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Compte-rendu live - Festival Clapping Music - 15/03/10 de Karaocake

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Histoire de parachever ses dix années d'activisme discographique, Clapping Music organisait la semaine dernière deux soirées à Paris. Dès mardi soir, à l’International, Reveille, Karaocake et Lauter, trois de ses poulains, ont poussé la chansonnette pour célébrer en famille l'anniversaire du précieux label français. [Compte-rendu par Arnaud Aubry].


« À chaque fois, on se fait avoir. C’est marqué 19h30 sur l’événement Facebook, alors vu qu’on ne veut pas rater le début des concerts, on arrive trop tôt. Du coup, on descend plein de bières en attendant ». Pas faux. Comme Jean-Marc, croisé sur le trottoir, une centaine de personnes se sont réunies ‘un peu trop tôt’ mardi soir pour venir fêter les dix ans de Clapping Music, label français ès indie. Empaqueté dans le caveau de l’International, le public avait l’air ravi de faire sa fête à la maison de disque de Yeti Lane, Clara Clara, Ramona Cordova, et compagnie.

Karaocake entame le bal. Accompagnée de deux garçons enchemisés à la basse et aux synthés, la Française distille une pop synthétique qui rappelle Casiotone For the Painfully Alone, le groupe d'Owen Ashworth que Camille Chambon connaît d’ailleurs fort bien : « CFTPA me plaît beaucoup pour la franchise des paroles et l’amour des synthés. Je le connais bien, j’aime sa démarche, mais il y a une différence primordiale entre nos deux univers : il parle beaucoup dans ses chansons, alors que j’ai plutôt un amour du chant et de la mélodie ». Soignées, méticuleuses, précises, ces chansons sont aussi mélancoliques et peuvent rendre légèrement claustrophobe. « De la pop lo-fi », se contente-t-elle d’affirmer. Avec ses claviers et sa boîte à rythme cheap, Karaocake réussit à ciseler de petits chefs-d’œuvre froids et synthétiques qui risquent de faire du bruit le 2 juin, jour de sortie du premier album Rows And Stitches. Un disque produit par Domotic, qui l’accompagne sur scène depuis l’été dernier. Le disque sera précédé d’un 45 tour et d’un clip à venir d’ici quelques semaines.

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Lauter enchaîne, accompagné ce soir d’un batteur exceptionnel de justesse et de concentration. Le concert débute avec une chanson psychédélique, se poursuit par un blues, avec guitare acoustique et harmonica. Puis surgit un air à la Shannon Wright. Le zig change de style à chaque chanson, tout en parvenant à agencer un univers cohérent. Lauter est un artisan qui façonne des chansons « pouvant découler de la musique folk américaine et du rock froid britannique », d’après sa biographie officielle. Il gravite entre ces deux pans musicaux jusqu'à percer le cœur de ses auditeurs, puisqu’après un début un peu froid, le Strasbourgeois réussira à réchauffer l’atmosphère du caveau parisien.

Enfin, Reveille, le nouveau projet de François Virot, batteur-chanteur de Clara Clara, clôture la soirée. Accompagné de Lisa Duroux au tatapoum, et d’un bassiste « depuis une semaine à peine », Virot frappe cette fois sur une guitare électrique pour partager ses chansons « pop-grunge », comme le néo-trio aime à les définir. Et c’est un peu brouillon, il faut bien l’avouer. La batteuse semble ailleurs, ratant ses roulements, les chansons paraissent parfois à peine finies. Les mélodies sont pourtant là, les idées aussi, mais il y a un goût d’inachevé, de prématuré, qui ternit l’ensemble. Désarçonné, on choisit de voir ce qu’en a pensé le public. Hannah nous confie que « le chanteur a besoin d’être moins timide, plus anarchique, plus punk. Mais à part ça c’était super bien ». Léo est plus circonspect avouant avoir trouvé  « le concert pas mal, mais pas non plus incroyable ». « Pas incroyable », jugement finalement assez aiguisé de Reveille, formation en gestation qui a besoin de s’aguerrir encore, de parfaire ses compositions dans son coin avant de les exposer au public.

Joseph est, lui, sans concession : « J’ai trouvé que c’était nul. Le rythme n’est pas entrainant, les riffs de guitare sont sans intérêts, les lignes de basses sans aspérités ; je ne comprends pas comment les gens peuvent danser ou ressentir la musique sur ça ». Sans être aussi catégorique, Julien avoue qu’il a ressenti des « émotions contradictoires et ambigües. D’un côté, j’ai bien aimé me faire prendre par cette énergie, cette fraicheur ; en même temps je n’ai pas arrêté de me demander si j’étais séduit par la musique ou par le charisme de ce mec ». Éternelle interrogation que de savoir si l’artiste peut être séparé de son œuvre, ou non. On préfèrera en tout cas se remémorer de cette soirée avec la bande-son de Karaocake, qui jouera à Noisy le Sec en compagnie de Meurtre (sic) le 24 avril.
Arnaud J. Aubry

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