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La nostalgie Echo And The Bunnymen a décidément de bien beaux jours devant elle. Le 19 janvier, le groupe a profité de son escale parisienne pour rejouer sur la scène du Bataclan l’intégralité ses deux premiers albums, Crocodiles (1980) et Heaven Up Here (1981). À la fois influencée par un psychédélisme nébuleux et par les sonorités tranchantes et anguleuses des guitares typiquement new-wave, cette double entrée en matière tonitruante du quatuor de Liverpool doit encore une grande partie de ses qualités éternelles aux saillies fulgurantes du guitariste Will Sergeant et surtout aux psalmodies inspirées du génial Ian McCulloch. Précédé de la mystérieuse mention “please, listen in the dark, Crocodiles marque d’emblée par l’énergie juvénile du groupe et par les mélodies claires-obscures d’une poignée de tubes inoubliables (Rescue, Villiers Terrace). Moins immédiatement séduisant mais sans doute plus profondément intemporel, son successeur est imprégné de tonalités plus expérimentales (All My Colors) et résolument audacieuses.

À en croire le chanteur joint en décembre, “il s’est en réalité écoulé très peu de temps entre l’enregistrement de notre premier single, Pictures On My Wall (1979), et celui du second LP. Tous les morceaux ont été écrits à peu près à la même période et possèdent donc une certaine cohérence. Ce genre de concerts est vraiment très agréable à faire. Sur les dates de la tournée aux États-Unis, j’ai vraiment eu la sensation de voyager trente ans en arrière. Cela nous a aussi permis de redécouvrir plusieurs chansons qui ne faisaient pas forcément partie de notre set-list depuis très longtemps. Je crois bien que nous n’avions plus interprété A Promise ou Stars Are Stars depuis la fin des années 80. Du coup, il a fallu les réapprendre complètement et inventer de nouveaux arrangements”. Alors gros coup de vieux ou cure de jouvence salutaire ? Voici quelques clichés (galerie complète) et des vidéos pour caler l'ambiance de ce jeudi noir.

