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D’ailleurs, la production est très proche du jazz…
(Il sourit.) Quand tu te tournes vers le passé, tu t'aperçois qu'il existait une approche de la production complètement différente… Aujourd'hui, en particulier en Angleterre, on a l'impression que le terme “production” est devenu un gros mot. Dans les années 60, sur les disques de jazz en particulier, mais aussi dans le rock, le résultat était souvent l'œuvre d'un boulot en commun. Prends quelqu'un comme Jimmy Miller par exemple : il bossait toujours avec Glyn Johns et les deux étaient complémentaires. L'un était là pour prêter attention aux arrangements alors que l'autre était complètement obnubilé par le son. C'est pourquoi Phil Brown a joué un rôle essentiel dans la conception de mon disque… Ce travail mutuel est pour moi fondamental. Au jazz, j'ai aussi voulu emprunter cette sensation de live, même si tout le monde ne jouait pas en même temps, mais par petits groupes… En fait, nous n'utilisions que deux micros pour enregistrer.
Vous avez fait appel à beaucoup de musiciens ?
Seize personnes jouent sur le disque, des gens avec qui j'avais déjà travaillé, comme Robbie McIntosh, et des personnes qui m'ont été recommandées, comme Ian Dickson… Il fallait que je sois sûr que tout le monde puisse comprendre où je voulais en venir.
Vous leur avez-vous laissé une certaine liberté ?
Liberté ? (Il prend son temps.) Oui, en quelque sorte, dans le sens où je laisse à chaque musicien la possibilité d’opter pour plusieurs interprétations possibles. On enregistre souvent plusieurs versions… Plus rapides, plus lentes, plus mélancoliques. J'ai toujours considéré comme primordial le fait d'utiliser la personnalité d'un musicien, afin qu'il apporte sa touche, son interprétation ou plutôt sa vision au morceau. Mais il n'y a aucune forme d'improvisation sur le disque. Enfin si, deux : la trompette et l'harmonica The Watershed… Mais pour le reste, on s'en est tenu à ce qui était écrit.
MINIMALISTE
Votre musique a une dimension très visuelle. Vous seriez attiré par l'exercice de la bande originale de film ?
J'adorerais ça. J’aime énormément le cinéma, en particulier l’école européenne… Mes deux films favoris sont Les Enfants Du Paradis et Le Voleur De Bicyclettes. Dès lors, le problème se poserait pour moi de trouver un long métrage aussi fort. Sans oublier qu'il faudrait que quelqu'un ait envie de faire appel à mes services… (Sourire.) Il y a très longtemps, on m'avait demandé de composer un thème pour un documentaire. J'avais demandé toute latitude et j'avais prévenu que le résultat serait très différent de ce que je pouvais faire alors avec Talk Talk. Comme de bien entendu, on m'avait laissé carte blanche, mais une fois que les gens ont écouté le résultat, ils m'ont demandé si on ne pouvait pas rajouter un peu de batterie, faire quelque chose de plus enjoué… J'ai donc tout foutu à la poubelle !
Il vous arrive d'écouter vos anciens disques…
Non, jamais ! Dès que le mixage est terminé, je ne réécoute plus rien. Pendant l'enregistrement, tout est encore fluctuant, tu peux faire évoluer tel ou tel détail… Mais au mix, les morceaux prennent leur forme immuable : tu es arrivé à la fin de ton travail et dès lors, il faut savoir passer à autre chose pour essayer d’avancer.
Vous pensez qu'il vous faudra encore un septennat avant de finaliser un nouveau disque ?
C'est impossible à dire ! Il faut savoir que j'avais l'intime conviction de tenir mes derniers enregistrements en Spirit Of Eden, puis en Laughing Stock, alors… (Sourire.) Tout ce que je sais, c'est que je vais continuer à composer. Je veux utiliser le piano avec une approche très minimaliste. J’ai envie de jouer sur la résonance des notes, essayer de retrouver une certaine innocence. Mais aujourd'hui, personne ne peut savoir quelle sera la finalité de ces travaux. Même pas moi…
(Il sourit.) Quand tu te tournes vers le passé, tu t'aperçois qu'il existait une approche de la production complètement différente… Aujourd'hui, en particulier en Angleterre, on a l'impression que le terme “production” est devenu un gros mot. Dans les années 60, sur les disques de jazz en particulier, mais aussi dans le rock, le résultat était souvent l'œuvre d'un boulot en commun. Prends quelqu'un comme Jimmy Miller par exemple : il bossait toujours avec Glyn Johns et les deux étaient complémentaires. L'un était là pour prêter attention aux arrangements alors que l'autre était complètement obnubilé par le son. C'est pourquoi Phil Brown a joué un rôle essentiel dans la conception de mon disque… Ce travail mutuel est pour moi fondamental. Au jazz, j'ai aussi voulu emprunter cette sensation de live, même si tout le monde ne jouait pas en même temps, mais par petits groupes… En fait, nous n'utilisions que deux micros pour enregistrer.
Vous avez fait appel à beaucoup de musiciens ?
Seize personnes jouent sur le disque, des gens avec qui j'avais déjà travaillé, comme Robbie McIntosh, et des personnes qui m'ont été recommandées, comme Ian Dickson… Il fallait que je sois sûr que tout le monde puisse comprendre où je voulais en venir.
Vous leur avez-vous laissé une certaine liberté ?
Liberté ? (Il prend son temps.) Oui, en quelque sorte, dans le sens où je laisse à chaque musicien la possibilité d’opter pour plusieurs interprétations possibles. On enregistre souvent plusieurs versions… Plus rapides, plus lentes, plus mélancoliques. J'ai toujours considéré comme primordial le fait d'utiliser la personnalité d'un musicien, afin qu'il apporte sa touche, son interprétation ou plutôt sa vision au morceau. Mais il n'y a aucune forme d'improvisation sur le disque. Enfin si, deux : la trompette et l'harmonica The Watershed… Mais pour le reste, on s'en est tenu à ce qui était écrit.
MINIMALISTE
Votre musique a une dimension très visuelle. Vous seriez attiré par l'exercice de la bande originale de film ?
J'adorerais ça. J’aime énormément le cinéma, en particulier l’école européenne… Mes deux films favoris sont Les Enfants Du Paradis et Le Voleur De Bicyclettes. Dès lors, le problème se poserait pour moi de trouver un long métrage aussi fort. Sans oublier qu'il faudrait que quelqu'un ait envie de faire appel à mes services… (Sourire.) Il y a très longtemps, on m'avait demandé de composer un thème pour un documentaire. J'avais demandé toute latitude et j'avais prévenu que le résultat serait très différent de ce que je pouvais faire alors avec Talk Talk. Comme de bien entendu, on m'avait laissé carte blanche, mais une fois que les gens ont écouté le résultat, ils m'ont demandé si on ne pouvait pas rajouter un peu de batterie, faire quelque chose de plus enjoué… J'ai donc tout foutu à la poubelle !
Il vous arrive d'écouter vos anciens disques…
Non, jamais ! Dès que le mixage est terminé, je ne réécoute plus rien. Pendant l'enregistrement, tout est encore fluctuant, tu peux faire évoluer tel ou tel détail… Mais au mix, les morceaux prennent leur forme immuable : tu es arrivé à la fin de ton travail et dès lors, il faut savoir passer à autre chose pour essayer d’avancer.
Vous pensez qu'il vous faudra encore un septennat avant de finaliser un nouveau disque ?
C'est impossible à dire ! Il faut savoir que j'avais l'intime conviction de tenir mes derniers enregistrements en Spirit Of Eden, puis en Laughing Stock, alors… (Sourire.) Tout ce que je sais, c'est que je vais continuer à composer. Je veux utiliser le piano avec une approche très minimaliste. J’ai envie de jouer sur la résonance des notes, essayer de retrouver une certaine innocence. Mais aujourd'hui, personne ne peut savoir quelle sera la finalité de ces travaux. Même pas moi…