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Indéniablement riche en surprises, la dernière œuvre de Kurt Vile laisse place à une modestie et une écriture d'un classicisme excitant, là où ce dernier se jouait d'une mégalomanie ironique et brisait les codes du rock'n’roll. Entre la fougue punk, le raffinement folk et l'onirisme brut, le jeune prodige de Philadelphie dresse son autoportrait au travers de son admiration pour ses aïeux.
[Interview Xavier Mazure]
Gram Parsons - In My Hour Of Darkness
Selon moi, Gram Parsons est le plus grand des songwriters, et il est aussi le plus touchant. Tout est parfait : de l'écriture sublime à la perfection absolue du piano. J'ai passé une grande partie de ma vie à m'imprégner de ses deux premiers albums. J'ai aujourd'hui encore plus d'admiration pour sa carrière solo que pour ses autres projets en groupes (ndlr. The Byrds, The Flying Burritos, The International Submarine Band). Le premier disque que j'ai écouté est GP (1973), mais avec le temps, je place Grievous Angel (1974) au-dessus. C'est l'un des rares albums qui me fascine dans sa totalité. Avec le recul, je réalise à quel point Gram Parsons et particulièrement ce titre m'ont inconsciemment influencé dans les compositions et le chant de Smoke Ring For My Halo.
The Rolling Stones - Jigsaw Puzzle
Beggars Banquet est le meilleur disque des Rolling Stones. Il est empreint de ce son bleu métallique, chaleureux et brut qu'ils n'avaient jamais apprivoisé auparavant. Jigsaw Puzzle en est l'exemple le plus représentatif avec sa guitare écorchée. Les paroles font également partie de mes préférées, elles sont incroyablement drôles et marquantes. Tel un comédien, Mick Jagger l'interprète parfaitement, avec une once d'ironie et un débit vocal affecté. C'est à la fois très intéressant, impressionnant et amusant. On a parfois comparé ma façon de chanter à la sienne, notamment sur mon pénultième album, Constant Hitmaker (2008) : à mon sens, il n'y a rien plus de flatteur, mais ce sont surtout les techniques du jeu de guitare de Keith Richards – jusque dans son accordage – qui m'ont le plus directement inspiré.
Suicide - Las Vegas Man
Cette chanson est un voyage. Elle est très belle et complètement folle, profondément psychédélique : un peu comme une composition de The Velvet Underground qui serait chantée par un schizophrène convaincu du sens de ses propos. Ce clavier minimaliste et profond est l'une des plus belles choses que j'ai écoutées, c'est une sorte d'échelle qui mène vers les cieux. J'adore aussi la voix rampante d'Alan Vega (ndlr. Kurt en réalise une parfaite imitation), c'est magique, aliéné et très ironique. Certes, Suicide n'est pas une référence délibérée pour mon dernier LP qui est, au contraire, très folk, mais ce fut le cas pour mon précédent album, Childish Prodigy (2009) : j'ai écouté ce disque si souvent que parfois, malgré moi, j'entends son influence abstraite dans ma propre musique, dans des morceaux qui n'ont parfois rien d'électronique.
The Fall - The English Scheme
Très difficile de choisir un seul titre de The Fall. Mais j'adore tout particulièrement le clavier très cheap que l'on entend sur The English Scheme. Le mélange de cette mélodie entêtante et sur un rythme de batterie punk est très addictif. Les chansons de The Fall sont toutes très entraînantes, de celles que l'on adore dès la première écoute. Mark E. Smith est un remarquable auteur et un grand chanteur, je lui voue une admiration sans borne. Ce morceau est hilarant et très typique de sa façon de scander la colère avec un humour cinglant.
Bert Jansch - Poison
Un titre incroyable, j'ai vu deux fois Bert Jansch la jouer sur scène. Son jeu de guitare est indéniablement sublime. Il est communément considéré comme le Jimi Hendrix de la guitare acoustique : ce titre n'est pas usurpé, même si leurs techniques ne sont pas similaires. J'ai longtemps pensé que ce morceau parlait des drogues, mais il a pris un sens différent pour moi, celui d'une menace sournoise et métaphysique. À vrai dire, Poison pourrait revêtir de nombreux sens différents, beaucoup de choses pourraient expliquer cette superbe phrase : “Ne crois-tu pas que notre créateur est à cours d'idées ?” Cette chanson est définitivement un chef-d'œuvre.
Gram Parsons - In My Hour Of Darkness
Selon moi, Gram Parsons est le plus grand des songwriters, et il est aussi le plus touchant. Tout est parfait : de l'écriture sublime à la perfection absolue du piano. J'ai passé une grande partie de ma vie à m'imprégner de ses deux premiers albums. J'ai aujourd'hui encore plus d'admiration pour sa carrière solo que pour ses autres projets en groupes (ndlr. The Byrds, The Flying Burritos, The International Submarine Band). Le premier disque que j'ai écouté est GP (1973), mais avec le temps, je place Grievous Angel (1974) au-dessus. C'est l'un des rares albums qui me fascine dans sa totalité. Avec le recul, je réalise à quel point Gram Parsons et particulièrement ce titre m'ont inconsciemment influencé dans les compositions et le chant de Smoke Ring For My Halo.
The Rolling Stones - Jigsaw Puzzle
Beggars Banquet est le meilleur disque des Rolling Stones. Il est empreint de ce son bleu métallique, chaleureux et brut qu'ils n'avaient jamais apprivoisé auparavant. Jigsaw Puzzle en est l'exemple le plus représentatif avec sa guitare écorchée. Les paroles font également partie de mes préférées, elles sont incroyablement drôles et marquantes. Tel un comédien, Mick Jagger l'interprète parfaitement, avec une once d'ironie et un débit vocal affecté. C'est à la fois très intéressant, impressionnant et amusant. On a parfois comparé ma façon de chanter à la sienne, notamment sur mon pénultième album, Constant Hitmaker (2008) : à mon sens, il n'y a rien plus de flatteur, mais ce sont surtout les techniques du jeu de guitare de Keith Richards – jusque dans son accordage – qui m'ont le plus directement inspiré.
Suicide - Las Vegas Man
Cette chanson est un voyage. Elle est très belle et complètement folle, profondément psychédélique : un peu comme une composition de The Velvet Underground qui serait chantée par un schizophrène convaincu du sens de ses propos. Ce clavier minimaliste et profond est l'une des plus belles choses que j'ai écoutées, c'est une sorte d'échelle qui mène vers les cieux. J'adore aussi la voix rampante d'Alan Vega (ndlr. Kurt en réalise une parfaite imitation), c'est magique, aliéné et très ironique. Certes, Suicide n'est pas une référence délibérée pour mon dernier LP qui est, au contraire, très folk, mais ce fut le cas pour mon précédent album, Childish Prodigy (2009) : j'ai écouté ce disque si souvent que parfois, malgré moi, j'entends son influence abstraite dans ma propre musique, dans des morceaux qui n'ont parfois rien d'électronique.
The Fall - The English Scheme
Très difficile de choisir un seul titre de The Fall. Mais j'adore tout particulièrement le clavier très cheap que l'on entend sur The English Scheme. Le mélange de cette mélodie entêtante et sur un rythme de batterie punk est très addictif. Les chansons de The Fall sont toutes très entraînantes, de celles que l'on adore dès la première écoute. Mark E. Smith est un remarquable auteur et un grand chanteur, je lui voue une admiration sans borne. Ce morceau est hilarant et très typique de sa façon de scander la colère avec un humour cinglant.
Bert Jansch - Poison
Un titre incroyable, j'ai vu deux fois Bert Jansch la jouer sur scène. Son jeu de guitare est indéniablement sublime. Il est communément considéré comme le Jimi Hendrix de la guitare acoustique : ce titre n'est pas usurpé, même si leurs techniques ne sont pas similaires. J'ai longtemps pensé que ce morceau parlait des drogues, mais il a pris un sens différent pour moi, celui d'une menace sournoise et métaphysique. À vrai dire, Poison pourrait revêtir de nombreux sens différents, beaucoup de choses pourraient expliquer cette superbe phrase : “Ne crois-tu pas que notre créateur est à cours d'idées ?” Cette chanson est définitivement un chef-d'œuvre.