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Avec décembre vient l'heure du bilan. Vous connaissez notre tableau d'honneur des albums et singles de 2011, à retrouver en intégralité dans notre Hors-série 365 Chroniques. Dans ce même numéro, vous trouverez les portraits de nos dix personnalités de l'année, de Trish Keenan à James Blake, en passant par Bobby Gillespie, James Murphy, Faris Badwan, Satan, Bernard Lenoir, Christopher Owens, Alexandre Rochon ou... Lana Del Rey. On termine avec le profil de la diva litigieuse.
Signe des temps : une artiste dont l'album ne sortira qu'en janvier 2012 fait partie de notre sélection des hommes et femmes de l'année 2011. Il y a moins de douze mois, personne ne connaissait Lana Del Rey. Un single, Video Games/Blue Jeans, d'abord disponible en version digitale après avoir “buzzé” à la fin de l'été sous forme de vidéos postées sur le Net, a suffi pour que son nom soit sur toutes les lèvres, quitte à se demander si les siennes n'étaient pas surgonflées au collagène, et surtout, qui se cachait derrière cette identité. Car une femme, plutôt jolie il faut le reconnaître, ne peut qu'être une faible créature manipulée par des managers mâles machiavéliques… Grandie sur la côte Est des États-Unis, dans l'État de New York, elle débute sous le patronyme de Lizzy Grant et enregistre une paire de disques, l'un avec son amie rappeuse Princess Superstar, l'autre produit par David Kahne (The Bangles, Fishbone, First Impressions Of Earth (2006) de The Strokes), tous deux restés lettres mortes. Puis, à l'âge canonique de vingt-cinq ans, elle vend forcément son âme au diable – telle une redite féminisée du mythe de Robert Johnson – pour être autorisée à se réincarner du côté d'Hollywood en Nancy Sinatra moderne, sans l'équivalent d'un Lee Hazlewood. Mais, après tout, Franz Ferdinand, Daft Punk ou David Bowie n'ont-ils pas eux aussi tâtonné avant de se trouver, et l'artiste plasticienne Orlan ou Genesis P. Orridge accompli un travail sur leur corps autrement plus impressionnant ?

Compositions somme toute traditionnelles, bien que classiques pop précoces déjà repris par Kasabian ou Bombay Bicycle Club, Video Games et Blue Jeans rappellent respectivement Kate Bush et Chris Isaak. Un single qui s'inscrit dans une tendance amorcée par The xx et prolongée notamment par Chairlift, qui a repris sur scène comme tant d'autres Wicked Game de l'ancien chanteur favori de David Lynch. Le réalisateur est d'ailleurs l'une des influences revendiquées par Lana. Elle a donc été ravie de se produire au Silencio, club parisien ultraprivé décoré par Lynch, au lendemain de ses débuts dans la capitale française au Nouveau Casino, pour ce qui était annoncé officiellement comme son… septième concert. Ce soir-là, accompagnée de quatre musiciens bien trop professionnels pour être à son diapason, elle a présenté un visage avenant sur fond de projections, et fait entendre sa voix sur huit morceaux pendant plus d'une demi-heure, mais a déçu l'espoir fou d'une collection ininterrompue de tubes.
Signe des temps : une artiste dont l'album ne sortira qu'en janvier 2012 fait partie de notre sélection des hommes et femmes de l'année 2011. Il y a moins de douze mois, personne ne connaissait Lana Del Rey. Un single, Video Games/Blue Jeans, d'abord disponible en version digitale après avoir “buzzé” à la fin de l'été sous forme de vidéos postées sur le Net, a suffi pour que son nom soit sur toutes les lèvres, quitte à se demander si les siennes n'étaient pas surgonflées au collagène, et surtout, qui se cachait derrière cette identité. Car une femme, plutôt jolie il faut le reconnaître, ne peut qu'être une faible créature manipulée par des managers mâles machiavéliques… Grandie sur la côte Est des États-Unis, dans l'État de New York, elle débute sous le patronyme de Lizzy Grant et enregistre une paire de disques, l'un avec son amie rappeuse Princess Superstar, l'autre produit par David Kahne (The Bangles, Fishbone, First Impressions Of Earth (2006) de The Strokes), tous deux restés lettres mortes. Puis, à l'âge canonique de vingt-cinq ans, elle vend forcément son âme au diable – telle une redite féminisée du mythe de Robert Johnson – pour être autorisée à se réincarner du côté d'Hollywood en Nancy Sinatra moderne, sans l'équivalent d'un Lee Hazlewood. Mais, après tout, Franz Ferdinand, Daft Punk ou David Bowie n'ont-ils pas eux aussi tâtonné avant de se trouver, et l'artiste plasticienne Orlan ou Genesis P. Orridge accompli un travail sur leur corps autrement plus impressionnant ?

Compositions somme toute traditionnelles, bien que classiques pop précoces déjà repris par Kasabian ou Bombay Bicycle Club, Video Games et Blue Jeans rappellent respectivement Kate Bush et Chris Isaak. Un single qui s'inscrit dans une tendance amorcée par The xx et prolongée notamment par Chairlift, qui a repris sur scène comme tant d'autres Wicked Game de l'ancien chanteur favori de David Lynch. Le réalisateur est d'ailleurs l'une des influences revendiquées par Lana. Elle a donc été ravie de se produire au Silencio, club parisien ultraprivé décoré par Lynch, au lendemain de ses débuts dans la capitale française au Nouveau Casino, pour ce qui était annoncé officiellement comme son… septième concert. Ce soir-là, accompagnée de quatre musiciens bien trop professionnels pour être à son diapason, elle a présenté un visage avenant sur fond de projections, et fait entendre sa voix sur huit morceaux pendant plus d'une demi-heure, mais a déçu l'espoir fou d'une collection ininterrompue de tubes.
Finalement, l'intérêt suscité par la nouvelle artiste la plus citée sur les réseaux sociaux est plutôt rassurant, à l'image des ventes d'une Adele, loin de la surenchère façon Lady Gaga… à qui Lana Del Rey n'est pas étrangère. “En 2007, j'avais une carrière qui débutait et le même manager qu'elle ! À un moment, j'ai pu me payer un chez-moi. J'étais heureuse. Et puis rien ne s'est passé. Mon premier disque n'est jamais sorti. C'était la fin du monde”, confiait-elle récemment à Libération. Pour chasser ses doutes et le cynisme ambiant, Lana apprend donc à bien s'entourer. Du Français Yoann Lemoine par exemple, alias Woodkid, qui l'a rejoint sur Video Games lors de son concert new-yorkais inaugural, et a filmé le clip de Born To Die après d'autres réalisations pour Katy Perry, Moby et Yelle. Ou encore du légendaire Bobby Womack, de Richard Russell – responsable du label XL Recordings et initiateur de la résurrection artistique de feu Gil Scott-Heron – et de l'incontournable Damon Albarn pour un titre en devenir qui se pare d'un casting imparable. Lana Del Rey ou la voie royale…