement le chanteur, ses œuvres plus récentes. Renaud est formidable. Dès notre première rencontre, il a compris où je voulais en venir. Sa principale mission était de protéger l’ambiance des démos. C’est difficile quand on invite plusieurs musiciens différents, car ils ont tous une idée de la manière dont ils veulent sonner. Le risque était de faire quelque chose de trop consensuel, mais Renaud a su conserver la crasse d’origine. (Sourire.) J’ai besoin d’un producteur à mes côtés pour me canaliser, je n’aurais jamais la patience de faire correctement tous les réglages.
Poni Hoax - Pretty Tall Girls
J’ai vu Poni Hoax en concert, mais je n’ai jamais écouté leurs albums. J’ai rencontré Vincent Taeger (ndlr. batteur du groupe) via Renaud Letang. Les batteries qu’on entend sur Volcanic Sunlight reprennent les rythmes que j’avais programmés au départ. Je me demandais si un batteur pourrait capturer cette essence et la retranscrire en live. Ce qui est bien avec Vincent, c’est qu’il joue très fort, mais possède aussi un excellent sens du groove. Du coup, on lui a demandé de jouer sur tous les morceaux.
Kanye West - Power
J’adore cette chanson. J’ai travaillé avec Kanye sur 808s & Heartbreak (2008), en particulier sur la chanson Love Lockdown. Non, je t’assure qu’il n’est pas très différent de son personnage. (Sourire.) C’est vrai que la célébrité peut être dangereuse. Il faut une certaine solidité psychologique à la base pour s’en sortir avec élégance. Je n’ai pas ce genre de problème car je me sens déjà célébré dans ma vie quotidienne, par ma famille et mes amis.
Michael Jackson - Behind The Mask
(Dès que le rythme commence.) C’est Michael. (Silence.) J’ai composé le titre Rocket le jour où il est mort (ndlr. 25 juin 2009). C’était un moment très étrange, j’ai vraiment eu le sentiment qu’une époque se terminait. Il avait atteint un tel niveau qu’on ne peut même pas faire de comparaison avec les stars actuelles de la pop. Michael Jackson a aussi payé mon cursus à l’Université. Il avait versé 25 millions de dollars à l’United Negro College Found, après le Victory Tour, en 1994. En première année, mon professeur d’anglais avait soumis l’un de mes essais sans m’en parler, et peu après j’ai reçu une lettre disant que j’avais gagné la couverture totale de mes frais de scolarité pour les quatre années suivantes, grâce à la donation de Michael Jackson. Tout le monde sait que c’était un être humain exceptionnel, ça se ressent dans sa voix, son énergie. J’aimerais avoir une telle connexion avec l’univers à travers ma musique.
Gil Scott-Heron - Running
Saul Williams : Gil Scott-Heron. C’est sur le disque de remixes qui vient de paraître ? Ah non, c’est l’original, magnifique album… Gil est un artiste unique. Il a traversé tellement d’épreuves, et a beaucoup de choses à dire. I’m New Here lui permet de recevoir enfin l’attention qu’il mérite. Je n’ai pas grandi en écoutant sa musique, ma famille n’était pas assez cool pour ça… (Sourire.) Je l’ai découvert en même temps que The Last Poets ou Jimi Hendrix, quand j’étais à l’université. Bien qu’il soit considéré comme le parrain du hip hop, ce n’est pas ce que j’écoutais à New York dans les années 80. En terme d’expérience, je me sens plus proche de quelqu’un comme Jim Morrison. Son intérêt pour le cinéma, la connexion qu’il opère entre sa poésie et sa musique… J’ai toujours aimé la musique qui mélange politique, poésie et progrès, sans distinction d’appartenance ou de race : Fela Kuti, Bob Marley, John Lennon, Stevie Wonder, Bob Dylan, Nina Simone, les Stones, Joni Mitchel, Neil Young, Public Enemy… J’ai littéralement grandi avec Pete Seeger, puisqu’il était membre de l’église de mon père, et y chantait régulièrement ! (Il entonne If I Had A Hammer.) J’ai toujours pensé que la musique la plus puissante est celle qui n’a pas peur de son époque, qui ne glorifie pas le statu quo.
Janelle Monae - Oh, Maker
(Immédiatement.) Janelle ! J’ai étudié au Morehouse College d’Atlanta, et quelque temps après mon départ, j’y suis retourné en tant que poète invité. Les étudiants qui organisaient l’évènement sont les actuels producteurs de Janelle. On s’est mis à traîner ensemble, et nous sommes devenus amis. À l’époque, elle bossait avec Big Boi et OutKast. Elle m’a appelé quand elle enregistrait son deuxième album, elle voulait que je participe à la chanson Dance Or Die. Au même moment, j’enregistrais la démo de Dance, que je souhaitais lui proposer. Je lui ai dit : “J’ai la réponse à ta question, la réponse est Dance !” (Rires.)
David Bowie - Cactus
C’est David Bowie ? Waouh ! Je ne savais pas qu’il avait repris les Pixies… Bowie est une grande source d’inspiration. Il a traversé une période très autodestructrice, mais a réussi à s’en sortir, à assumer son rôle de père… Les transitions m’intéressent beaucoup. Il est d’abord passé du folk au personnage de Ziggy, une manière de prendre une position symbolique très forte. Puis a appris à se tenir sur la vague de manière incroyablement gracieuse, un peu comme une ballerine. La référence sur mon album précédent (The Inevitable Rise And Fall Of NiggyTardust!, 2007), était une façon d’affirmer ma liberté, de dire que je ne veux pas être cantonné à un seul genre, ni voir ma conduite dictée par mes origines. Oui, je viens du hip hop, et oui, je viens de New York. Est-ce pour autant la musique que je fais ? La figure de Bowie était parfaite pour faire passer cette idée. Quant à reprendre d’autres artistes, c’est quelque chose que j’aime faire depuis toujours. Je travaille d’ailleurs en ce moment sur une version de England de PJ Harvey. Je suis attaché à cette culture de la reprise, qui était très forte dans les années 50 et 60.
Ghetto Reality - James Brown
Je ne connais pas cette chanson, elle est dingue ! (Rires.) Bon, je sais que tu connais l’histoire (ndlr. sa mère a dû quitter précipitamment un concert de James Brown pour le mettre au monde)… J’ai passé une année au Brésil quand j’avais seize ans, c’est là que j’ai vraiment pris le temps d’écouter un disque de James Brown pour la première fois. J’ai dû écouter Live At The Appolo un million de fois, je connais par cœur chaque cri de la foule. La même année, j’ai découvert The Smiths, New Order, U2, Bob Marley… C’était la première fois que j’arrêtais d’écouter du hip hop pour découvrir tout le reste. Ce qui est fantastique chez James Brown, c’est sa compréhension du rythme, la manière dont il place sa voix. Il est la clé pour comprendre George Clinton, l’un de mes artistes favoris. Bootsy Collins jouait de la basse avec James Brown avant de rejoindre Clinton pour former Funkadelic, et inventer le funk moderne.
Trent Reznor - Driver Down
Je sais que c’est Trent, mais quel titre ? On reconnaît immédiatement son style. Travailler avec lui sur NiggyTardust a été une expérience très formatrice. Il a réussi à utiliser des sonorités industrielles dans un format pop, ce que j’ai essayé de faire pendant des années. Je sais ce que j’aime écouter, je peux créer des sons qui me plaisent toute la journée. Ce qui m’intéresse maintenant, ce sont les formats, l’architecture des chansons. Travailler avec Trent – j’allais dire “étudier avec Trent”, ce qui n’est proche de la vérité – m’a mis dans une position où j’ai pu explorer cet aspect.
Nas - New York State Of Mind
Bien sûr, New York State Of Mind de Nas. J’ai commencé à écrire des rimes après avoir entendu It’s Yours de T La Rock, en 1991. New York State Of Mind est sorti en 1993, donc peu après. À cette époque, les groupes comme De La Soul, A Tribe Called Quest ou Jungle Brothers, qui étaient auparavant les stars du hip hop, étaient entrain de devenir underground. Le renouveau était incarné par Dr. Dre, Snoop Dog et consorts, qui m’intéressaient moins. J’avais l’impression qu’on perdait quelque chose. Puis Nas est arrivé et a influencé absolument tout le monde, comme l’avait fait KRS-One avant lui. Tous les rappeurs ont embrassé ce style conversationnel, avec un flot de mots quasi permanent. Il a changé les règles du jeu. En 1994, je suis parti au Sénégal, en Gambie et au Mali avec ma mère, c’était mon premier voyage en Afrique. Je me souviens que j’écoutais ce titre au casque dans le bus, sur une piste qui semblait impraticable, avec toutes ces femmes qui portaient des trucs sur leur tête… J’observais ce monde, dont je savais être originaire, et je me demandais comment on avait pu en arriver à ce j’entendais dans mes écouteurs. Tout ce que Nas décrivait était tout ce que je ne voyais pas autour de moi ! (Sourire.) J’ai collaboré avec lui sur un remix de Black Stacey. Il m’a d’ailleurs dit qu’il avait nommé son album I Am après avoir entendu mon poème Sha-Clack-Clack, qui est à la fin du film Slam. C’est fou ! (Sourire.) Je ne peux même pas te dire à quel point il est gentil.
Gonzales - Political Platform Shoes
(Il écoute attentivement les paroles.) Qui est-ce ? Ah, Gonzales produit par Renaud Letang, j’ai pigé. Je ne connais pas le Gonzales rappeur, seulement le chanteur, ses œuvres plus récentes. Renaud est formidable. Dès notre première rencontre, il a compris où je voulais en venir. Sa principale mission était de protéger l’ambiance des démos. C’est difficile quand on invite plusieurs musiciens différents, car ils ont tous une idée de la manière dont ils veulent sonner. Le risque était de faire quelque chose de trop consensuel, mais Renaud a su conserver la crasse d’origine. (Sourire.) J’ai besoin d’un producteur à mes côtés pour me canaliser, je n’aurais jamais la patience de faire correctement tous les réglages.
Poni Hoax - Pretty Tall Girls
J’ai vu Poni Hoax en concert, mais je n’ai jamais écouté leurs albums. J’ai rencontré Vincent Taeger (ndlr. batteur du groupe) via Renaud Letang. Les batteries qu’on entend sur Volcanic Sunlight reprennent les rythmes que j’avais programmés au départ. Je me demandais si un batteur pourrait capturer cette essence et la retranscrire en live. Ce qui est bien avec Vincent, c’est qu’il joue très fort, mais possède aussi un excellent sens du groove. Du coup, on lui a demandé de jouer sur tous les morceaux.
Kanye West - Power
J’adore cette chanson. J’ai travaillé avec Kanye sur 808s & Heartbreak (2008), en particulier sur la chanson Love Lockdown. Non, je t’assure qu’il n’est pas très différent de son personnage. (Sourire.) C’est vrai que la célébrité peut être dangereuse. Il faut une certaine solidité psychologique à la base pour s’en sortir avec élégance. Je n’ai pas ce genre de problème car je me sens déjà célébré dans ma vie quotidienne, par ma famille et mes amis.
Michael Jackson - Behind The Mask
(Dès que le rythme commence.) C’est Michael. (Silence.) J’ai composé le titre Rocket le jour où il est mort (ndlr. 25 juin 2009). C’était un moment très étrange, j’ai vraiment eu le sentiment qu’une époque se terminait. Il avait atteint un tel niveau qu’on ne peut même pas faire de comparaison avec les stars actuelles de la pop. Michael Jackson a aussi payé mon cursus à l’Université. Il avait versé 25 millions de dollars à l’United Negro College Found, après le Victory Tour, en 1994. En première année, mon professeur d’anglais avait soumis l’un de mes essais sans m’en parler, et peu après j’ai reçu une lettre disant que j’avais gagné la couverture totale de mes frais de scolarité pour les quatre années suivantes, grâce à la donation de Michael Jackson. Tout le monde sait que c’était un être humain exceptionnel, ça se ressent dans sa voix, son énergie. J’aimerais avoir une telle connexion avec l’univers à travers ma musique.