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Les mots manquent pour décrire une
rencontre avec Richard Fearless. Élégant, sensible, réfléchi, il désarme
surtout par son accessibilité, cette modestie de passionné pour qui la création
reste avant tout un apprentissage. De retour seul aux commandes de Death In
Vegas après sept années marquées par les épreuves et les défis personnels, il
évoque sans faux-semblants une carrière remarquable, qui prend un nouveau
départ avec Trans-Love Energies. [Interview Michaël Patin].
Dead Elvis (1997)
Dead Elvis était le nom du groupe au départ, mais il y avait un label de punk irlandais qui s'appelait aussi comme ça, alors on a dû changer. À cette époque, j'étais encore à l'université et je passais la plupart de mon temps libre dans les clubs. J'ai commencé à travailler comme DJ et à faire des remixes en studio après les cours. Un jour, j'ai eu l'opportunité d'enregistrer un morceau pour moi, Opium Shuffle. Il est paru dans la foulée et a rencontré un certain succès, et j'ai obtenu un deal pour cinq albums, sur la promesse de ce seul titre ! C'était un peu dingue d'être signé alors que j'étais encore étudiant et que je ne me considérais pas comme un musicien. Ce premier enregistrement a été difficile parce que je ne m'entendais pas bien avec mon collaborateur, Steve Hellier, un type bizarre… Dead Elvis est un album de DJ, construit principalement à partir de samples. Il mélange beaucoup d'influences assez originales pour l'époque. J'ai un peu du mal à le réécouter aujourd'hui. Il y a de bonnes choses, comme la pochette que j'ai réalisée sur le mur d'un squat. Mes pochoirs s'y trouvent toujours, quelqu'un m'a envoyé récemment une photo.
J'ai découvert beaucoup de trucs sur moi-même et ça m'a permis de savoir ce que je voulais faire avec le disque suivant. Dead Elvis a été très bien reçu, surtout aux États-Unis, où c'est resté notre plus gros succès. C'est la seule fois où nous sommes parus sur un label indépendant là-bas, le passage en major a été une mauvaise décision. Comment j'ai géré ce changement de statut ? Ça m'a surtout donné les moyens de contrôler ce que je faisais et avec qui. J'avais réalisé plus d'une trentaine de remixes avec cet ingénieur de studio, Tim Holmes, qui m'avait rejoint pendant les sessions. Je lui ai dit : “Écoute, j'ai de l'argent que je veux investir dans un studio et du matériel, et j'aimerais que tu travailles pour moi”. Je lui ai proposé d'être crédité comme coauteur et on s'est mis à travailler sur The Contino Sessions, immédiatement après la parution de Dead Elvis.
The Contino Sessions (1999)
J'ai vécu cet enregistrement comme une libération parce que je n'étais plus obligé de travailler avec Steve, avec qui je passais mon temps à me disputer. Cet album est plus représentatif de qui j'étais et de ce que j'aimais vraiment, notamment les groupes industriels comme Throbbing Gristle. On a passé d'excellents moments en studio, dans une ambiance plutôt brumeuse à cause de toute l'herbe qu'on fumait. (Sourire.) Je n'ai pas dépensé des sommes délirantes, mais j'avais plus de confort, je pouvais passer du temps à imaginer la forme de la salle, ce genre de choses… La musique est devenue un métier, et un métier très agréable. Tous les artistes auxquels j'ai proposés des participations vocales étaient enthousiasmés par le projet Death In Vegas. J'ai ainsi envoyé une lettre à Iggy Pop avec une démo et des références à des enregistrements obscurs. Il m'a répondu par lettre aussi, d'ailleurs je l'ai toujours, on en a reparlé récemment. (Sourire.)
Je crois que c'est le premier à être monté à bord, on a enregistré la chanson Aisha à New York, aux Electric Lady Studios, c'était assez surréaliste. Puis il y a eu Jim Reed, Bobby Gillespie… Et Dot Allison, avec qui je sortais à l'époque. Chaque collaboration était différente. J'étais un grand fan de The Jesus And Mary Chain, et rencontrer Jim m'a rendu beaucoup plus nerveux que de côtoyer Iggy. Bobby était déjà un ami, j'avais fait deux tournées avec Primal Scream en tant que DJ. Je lui ai donné un instrumental et il ne m'en a pas reparlé pendant au moins deux mois, je pensais qu'il ne l'aimait pas. Puis un jour, alors qu'on était un peu défoncés, il s'est mis à susurrer une chanson dans mon oreille… Je me suis rendu compte que c'étaient les paroles qu'il avait écrites, il avait travaillé dessus pendant tout ce temps ! (Sourire.) On ne s'est rien interdit sur cet album, on a laissé libre cours à nos ambitions. Les retours critiques ont été très bons et on a tourné intensivement.
Dead Elvis (1997)
Dead Elvis était le nom du groupe au départ, mais il y avait un label de punk irlandais qui s'appelait aussi comme ça, alors on a dû changer. À cette époque, j'étais encore à l'université et je passais la plupart de mon temps libre dans les clubs. J'ai commencé à travailler comme DJ et à faire des remixes en studio après les cours. Un jour, j'ai eu l'opportunité d'enregistrer un morceau pour moi, Opium Shuffle. Il est paru dans la foulée et a rencontré un certain succès, et j'ai obtenu un deal pour cinq albums, sur la promesse de ce seul titre ! C'était un peu dingue d'être signé alors que j'étais encore étudiant et que je ne me considérais pas comme un musicien. Ce premier enregistrement a été difficile parce que je ne m'entendais pas bien avec mon collaborateur, Steve Hellier, un type bizarre… Dead Elvis est un album de DJ, construit principalement à partir de samples. Il mélange beaucoup d'influences assez originales pour l'époque. J'ai un peu du mal à le réécouter aujourd'hui. Il y a de bonnes choses, comme la pochette que j'ai réalisée sur le mur d'un squat. Mes pochoirs s'y trouvent toujours, quelqu'un m'a envoyé récemment une photo.
J'ai découvert beaucoup de trucs sur moi-même et ça m'a permis de savoir ce que je voulais faire avec le disque suivant. Dead Elvis a été très bien reçu, surtout aux États-Unis, où c'est resté notre plus gros succès. C'est la seule fois où nous sommes parus sur un label indépendant là-bas, le passage en major a été une mauvaise décision. Comment j'ai géré ce changement de statut ? Ça m'a surtout donné les moyens de contrôler ce que je faisais et avec qui. J'avais réalisé plus d'une trentaine de remixes avec cet ingénieur de studio, Tim Holmes, qui m'avait rejoint pendant les sessions. Je lui ai dit : “Écoute, j'ai de l'argent que je veux investir dans un studio et du matériel, et j'aimerais que tu travailles pour moi”. Je lui ai proposé d'être crédité comme coauteur et on s'est mis à travailler sur The Contino Sessions, immédiatement après la parution de Dead Elvis.
The Contino Sessions (1999)
J'ai vécu cet enregistrement comme une libération parce que je n'étais plus obligé de travailler avec Steve, avec qui je passais mon temps à me disputer. Cet album est plus représentatif de qui j'étais et de ce que j'aimais vraiment, notamment les groupes industriels comme Throbbing Gristle. On a passé d'excellents moments en studio, dans une ambiance plutôt brumeuse à cause de toute l'herbe qu'on fumait. (Sourire.) Je n'ai pas dépensé des sommes délirantes, mais j'avais plus de confort, je pouvais passer du temps à imaginer la forme de la salle, ce genre de choses… La musique est devenue un métier, et un métier très agréable. Tous les artistes auxquels j'ai proposés des participations vocales étaient enthousiasmés par le projet Death In Vegas. J'ai ainsi envoyé une lettre à Iggy Pop avec une démo et des références à des enregistrements obscurs. Il m'a répondu par lettre aussi, d'ailleurs je l'ai toujours, on en a reparlé récemment. (Sourire.)
Je crois que c'est le premier à être monté à bord, on a enregistré la chanson Aisha à New York, aux Electric Lady Studios, c'était assez surréaliste. Puis il y a eu Jim Reed, Bobby Gillespie… Et Dot Allison, avec qui je sortais à l'époque. Chaque collaboration était différente. J'étais un grand fan de The Jesus And Mary Chain, et rencontrer Jim m'a rendu beaucoup plus nerveux que de côtoyer Iggy. Bobby était déjà un ami, j'avais fait deux tournées avec Primal Scream en tant que DJ. Je lui ai donné un instrumental et il ne m'en a pas reparlé pendant au moins deux mois, je pensais qu'il ne l'aimait pas. Puis un jour, alors qu'on était un peu défoncés, il s'est mis à susurrer une chanson dans mon oreille… Je me suis rendu compte que c'étaient les paroles qu'il avait écrites, il avait travaillé dessus pendant tout ce temps ! (Sourire.) On ne s'est rien interdit sur cet album, on a laissé libre cours à nos ambitions. Les retours critiques ont été très bons et on a tourné intensivement.