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Rencontre avec le label Beko - 22/02/10 de Memoryhouse

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Depuis six mois, le label digital Beko nous gratifie chaque lundi d'un Ep à télécharger gratuitement. Une sélection impeccable de l'Internationale pop contemporaine cousue main par un remarquable et modeste disquaire, Reno Colargol, épaulé par son ami Jack Vaché. La doublette a par exemple sorti du bois les magnifiques Memoryhouse. Depuis son Finistère adoptif, le Brestois recrée une mappemonde musicale.
[Interview par Xavier Mazure].



Pourquoi ce nom en forme d'onomatopée : Beko ?
Reno : Le nom du label s'est imposé très naturellement lorsque Jack et moi, chacun de notre côté, avons acheté un four pyrolytique Beko. La pyrolyse est le nec plus ultra pour éliminer les graisses, les salissures dans un four, la température monte jusqu'à 500°C, pour obtenir un nettoyage intégral et irréprochable.

Puisqu'on ne Bekote pas gratuitement, peux-tu nous expliquer tes réelles motivations ?
L'idée m'est venue il y a près d'un an, après une désillusion croissante vis-à-vis des réseaux de distribution, qui m'ont lâché à l'époque de mon premier label Diesel Combustible, prétextant que nos sorties étaient trop spé. Et puis j'en ai parlé à mon ami Jack, on a réfléchi et décidé de sortir des singles chaque semaine, gratuitement. De plus, à la même époque se montait l'excellent Holiday Records, digital label américain de Jacob Graham de The Drums, qui propose une sortie en Lp, ou en Ep tous les vendredis.

Quelles sont les missions de ton label ?
La plupart des groupes collaborant avec Beko n'ont sorti que des Cdr ou des cassettes, le moyen le plus efficace pour se faire connaître. Lorsque que je les contacte, ils n'hésitent pas un seul instant, le téléchargement permet de diffuser leur musique encore plus facilement. De notre côté, on contacte les blogs, les webzines et les radios. Après, si ça leur permet de signer chez un label, à l'instar de Memoryhouse, c'est gagné pour nous !

Pas un mot sur les artistes chez Beko, une simple pochette… Pourquoi ne souhaites-tu pas mâcher le travail des journalistes ? Pas un mot ? Pourtant on précise la ville et le pays... En plus, si tu cliques sur le petit cœur, tu atterris sur leur espace ou leur site. Lorsque que tu Bekotes, s'il y a un groupe qui te plaît plus qu'un autre, c'est sympa d'aller fouiner des infos...

Ça ressemble à quoi un French Beko ?
Pour l'instant on a seulement trois artistes français, tous des amis, tous talentueux, tous Bekotables ! On est très heureux d'accueillir de petits nouveaux prochainement. Et puis l'autre but de Beko, c'est de rechercher des groupes de tous les pays. On voyage aux Phillippines avec Moscow Olympics, en Suède avec Death And Vanilla, en Finlande avec Moppi. Bientôt, on va faire escale en Turquie, en Grèce et en Australie... Je suis un grand globe-trotter !

Quels sont les futurs développements du label ?
Concernant le site, on pense très prochainement le faire évoluer, mais en restant le plus sobre possible. Et pourquoi pas sortir des 10” et des albums ? Continuer de faire le tour du monde, dénicher des ovnis sonores comme Uesa Guilbe, Boneless, Pradada. Nous avons aussi envie de diffuser des artistes confirmés, Boyracer, Nord Express, et surtout le Nippon Ian Masters (NDLR : l'ex-Pale Saints exilé au Japon) qui bidouille toujours dans son coin.
Propos recueilli par Xavier Mazure
MAGIC RPM  #139

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