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Espoirs 2012 - 05/01/12 de Money

interviews
Qui nous émoustillera et traversera les mois qui viennent en pleine lumière ? Au moment où il convient de tirer des plans sur la comète pop, nous avons choisi huit zigues de tous pays qui ont de belles chances de briller en 2012. Après avoir mis à l'honneur les Cracbooms, place à Money, excitant étalon mancunien qui donne dans le magnétisme.

QUI ?
Jamie Lee (chant, guitare)
Charlie Cocksedge (guitare, synthétiseurs)
Scott Beaman (basse)
Will Kneale (batterie)

OÙ ?
Manchester (Angleterre)

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QUOI ?
La quintessence de la non-existence. Le quatuor mancunien fuit la reconnaissance avec une précision maladive, se réinventant sous divers patronymes pour se construire un répertoire remarquable mais difficile à suivre. Se fondre pour s'épanouir, s'exposer puis s'évanouir. Méké Ménété, Books, Youth, Nijinski, Kunst : autant de leurres pour une traversée médiatique sans encombre qui a privilégié la progression artistique à la surenchère esthétique. Stable depuis peu, le projet Money est né pendant l'été 2010, quand la rencontre entre quatre âmes et la vision d'un leader galvanisé par l'existence ont engendré une musique cotonneuse vrillée par les paysages industriels du nord de l'Angleterre. Indescriptible tant elle paraît précieuse et irréelle.

SIGNES PARTICULIERS
Cette propension à l'anonymat et aux revirements a valu au groupe d'être instantanément comparé à WU LYF. Pourtant, la diversion selon Money paraît sincère et encore plus ordonnée, le résultat d'un leadership consciencieux. Le seul lien qui permettait de se plonger dans l'univers du groupe avant la création très récente de cette page Facebook était Courtesy Is A Fallacy (“la courtoisie est une illusion”), un blog Tumblr que Jamie Lee alimente toujours méticuleusement. Vidéos, textes, photos et peintures, de l'écrivain Millard Kaufman au héros lo-fi Daniel Johnston, du pacifiste John Lennon au poète prolétaire Philip Larkin : les recoins html de ce journal virtuel furent longtemps les seuls indices de la substance et de l’existence de Money.



TUBE ABSOLU
The Sea. Un cœur qui bat à l'envers, un orgue qui résonne, des guitares qui déchirent le silence, des pulsations à fragmentation. Tel un récital aride conté par un prêcheur cramé de l'intérieur, ou une symphonie abyssale tapissée de désolation. Comme si Godspeed You! Black Emperor avait délaissé sa science instrumentale pour orchestrer la fin du monde.

POTENTIEL COMMERCIAL
À la fois incertain et grandissant. Annoncés en dur sur diverses structures (Melodic, Hit Club Records), les morceaux de Money n’ont jusqu’ici bouillonné que sur le Net. Un perfectionnisme drastique conjugué à un manque de communication qui aurait pu lasser la cohorte de fidèles. Mais un 45 tours paraîtra au mois de février sur le label français Almost Musique, et des concerts auront lieu dans l’Hexagone au même moment (le 24 février au Temps Machine de Tours, le 25 au Lieu Unique de Nantes, le 26 au I.Boat de Bordeaux).



POTENTIEL AFFECTIF
Depuis longtemps, Manchester est le berceau de formations à part, musiciens érudits ou poètes de la déraison, et porte en elle ce pouvoir de fascination. En jouant avec l’aura locale, Money apporte sa pierre à l'édifice musical d’une ville que l’on chérit ou que l’on déteste.

Fabien Le Gourrierec
MAGIC RPM  #158

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