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ÉNERGIE SOLAIRE
Simon : C'était intéressant d'aller dans un endroit comme The Premises pour enregistrer nos démos. Il s'agit du seul studio en Europe, voire dans le monde, qui fonctionne à l'énergie solaire.
Jamie : En tant que groupe, on est devenu conscient de tous les dommages qu'on peut occasionner, ne serait-ce qu'en prenant l'avion en tournée. Le changement passe par de petites choses, des mauvais réflexes qu'on essaye de perdre.
Simon : La démarche de Radiohead nous a pas mal influencés à ce niveau. C'est le groupe le plus “développement durable” qui existe.
2012
James : On s'en rapproche…
Jamie : Non, ça ne me fait pas peur ! (Rires.) Tu sais, même si la destruction du monde tel qu'on le connaît a lieu le 21 décembre 2012, il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Comme je te disais, le pire qui puisse arriver est aussi le meilleur.
Simon : On pensera quand même à vendre des posters apocalyptiques à nos concerts. (Sourire.)
Jamie : On a beaucoup lu sur ce sujet, entendu les différents arguments. Tout le monde sait qu'on fait face à des problèmes climatiques graves. Si cette angoisse de la fin du monde mène les gens à être plus respectueux de l'environnement, et plus respectueux entre eux, la vie sera meilleure pour tous. Si la fin du monde signifie la fin de la misère, de la violence, il n'y a aucune raison de se miner.
James : On passera sans doute nos derniers moments avec l'ultrapositif Ross Robinson ! (Sourire.)
HITS
Simon : On en a eu quelques-uns, et on va essayer d'en avoir encore…
Jamie : Notre deuxième album a été conçu comme une œuvre à part entière. On a apporté un soin particulier à la structure et aux enchaînements. Lorsque le précédent est sorti, on avait déjà deux ou trois hits dans les charts britanniques, on ne prenait donc pas trop de risques. Le challenge est plus grand aujourd'hui, et on doit avoir encore plus foi en notre musique.
James : Parce qu'on veut absolument compter dans le circuit pop mainstream. Ce nouveau disque est plus profond, il comporte plein de détails. La guitare et les synthétiseurs jouent souvent sur les mêmes fréquences avec des sonorités différentes, puis on a ajouté des basses, des infrabasses, plusieurs couches d'harmonies vocales. Toutes ces informations rendent les morceaux plus intéressants. Hier encore, quand on a reçu la version finale du mixage, on a redécouvert des sons, et on a repris du plaisir à écouter notre musique.
HOLLYWOOD IS A VERB
James : Fucking A ! (Rires.)
Simon : Hollywood Is A Verb est un projet auquel James et moi avons participé avant de venir à Londres, et qui a existé pendant un seul concert. Donc… Il n'y a pas grand-chose à en dire.
James : Le nom était sacrément bien trouvé, n’est-ce pas ?
Jamie : Si tu veux parler des États-Unis, c'est clairement un pays de rêve. Tous les groupes anglais veulent avoir du succès là-bas. J'espère que le nouvel album en aura plus que le précédent, c'est l'un de nos principaux objectifs. Des groupes comme Vampire Weekend ou MGMT ont réussi à être numéros 1, donc ça nous semble jouable.
James : Par chance, notre maison de disques aux États-Unis a déménagé dans le centre-ville. C'est positif car ils sont en contact direct avec une culture indie foisonnante.
Jamie : On se sent assez proche de MGMT, avec qui on partage un goût pour le psychédélique. J'ai d'ailleurs partagé une expérience psychédélique avec eux. (Sourire.)
James : Au sens le plus littéral ! (Rires).
UMBRELLA
Jamie : Ah, je vois, tu veux parler du temps qu'il fait en Angleterre ! (Rires.) Je trimballe toujours un grand parapluie noir avec moi… Non, sérieusement, le passage aux Brit Awards avec Rihana a été une expérience incroyable. Juste après le show, on s'est retrouvé avec elle autour d'une table pour une émission de Channel 3. J'étais complètement bourré. Le journaliste me demande : “Alors, comment ça s'est passé ?”, et je réponds : “C'était le meilleur moment de ma vie, mec !” Là, Rihanna me regarde dans les yeux et commence à chanter “Come into me, come into me” !
James : Tu aurais dû voir la réaction des journalistes, c'était du délire !
Jamie : Du coup, après, tout le monde me faisait la gueule. (Rires.)
SEX & DRUGS & ROCK'N'ROLL
Jamie : On n'a jamais été attiré par ce cliché. Selon nous, c'est plus rock'n'roll d'être durable. On ne pense pas qu'un groupe de rock doivent forcément valoriser la stupidité.
James : Je ne sais pas si tu as remarqué, mais depuis quelques années, il n'y a plus rien de cool à être idiot et déjanté. Ce qui est cool, c'est d'être vraiment bon.
Jamie : Oui, c'est un sacré changement. Quand quelque chose devient une norme, tu te rebelles contre la norme. C'est ce qui se passe en ce moment avec cette conception du rock. On préfère être malins, bien jouer, progresser. Mais les drogues et le sexe existent aussi, bien sûr. (Sourire.)
JEUNESSE
Jamie : C'est vrai qu'on avait l'image d'un groupe pour kids à la sortie du premier album. Cela fait déjà trois ans, on a grandi, et notre public aussi. Lorsqu'on a joué en Angleterre le mois dernier, on a retrouvé les gamins qui étaient là à nos débuts. Ils avaient passé quelques examens et changé de vêtements, mais c'était à peu près les mêmes. (Sourire).
James : La jeunesse est un élément vital pour un groupe de pop. Ce sont les jeunes qui te portent, qui sont les plus passionnés par ta musique. Quand tu as douze ou treize ans, un concert peut changer ta vie. On a eu de la chance de connaître cette émulation, un peu comme ce fut le cas avec Nirvana, ou The Strokes pour la génération suivante. On espère que la jeunesse va continuer à nous suivre.
Jamie : Quand tu décides de vivre de ta musique, tu signes en quelques sortes un contrat de jeunesse éternelle…
James : Bon, ça peut devenir gênant si tu continues de t'habiller en fluo à soixante ans ! (Rires.) Mais c'est impossible de réussir si tu ne gardes pas ton cœur d'enfant.
Simon : On est allé voir le concert de reformation de Magazine, et on voyait bien qu'ils n'avaient plus la flamme, qu'ils se contentaient d'un certain confort. C'était un peu triste.
Jamie : On va tout faire pour rester créatif et continuer de nous étonner nous mêmes.
CRASH
Simon : JG Ballard, god bless his soul. C'est assez incroyable qu'ils aient passé une de nos chansons lors de sa dernière apparition publique, l'année dernière à Barcelone. Il a eu une influence gigantesque, non seulement sur la littérature, mais aussi sur les arts visuels, la musique, le cinéma. C'est une icône culturelle.
Jamie : Nous ne craignons pas un éventuel crash du groupe, si c'est ce que tu sous-entends sournoisement. (Sourire.) Encore une fois, on essaye de toujours voir le positif dans le négatif. Si on s'effondre, on renaîtra ailleurs comme le Phoenix
Simon : C'était intéressant d'aller dans un endroit comme The Premises pour enregistrer nos démos. Il s'agit du seul studio en Europe, voire dans le monde, qui fonctionne à l'énergie solaire.
Jamie : En tant que groupe, on est devenu conscient de tous les dommages qu'on peut occasionner, ne serait-ce qu'en prenant l'avion en tournée. Le changement passe par de petites choses, des mauvais réflexes qu'on essaye de perdre.
Simon : La démarche de Radiohead nous a pas mal influencés à ce niveau. C'est le groupe le plus “développement durable” qui existe.
2012
James : On s'en rapproche…
Jamie : Non, ça ne me fait pas peur ! (Rires.) Tu sais, même si la destruction du monde tel qu'on le connaît a lieu le 21 décembre 2012, il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Comme je te disais, le pire qui puisse arriver est aussi le meilleur.
Simon : On pensera quand même à vendre des posters apocalyptiques à nos concerts. (Sourire.)
Jamie : On a beaucoup lu sur ce sujet, entendu les différents arguments. Tout le monde sait qu'on fait face à des problèmes climatiques graves. Si cette angoisse de la fin du monde mène les gens à être plus respectueux de l'environnement, et plus respectueux entre eux, la vie sera meilleure pour tous. Si la fin du monde signifie la fin de la misère, de la violence, il n'y a aucune raison de se miner.
James : On passera sans doute nos derniers moments avec l'ultrapositif Ross Robinson ! (Sourire.)
HITS
Simon : On en a eu quelques-uns, et on va essayer d'en avoir encore…
Jamie : Notre deuxième album a été conçu comme une œuvre à part entière. On a apporté un soin particulier à la structure et aux enchaînements. Lorsque le précédent est sorti, on avait déjà deux ou trois hits dans les charts britanniques, on ne prenait donc pas trop de risques. Le challenge est plus grand aujourd'hui, et on doit avoir encore plus foi en notre musique.
James : Parce qu'on veut absolument compter dans le circuit pop mainstream. Ce nouveau disque est plus profond, il comporte plein de détails. La guitare et les synthétiseurs jouent souvent sur les mêmes fréquences avec des sonorités différentes, puis on a ajouté des basses, des infrabasses, plusieurs couches d'harmonies vocales. Toutes ces informations rendent les morceaux plus intéressants. Hier encore, quand on a reçu la version finale du mixage, on a redécouvert des sons, et on a repris du plaisir à écouter notre musique.
HOLLYWOOD IS A VERB
James : Fucking A ! (Rires.)
Simon : Hollywood Is A Verb est un projet auquel James et moi avons participé avant de venir à Londres, et qui a existé pendant un seul concert. Donc… Il n'y a pas grand-chose à en dire.
James : Le nom était sacrément bien trouvé, n’est-ce pas ?
Jamie : Si tu veux parler des États-Unis, c'est clairement un pays de rêve. Tous les groupes anglais veulent avoir du succès là-bas. J'espère que le nouvel album en aura plus que le précédent, c'est l'un de nos principaux objectifs. Des groupes comme Vampire Weekend ou MGMT ont réussi à être numéros 1, donc ça nous semble jouable.
James : Par chance, notre maison de disques aux États-Unis a déménagé dans le centre-ville. C'est positif car ils sont en contact direct avec une culture indie foisonnante.
Jamie : On se sent assez proche de MGMT, avec qui on partage un goût pour le psychédélique. J'ai d'ailleurs partagé une expérience psychédélique avec eux. (Sourire.)
James : Au sens le plus littéral ! (Rires).
UMBRELLA
Jamie : Ah, je vois, tu veux parler du temps qu'il fait en Angleterre ! (Rires.) Je trimballe toujours un grand parapluie noir avec moi… Non, sérieusement, le passage aux Brit Awards avec Rihana a été une expérience incroyable. Juste après le show, on s'est retrouvé avec elle autour d'une table pour une émission de Channel 3. J'étais complètement bourré. Le journaliste me demande : “Alors, comment ça s'est passé ?”, et je réponds : “C'était le meilleur moment de ma vie, mec !” Là, Rihanna me regarde dans les yeux et commence à chanter “Come into me, come into me” !
James : Tu aurais dû voir la réaction des journalistes, c'était du délire !
Jamie : Du coup, après, tout le monde me faisait la gueule. (Rires.)
SEX & DRUGS & ROCK'N'ROLL
Jamie : On n'a jamais été attiré par ce cliché. Selon nous, c'est plus rock'n'roll d'être durable. On ne pense pas qu'un groupe de rock doivent forcément valoriser la stupidité.
James : Je ne sais pas si tu as remarqué, mais depuis quelques années, il n'y a plus rien de cool à être idiot et déjanté. Ce qui est cool, c'est d'être vraiment bon.
Jamie : Oui, c'est un sacré changement. Quand quelque chose devient une norme, tu te rebelles contre la norme. C'est ce qui se passe en ce moment avec cette conception du rock. On préfère être malins, bien jouer, progresser. Mais les drogues et le sexe existent aussi, bien sûr. (Sourire.)
JEUNESSE
Jamie : C'est vrai qu'on avait l'image d'un groupe pour kids à la sortie du premier album. Cela fait déjà trois ans, on a grandi, et notre public aussi. Lorsqu'on a joué en Angleterre le mois dernier, on a retrouvé les gamins qui étaient là à nos débuts. Ils avaient passé quelques examens et changé de vêtements, mais c'était à peu près les mêmes. (Sourire).
James : La jeunesse est un élément vital pour un groupe de pop. Ce sont les jeunes qui te portent, qui sont les plus passionnés par ta musique. Quand tu as douze ou treize ans, un concert peut changer ta vie. On a eu de la chance de connaître cette émulation, un peu comme ce fut le cas avec Nirvana, ou The Strokes pour la génération suivante. On espère que la jeunesse va continuer à nous suivre.
Jamie : Quand tu décides de vivre de ta musique, tu signes en quelques sortes un contrat de jeunesse éternelle…
James : Bon, ça peut devenir gênant si tu continues de t'habiller en fluo à soixante ans ! (Rires.) Mais c'est impossible de réussir si tu ne gardes pas ton cœur d'enfant.
Simon : On est allé voir le concert de reformation de Magazine, et on voyait bien qu'ils n'avaient plus la flamme, qu'ils se contentaient d'un certain confort. C'était un peu triste.
Jamie : On va tout faire pour rester créatif et continuer de nous étonner nous mêmes.
CRASH
Simon : JG Ballard, god bless his soul. C'est assez incroyable qu'ils aient passé une de nos chansons lors de sa dernière apparition publique, l'année dernière à Barcelone. Il a eu une influence gigantesque, non seulement sur la littérature, mais aussi sur les arts visuels, la musique, le cinéma. C'est une icône culturelle.
Jamie : Nous ne craignons pas un éventuel crash du groupe, si c'est ce que tu sous-entends sournoisement. (Sourire.) Encore une fois, on essaye de toujours voir le positif dans le négatif. Si on s'effondre, on renaîtra ailleurs comme le Phoenix