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Penses-tu que
l’équation Chromatics + Glass Candy = Desire est valable ?
Oui, c’est sensé. À la différence que Desire est un groupe viscéralement pop, c'est beaucoup plus mélodique que Glass Candy et Chromatics réunis. Desire parle d’amour, et les Chromatics, de la mort. Mais pas dans un sens gothique, plutôt dans celui du temps qui passe, de ce qui nous reste à vivre ensemble. Les chansons de Glass Candy traitent plus du rapport entre l’intime, notre quotidien, et l’environnement extérieur, l’univers.
Comment as-tu rencontré Megan Louise, la chanteuse de Desire ?
Ida et moi étions en tournée, nous organisions une soirée à Montréal, là où Megan habite. Pendant une journée de repos, on a entendu parler d’un groupe qui jouait dans le coin. Nous sommes allés le voir sur scène, et j’ai trouvé la voix de la chanteuse vraiment géniale. C’était Megan. Mais ce soir-là, son chant était très différent de ce qu’elle fait aujourd’hui pour Desire. C’était vachement glam rock ! On a discuté avec elle après ce concert, et c’était drôle parce qu’elle ne connaissait pas Glass Candy, juste quelques chansons des Chromatics sans le savoir. Elle n'avait pas non plus entendu parler d'Italians Do It Better. Elle a vraiment son propre univers, un peu à l’écart de tout ça.
Est-ce que ta manière de travailler change avec Desire ?
La principale différence, c’est que j’ai beaucoup plus de liberté avec la gamme mélodique d’une chanteuse comme Megan. Ruth [ndlr. Radelet, chanteuse des Chromatics] est beaucoup plus limitée. Le son des Chromatics est énorme, il rappelle celui du Velvet. La voix de Ruth est incroyable, mais je n’ai pas autant de possibilités qu’avec Desire, avec qui je peux bricoler plein de ponts mélodiques différents, tester des transitions originales. La voix de Megan a une tonalité tellement parfaite qu’elle n’est pas perturbée par ce qu’elle entend, contrairement à Ida et Ruth qui adaptent leur voix à la musique. Sans doute parce que Megan a été chanteuse de jazz pendant sept ans au sein d’une formation de son bahut.
Est-ce que les paroles françaises de Desire changent ta manière de composer ?
Complètement ! La première fois que j’ai travaillé avec Megan, je n’entravais rien au français, et tout sonnait très bien parce que je ne comprenais rien. Dans Glass Candy, j’ai l’habitude d’adapter ma musique au rythme des paroles d’Ida. En français, le challenge est différent, plus difficile car la langue ne m’est pas familière. Mais ça n’empêchera pas de trouver des morceaux en français sur le prochain album de Desire.
Pourquoi tu ne t’entoures que de femmes superbes ?
Oh, je n’ai pas toujours bossé avec des filles. Pour Chromatics, j’ai travaillé pendant six ans avec un vrai mec ! Le chanteur de Mirage, Julius. J’ai aussi travaillé avec Fred Ventura, et même Twisted Wires, où, là encore, c’est un gars qui chante. Mais c’est vrai que les groupes qui m’attirent le plus sont ceux où l’on entend une voix féminine. C’est important pour moi de m’associer à des chanteuses, surtout dans un monde tellement dominé par les hommes. Musicalement, les intonations féminines ont quelque chose d’unique, un truc instinctif que je ne retrouve pas chez les mâles. Plus il y a de malaises enfouis et de difficultés à surmonter, plus les voix expriment quelque chose. Je ne parle pas des paroles, mais du son de la voix. Les textes d’Ida sont incroyables, mais c’est sa texture vocale qui dégage le plus d’émotions. On peut comparer ça à la batterie : les hommes et les femmes ne jouent pas du tout de la même manière, or, la batterie et la voix sont les éléments les plus instinctifs, les plus primaux de la musique.
Quelles femmes aimerais-tu faire chanter ?
Mmmhhh, disons, Brigitte Bardot et Alicia Keys. Elles n’ont rien en commun, mais leur timbre est chaud, solaire, sans être maniéré pour autant. Tiens, d’ailleurs, Brigitte Bardot et Ida sont nées toutes les deux un 28 septembre ! (Rires). Peut-être que je devrais faire chanter toutes celles qui sont nées ce jour-là ! (ndlr. Précisons à Jojo qu’un autre joyau national est né un 28 septembre : Nolwenn Leroy).
Est-ce que tu n'es pas en train devenir schizophrène avec tous ces projets ?
J’étais schizo à la base, c’est pour ça que j’ai fait tout ça. Je suis gémeaux, c’est le signe des multiples personnalités, des goûts éclatés. Ça se ressent aussi dans mes influences. J’ai d’abord écouté de la noïze, puis des BO, puis de la musique expérimentale. Participer à plusieurs groupes en même temps est essentiel pour moi, même si cet été, je me suis consacré à 100% au nouvel album de Chromatics. J’aurais aimé aussi prendre le temps d’écrire un peu pour Desire et Glass Candy, mais je n’ai pu que prendre quelques notes. Ce nouveau disque des Chromatics me tient très à cœur, le défit étant de ne pas reproduire un deuxième Night Drive. Cet album a connu un tel succès et a été si influent que, pour sa suite, je ne voulais pas tomber dans l’auto-caricature, dans la facilité. Les deux ans et demi qui séparent les deux enregistrements furent nécessaires, histoire de prendre du recul, de marquer une distance. Le nouveau Chromatics sera meilleur, car enrichi par l’expérience Desire. J’ai pu étrenner d’autres ambiances grâce à Natty (ndlr. Nat Walker, batteur de Desire et Chromatics). On a passé beaucoup de temps ensemble. En fait, tous les projets s’influencent positivement et me permettent d’évoluer constamment, de ne pas sombrer dans la redite.
Quelles seraient les trois chansons les plus représentatives du son Johnny Jewel ?
Running Up That Hill de Chromatics. Don’t Call de Desire. Candy Castle de Glass Candy.
As-tu d’autres projets pour l’après-Chromatics ?
Déjà, dès notre retour au bercail, on aura six semaines pour finir d’écrire nos nouvelles compositions : quatre nouveaux morceaux de Glass Candy, quatre autres de Desire, trois de Chromatics, et deux de Mirage. En ce qui concerne les parutions, le calendrier sera très serré : le double LP des Chromatics, l’album de Farah, le maxi de Mirage, l’album de Glass Candy, et pour finir, l’album de Desire. D’ailleurs, quand j’y pense, c’est dingo le nombre de chansons sur lesquelles je bosse en ce moment. 82 morceaux ! Et je sais déjà que 67 d’entre eux seront retenus. C’est juste une question de temps, maintenant.
Oui, c’est sensé. À la différence que Desire est un groupe viscéralement pop, c'est beaucoup plus mélodique que Glass Candy et Chromatics réunis. Desire parle d’amour, et les Chromatics, de la mort. Mais pas dans un sens gothique, plutôt dans celui du temps qui passe, de ce qui nous reste à vivre ensemble. Les chansons de Glass Candy traitent plus du rapport entre l’intime, notre quotidien, et l’environnement extérieur, l’univers.
Comment as-tu rencontré Megan Louise, la chanteuse de Desire ?
Ida et moi étions en tournée, nous organisions une soirée à Montréal, là où Megan habite. Pendant une journée de repos, on a entendu parler d’un groupe qui jouait dans le coin. Nous sommes allés le voir sur scène, et j’ai trouvé la voix de la chanteuse vraiment géniale. C’était Megan. Mais ce soir-là, son chant était très différent de ce qu’elle fait aujourd’hui pour Desire. C’était vachement glam rock ! On a discuté avec elle après ce concert, et c’était drôle parce qu’elle ne connaissait pas Glass Candy, juste quelques chansons des Chromatics sans le savoir. Elle n'avait pas non plus entendu parler d'Italians Do It Better. Elle a vraiment son propre univers, un peu à l’écart de tout ça.
Est-ce que ta manière de travailler change avec Desire ?
La principale différence, c’est que j’ai beaucoup plus de liberté avec la gamme mélodique d’une chanteuse comme Megan. Ruth [ndlr. Radelet, chanteuse des Chromatics] est beaucoup plus limitée. Le son des Chromatics est énorme, il rappelle celui du Velvet. La voix de Ruth est incroyable, mais je n’ai pas autant de possibilités qu’avec Desire, avec qui je peux bricoler plein de ponts mélodiques différents, tester des transitions originales. La voix de Megan a une tonalité tellement parfaite qu’elle n’est pas perturbée par ce qu’elle entend, contrairement à Ida et Ruth qui adaptent leur voix à la musique. Sans doute parce que Megan a été chanteuse de jazz pendant sept ans au sein d’une formation de son bahut.
Est-ce que les paroles françaises de Desire changent ta manière de composer ?
Complètement ! La première fois que j’ai travaillé avec Megan, je n’entravais rien au français, et tout sonnait très bien parce que je ne comprenais rien. Dans Glass Candy, j’ai l’habitude d’adapter ma musique au rythme des paroles d’Ida. En français, le challenge est différent, plus difficile car la langue ne m’est pas familière. Mais ça n’empêchera pas de trouver des morceaux en français sur le prochain album de Desire.
Pourquoi tu ne t’entoures que de femmes superbes ?
Oh, je n’ai pas toujours bossé avec des filles. Pour Chromatics, j’ai travaillé pendant six ans avec un vrai mec ! Le chanteur de Mirage, Julius. J’ai aussi travaillé avec Fred Ventura, et même Twisted Wires, où, là encore, c’est un gars qui chante. Mais c’est vrai que les groupes qui m’attirent le plus sont ceux où l’on entend une voix féminine. C’est important pour moi de m’associer à des chanteuses, surtout dans un monde tellement dominé par les hommes. Musicalement, les intonations féminines ont quelque chose d’unique, un truc instinctif que je ne retrouve pas chez les mâles. Plus il y a de malaises enfouis et de difficultés à surmonter, plus les voix expriment quelque chose. Je ne parle pas des paroles, mais du son de la voix. Les textes d’Ida sont incroyables, mais c’est sa texture vocale qui dégage le plus d’émotions. On peut comparer ça à la batterie : les hommes et les femmes ne jouent pas du tout de la même manière, or, la batterie et la voix sont les éléments les plus instinctifs, les plus primaux de la musique.
Quelles femmes aimerais-tu faire chanter ?
Mmmhhh, disons, Brigitte Bardot et Alicia Keys. Elles n’ont rien en commun, mais leur timbre est chaud, solaire, sans être maniéré pour autant. Tiens, d’ailleurs, Brigitte Bardot et Ida sont nées toutes les deux un 28 septembre ! (Rires). Peut-être que je devrais faire chanter toutes celles qui sont nées ce jour-là ! (ndlr. Précisons à Jojo qu’un autre joyau national est né un 28 septembre : Nolwenn Leroy).
Est-ce que tu n'es pas en train devenir schizophrène avec tous ces projets ?
J’étais schizo à la base, c’est pour ça que j’ai fait tout ça. Je suis gémeaux, c’est le signe des multiples personnalités, des goûts éclatés. Ça se ressent aussi dans mes influences. J’ai d’abord écouté de la noïze, puis des BO, puis de la musique expérimentale. Participer à plusieurs groupes en même temps est essentiel pour moi, même si cet été, je me suis consacré à 100% au nouvel album de Chromatics. J’aurais aimé aussi prendre le temps d’écrire un peu pour Desire et Glass Candy, mais je n’ai pu que prendre quelques notes. Ce nouveau disque des Chromatics me tient très à cœur, le défit étant de ne pas reproduire un deuxième Night Drive. Cet album a connu un tel succès et a été si influent que, pour sa suite, je ne voulais pas tomber dans l’auto-caricature, dans la facilité. Les deux ans et demi qui séparent les deux enregistrements furent nécessaires, histoire de prendre du recul, de marquer une distance. Le nouveau Chromatics sera meilleur, car enrichi par l’expérience Desire. J’ai pu étrenner d’autres ambiances grâce à Natty (ndlr. Nat Walker, batteur de Desire et Chromatics). On a passé beaucoup de temps ensemble. En fait, tous les projets s’influencent positivement et me permettent d’évoluer constamment, de ne pas sombrer dans la redite.
Quelles seraient les trois chansons les plus représentatives du son Johnny Jewel ?
Running Up That Hill de Chromatics. Don’t Call de Desire. Candy Castle de Glass Candy.
As-tu d’autres projets pour l’après-Chromatics ?
Déjà, dès notre retour au bercail, on aura six semaines pour finir d’écrire nos nouvelles compositions : quatre nouveaux morceaux de Glass Candy, quatre autres de Desire, trois de Chromatics, et deux de Mirage. En ce qui concerne les parutions, le calendrier sera très serré : le double LP des Chromatics, l’album de Farah, le maxi de Mirage, l’album de Glass Candy, et pour finir, l’album de Desire. D’ailleurs, quand j’y pense, c’est dingo le nombre de chansons sur lesquelles je bosse en ce moment. 82 morceaux ! Et je sais déjà que 67 d’entre eux seront retenus. C’est juste une question de temps, maintenant.