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Après une avant-première ce lundi à Pantin (Dynamo des Banlieues Bleues), le jeudi 8 juillet, vingt-huit ans après le “match
du siècle”, Red donnera un téléfoot-concert exceptionnel dans le cadre du
festival les Tombées de la Nuit, à Rennes. Où le musicien, flanqué de ses deux acolytes Philippe Tessier et Tonio Marinescu, mettra en musique le traumatisme d’une génération, cette demi-finale
du Mondial 82 perdue par la France contre la RFA. L’occasion pour le Lénine
hexagonal de se replonger dans cette demi-finale de Coupe du monde France-RFA, à
l’issue de laquelle le football n’eut jamais plus la même saveur. Avec des photos à la clé et un widget futuriste où l'inédit panoramique Brazil est à découvrir. [Article Red - Photographies Christophe Le Devéhat].
Le 8 juillet 1982, j'étais vêtu d'un short ridicule en coton façon tennis (Borg vs McEnroe), il faisait chaud, les baies vitrées de la maison de mes parents, à Annecy, étaient ouvertes en grand, et je m'apprêtais à regarder le match à la télé comme quasiment tout le monde. L'équipe de France en demi-finale de Coupe du monde, ce n'était pas arrivé depuis des lustres, l'événement était d'importance pour le jeune footballeur que j'étais alors, plus précisément gardien de but par goût du plongeon… La suite, tout le monde la connaît : deux cervicales, une mâchoire et quelques dents plus loin. Ils avaient perdu et j'étais passé par l'angoisse, la haine, la joie, puis à nouveau l'angoisse pour finir dans la déception et les larmes – ce que j'étais sensible à l'époque ! –, un vrai film en quelque sorte.
Après le match, j'entendais dans le lotissement des gens hurler des noms d'oiseaux après Harald Schumacher qui, une heure plus tôt, détruisait la partie haute de Battiston (rebaptisé Baffifon dès le lendemain par des potes un peu plus vieux). Ce match, on l’a refait et refait pas mal de fois, il m'arrive encore aujourd'hui d'en entendre parler au coin d'un bistrot en soirée. Il a laissé une trace plus que d'autres, avec ses buts d'anthologie (Trésor, Giresse, Rummenigge, Fisher), l'attentat de Schumacher, l'évacuation quasi dangereuse de sa victime en civière, ses penalties dramatiques pour nous et heureux pour les Allemands (de l'Ouest à cette époque). Ce qui s'était déroulé ce soir-là, tel un film tragique dans nos petits écrans, donna lieu à d'innombrables discussions et articles en tous genres, des livres, même. Il suffit aujourd'hui de chercher sur Internet pour s'en rendre compte.
CHAMBRE
Un match d'une autre époque. Les joueurs d'alors, bien moins athlétiques qu'aujourd'hui, faisaient des fins de parties sans protège-tibias, toutes chaussettes baissées. Un match avec d'interminables arrêts de jeux, d'attentes, ses visages tendus, le sourire énervant et la discussion entre Schumacher et l'arbitre pendant les penalties. Ce match au scénario quasi palmable nous avait fait rêver, après sa fin, on pouvait, dans notre déception, sentir que l'on en parlerait encore pendant longtemps. Je me souviens qu'alors je me suis réfugié dans ma chambre pour écouter Couleur 3, la radio genevoise que j'avais la chance de pouvoir capter. La radio qui ne passait que de la musique, celle de Suicide (Dream Baby Dream), de The Cure (Pornography), de Trio (Da Da Da), de Joy Division. Ils avaient perdu ce match et j'allais bientôt me désintéresser du sport pour m'acheter des instruments et monter des groupes de rock.
Le 8 juillet 1982, j'étais vêtu d'un short ridicule en coton façon tennis (Borg vs McEnroe), il faisait chaud, les baies vitrées de la maison de mes parents, à Annecy, étaient ouvertes en grand, et je m'apprêtais à regarder le match à la télé comme quasiment tout le monde. L'équipe de France en demi-finale de Coupe du monde, ce n'était pas arrivé depuis des lustres, l'événement était d'importance pour le jeune footballeur que j'étais alors, plus précisément gardien de but par goût du plongeon… La suite, tout le monde la connaît : deux cervicales, une mâchoire et quelques dents plus loin. Ils avaient perdu et j'étais passé par l'angoisse, la haine, la joie, puis à nouveau l'angoisse pour finir dans la déception et les larmes – ce que j'étais sensible à l'époque ! –, un vrai film en quelque sorte.
Après le match, j'entendais dans le lotissement des gens hurler des noms d'oiseaux après Harald Schumacher qui, une heure plus tôt, détruisait la partie haute de Battiston (rebaptisé Baffifon dès le lendemain par des potes un peu plus vieux). Ce match, on l’a refait et refait pas mal de fois, il m'arrive encore aujourd'hui d'en entendre parler au coin d'un bistrot en soirée. Il a laissé une trace plus que d'autres, avec ses buts d'anthologie (Trésor, Giresse, Rummenigge, Fisher), l'attentat de Schumacher, l'évacuation quasi dangereuse de sa victime en civière, ses penalties dramatiques pour nous et heureux pour les Allemands (de l'Ouest à cette époque). Ce qui s'était déroulé ce soir-là, tel un film tragique dans nos petits écrans, donna lieu à d'innombrables discussions et articles en tous genres, des livres, même. Il suffit aujourd'hui de chercher sur Internet pour s'en rendre compte.
CHAMBRE
Un match d'une autre époque. Les joueurs d'alors, bien moins athlétiques qu'aujourd'hui, faisaient des fins de parties sans protège-tibias, toutes chaussettes baissées. Un match avec d'interminables arrêts de jeux, d'attentes, ses visages tendus, le sourire énervant et la discussion entre Schumacher et l'arbitre pendant les penalties. Ce match au scénario quasi palmable nous avait fait rêver, après sa fin, on pouvait, dans notre déception, sentir que l'on en parlerait encore pendant longtemps. Je me souviens qu'alors je me suis réfugié dans ma chambre pour écouter Couleur 3, la radio genevoise que j'avais la chance de pouvoir capter. La radio qui ne passait que de la musique, celle de Suicide (Dream Baby Dream), de The Cure (Pornography), de Trio (Da Da Da), de Joy Division. Ils avaient perdu ce match et j'allais bientôt me désintéresser du sport pour m'acheter des instruments et monter des groupes de rock.

