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Vendredi dernier, le
2 juillet, c'est sous un soleil de plomb que l'on quittait Paris pour la
Basse-Normandie, afin de se rendre à Hérouville Saint-Clair pour assister au
festival de Beauregard. Situé à deux heures de la capitale, dans
l'agglomération de la ville de Caen, l'événement, dont ce n'est que la deuxième
édition, ne craint pas la concurrence des deux mastodontes du moment : Les
Eurockéennes de Belfort et le Main Square Festival d'Arras. Au-delà du devoir
de fin d'année idéal, c'était aussi l'occasion rêvée pour l'enfant du pays de
voir jouer à domicile certaines de nos marottes comme Phoenix et The XX. Au
programme : des retrouvailles, des jeunes filles en fleur, des drogués
impudiques, de la bière locale et des concerts. [Texte et photos par Sébastien
Jenvrin].
Retour au bercail. Après six mois de collaboration à vot' site préféré, bibi – qui vient de zigouiller Kiki – était invité à finir son stage d'étude en couvrant l'événement phare de sa région natale. Vendredi, c'était donc un peu le retour du fils prodigue qui, après avoir dilapidé le larfeuille familial, était accueilli à bras ouvert. Accréditation ok, appareil photo armé et calepin en main, on pouvait aller se frotter à l'armée de journaleux suréquipés venus en masse pour dorer le blason de cet événement ascendant. A peine arrivé, on est chaleureusement accueilli et briefé sur l'organisation de l'affaire. On croise les petits gars de Phoenix dans le carré VIP, qui sirotent tranquillement leur Mumm, et hop, direction le site pour tâter le terrain.

17 000 festivaliers selon Ouest France (14 000 selon la police). Pour sa deuxième édition seulement, le festival de Beauregard a su rameuter toutes sortes de gadjos. Du lycéen en vacances au quadra curieux, de la famille soudée à l'étudiant en roue lib', c'est tout un petit monde hétéroclite qui est venu fouler la pelouse grillée du site de Beauregard. Vingt trois hectares bordés de pins et autres sortes d'arbres, un château à l'architecture aiguisée, une myriade de stands (produits régionaux, disquaires, vente de t-shirts, etc.) et deux scènes qui se font face forment le terrain de jeu que les gosses du village les plus athlètes connaissent déjà pour y avoir effectué le traditionnel cross scolaire. Mais l'heure est à la détente au moment où nous pénétrons sur les lieux, avec comme fond sonore la mauvaise blague belge Ghinzu, que les kids semblent tout de même apprécier. Avant cela, l'honneur était aux couleurs locales puisque ce sont les Saint-Lois Tremore et les Caennais Kim Novak qui ont successivement ouvert les hostilités de cette édition 2010.

Vers 19h15, le ton change un brin avec l'arrivée sur scène du duo mexicain Rodrigo Y Gabriela (à ne pas confondre avec Chico & Roberta). Fini le rock sévèrement burné et place aux grattes acoustiques hispanisantes, raccords avec la météo. Mais faut pas déconner non plus, aussi sûr que le soleil ne nous fera pas devenir des fans de ska festif, ce n'est pas la bonne humeur ambiante qui nous fera succomber à cette prestation en forme de jam interminable. Certains musicos hardcore peuvent bien se palucher sur cette généreuse technicité, nous préférons filer fissa déguster la bière de Normandie (véridique !).

Les choses sérieuses ne commenceront qu'avec l'arrivée de The xx. Il est à peu près 21h quand le trio arpente la grande scène. On leur avait dit, la dernière fois, de débrancher la console et de prendre un peu l'air. C'est qu'ils nous ont écouté les bougres. Les trois musiciens rappliquent, le regard vif et la mine souriante. Sur la scène, le matos est installé comme d'habitude. Jamie Smith, placé au centre, un poil en retrait, toujours derrière ses samplers recouverts de la fameuse initiale. Romy se tient à droite et son pendant masculin, Oliver, à gauche. Ils débutent avec Intro, et déjà, un imprévu vient gentiment saborder les rouages de leur mécanique trop parfaite : la corde de Romy lâche. Un drame quand on sait à quel point le moindre coup de médiator de la jeune Anglaise fait dresser tous les poils du corps. Une guitare neuve en main, et les Londoniens repartent de plus belle. Comme on le présageait fortement, le minimalisme new wave du trio n'est pas fait pour les espaces à ciel ouvert. Moins tourneboulantes qu'à l'Olympia, les infrabasses de The xx s'égarent dans le ciel bas-normand au lieu de percer les cœurs et de prendre aux tripes. Mais qu'importe, finalement, l'onirisme des compositions telles que Crystalized, Islands ou Night Time, transporte tout de même un public conquis.


Retour au bercail. Après six mois de collaboration à vot' site préféré, bibi – qui vient de zigouiller Kiki – était invité à finir son stage d'étude en couvrant l'événement phare de sa région natale. Vendredi, c'était donc un peu le retour du fils prodigue qui, après avoir dilapidé le larfeuille familial, était accueilli à bras ouvert. Accréditation ok, appareil photo armé et calepin en main, on pouvait aller se frotter à l'armée de journaleux suréquipés venus en masse pour dorer le blason de cet événement ascendant. A peine arrivé, on est chaleureusement accueilli et briefé sur l'organisation de l'affaire. On croise les petits gars de Phoenix dans le carré VIP, qui sirotent tranquillement leur Mumm, et hop, direction le site pour tâter le terrain.

17 000 festivaliers selon Ouest France (14 000 selon la police). Pour sa deuxième édition seulement, le festival de Beauregard a su rameuter toutes sortes de gadjos. Du lycéen en vacances au quadra curieux, de la famille soudée à l'étudiant en roue lib', c'est tout un petit monde hétéroclite qui est venu fouler la pelouse grillée du site de Beauregard. Vingt trois hectares bordés de pins et autres sortes d'arbres, un château à l'architecture aiguisée, une myriade de stands (produits régionaux, disquaires, vente de t-shirts, etc.) et deux scènes qui se font face forment le terrain de jeu que les gosses du village les plus athlètes connaissent déjà pour y avoir effectué le traditionnel cross scolaire. Mais l'heure est à la détente au moment où nous pénétrons sur les lieux, avec comme fond sonore la mauvaise blague belge Ghinzu, que les kids semblent tout de même apprécier. Avant cela, l'honneur était aux couleurs locales puisque ce sont les Saint-Lois Tremore et les Caennais Kim Novak qui ont successivement ouvert les hostilités de cette édition 2010.

Vers 19h15, le ton change un brin avec l'arrivée sur scène du duo mexicain Rodrigo Y Gabriela (à ne pas confondre avec Chico & Roberta). Fini le rock sévèrement burné et place aux grattes acoustiques hispanisantes, raccords avec la météo. Mais faut pas déconner non plus, aussi sûr que le soleil ne nous fera pas devenir des fans de ska festif, ce n'est pas la bonne humeur ambiante qui nous fera succomber à cette prestation en forme de jam interminable. Certains musicos hardcore peuvent bien se palucher sur cette généreuse technicité, nous préférons filer fissa déguster la bière de Normandie (véridique !).

Les choses sérieuses ne commenceront qu'avec l'arrivée de The xx. Il est à peu près 21h quand le trio arpente la grande scène. On leur avait dit, la dernière fois, de débrancher la console et de prendre un peu l'air. C'est qu'ils nous ont écouté les bougres. Les trois musiciens rappliquent, le regard vif et la mine souriante. Sur la scène, le matos est installé comme d'habitude. Jamie Smith, placé au centre, un poil en retrait, toujours derrière ses samplers recouverts de la fameuse initiale. Romy se tient à droite et son pendant masculin, Oliver, à gauche. Ils débutent avec Intro, et déjà, un imprévu vient gentiment saborder les rouages de leur mécanique trop parfaite : la corde de Romy lâche. Un drame quand on sait à quel point le moindre coup de médiator de la jeune Anglaise fait dresser tous les poils du corps. Une guitare neuve en main, et les Londoniens repartent de plus belle. Comme on le présageait fortement, le minimalisme new wave du trio n'est pas fait pour les espaces à ciel ouvert. Moins tourneboulantes qu'à l'Olympia, les infrabasses de The xx s'égarent dans le ciel bas-normand au lieu de percer les cœurs et de prendre aux tripes. Mais qu'importe, finalement, l'onirisme des compositions telles que Crystalized, Islands ou Night Time, transporte tout de même un public conquis.

