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Blind-test - 09/02/12 de We Have Band

interviews
Accueillants, dynamiques et plus malins que la majorité de leurs collègues obsédés par la pop et la dance des 80's, les trois membres de We Have Band ressemblent beaucoup à leur deuxième album, le bienvenu Ternion. Revue d'influences et de correspondances avec ce “bizarre love triangle” – Dede la fille, Thomas et Darren les garçons – sur un matelas de l'Hôtel Amour. [Interview Michael Patin].

NEW ORDER - Bizarre Love Triangle

Dede :
New Order… C'est Faith ? Ah non !
Thomas : C'est un bon choix pour commencer car les gens citent tout le temps New Order à notre propos. Peut-être parce que nous utilisons certains synthétiseurs et des boîtes à rythmes… Mais ce sont simplement les outils que nous possédions au départ. Si nous avions eu plus d'argent, nous sonnerions sans doute différemment. Ceci dit, j'aime bien la voix de Bernard Sumner.
Darren : Nous ne pouvons pas citer New Order parmi nos références, car nous n’avons jamais vraiment écouté ce groupe. En revanche, tu as fait fort en choisissant le titre, c'est vrai que nous formons un “bizarre love triangle” ! (Sourire.)
Thomas : Un couple marié et un troisième larron, qui s'aiment de différentes façons.
Darren : De différentes façons bizarres. (Rires.)

SEX PISTOLS - E.M.I.

T :
Dede et moi nous sommes rencontrés lorsque nous travaillions chez EMI. Un jour, mon boss m'a emmené à Los Angeles pour voir John Lydon et discuter des rééditions de vinyles et notamment d'une “reggae box set” à laquelle il était plus ou moins attaché. (Sourire.) La réunion a duré une heure et demie et a coûté très cher rien qu'en billets d'avion, pour finalement n'aboutir à rien… Une bonne illustration de ce qui déconne dans l'industrie musicale. Aujourd'hui encore, ils ont des centaines d'employés, installés dans d'immenses bâtiments, alors que les disques ne se vendent plus.
Da : Nous n’avons absolument rien à voir avec cet univers. Nous nous occupons de tout nous-mêmes, de façon indépendante. On ne risque pas de jeter l'argent par les fenêtres !

!!! - All My Heroes Are Weirdos

T :
Nous aimons beaucoup les groupes de “New York noise” comme ESG ou Liquid Liquid. !!! et The Rapture s'en sont aussi largement inspiré. Cette instantanéité continue de parler à notre génération, tout comme cette manière de chanter très frontale. Rien à voir avec les grosses productions pop rock.
De : Sur nos disques, nous chantons tous les trois à parts égales. Nous faisons chacun des propositions et celui qui est le plus convaincant donne le ton.
Da : Les textes sont devenus plus personnels sur ce nouvel album. Comme nous sommes de très bons amis et que nous partageons tout, il n'est pas difficile de dévoiler des histoires intimes. Nous nous encourageons mutuellement à exploiter nos idées respectives. Je suis fier de ce mode de fonctionnement.

DEPECHE MODE - People Are People


De :
Ne nous dis rien surtout…
T : (Dès que le chant commence.) Depeche Mode, bien sûr. Ce morceau est produit par Gareth Jones, qui a travaillé sur notre premier album WHB (2010). Nous avions déjà des démos abouties, qui sonnaient bien. Le résultat final n'est donc pas très éloigné de celles-ci. Mais il a eu quelques bonnes idées d'arrangements.
De : C'est quelqu'un qui a l'esprit pratique, et qui nous a fait bénéficié de sa grande expérience quand nous en avions besoin.
T : Il est aussi un peu excentrique par moments, mais qui ne l'est pas ?

MICACHU & THE SHAPES - Curly Teeth

Da :
(Immédiatement.) Micachu ! Tu aurais dû amener un buzzer pour jouer. (Rires.)
T : Nous avons fait nos premières armes sur scène en même temps que The Shapes.
De : Il y a d'abord eu une soirée commune à Camden, puis les Rencontres Trans Musicales qu'on a adorées, puis l'Australie, puis une tournée en Grande-Bretagne…
Da : Marc, le batteur des Shapes, joue désormais avec nous sur scène. Il nous a aussi beaucoup aidés sur Ternion en réinterprétant toutes les parties de batterie. Ça participe au dynamisme des chansons.
T : On adore Micachu, mais elle est très occupée par ses propres projets. Marc, lui, est devenu un membre de la famille.

SPIDER & THE FLIES - Metallurge

T :
Aucune idée. Spider & The Flies ? J'avais entendu ce nom, mais je ne savais pas qu'il s'agissait du projet parallèle de Rhys Webb et Tom Cowan de The Horrors.
Da : C’est bien, ça change. Nous avons apprécié Skying (2011) de The Horrors, mais avant cela, j'avoue les avoir volontairement ignorés. (Sourire.)
T : Nous avons récemment enregistré une reprise de Still Life (ndlr. un morceau de Skying), juste pour le plaisir. Personne ne nous l'avait demandé. Ça fait parler de nous et ça prend très peu de temps. J'aime faire les choses spontanément lorsque c'est possible, sans tergiverser sur les détails.

ESG - You're No Good

Da :
Tu es sûr que le message du titre ne nous est pas destiné ? (Rires.)
T : Ce disque est vraiment extraordinaire, on ne peut pas s'en lasser.
De : Voilà une chanson parfaite pour faire la cuisine !
Da : On ne fait plus référence à ESG sur le nouvel album…
De : Mais quand ça passe dans un bar, comme l'autre jour au bord du canal Saint-Martin, nous sommes toujours prêts à danser.

BLACK STROBE - Me & Madonna (The Twelves Remix)

T :
Cela me semble assez oldschool… C'est paru chez Kitsuné ?
Da : Kitsuné nous avait fait jouer pour la première fois en France, à la Maroquinerie, en février 2009.
De : C’est aussi le premier label à avoir publié l'une de nos chansons sur la compilation Maison 6.
T : Nous savions ce qu'il avait fait pour Foals, La Roux, Bloc Party… Il n'y a pas vraiment d'équivalent pour obtenir de la visibilité en France et en Europe. C'est considéré comme une valeur sûre en Grande-Bretagne, pas juste un label branché.

FOALS - Try This On Your Piano

Da :
Ah, Foals… Je suis allé voir The Noisettes à leurs débuts, quand ils étaient encore punk. Foals assurait la première partie et dégageait une énergie math rock impressionnante.
T : Nous avons surtout décidé de travailler avec Luke Smith parce que nous adorions son groupe Clor. Et comme il a ensuite produit Foals, ça ne pouvait être qu'un bon choix.
Da : Luke est un vrai créateur sonore et s'est investi à fond dans le projet, nous avons passé des journées entières en sa compagnie. En studio, l'une de ses grandes phrases est : “Cette prise est réussie, on en fait une autre !” (Sourire.)

JAMES MURPHY - If You Need A Friend

De :
(Personne ne trouve.) Pourtant, nous avons regardé ce film ensemble.
T : C'était mignon, très indie. (Sourire.) J'adorerais travailler avec James Murphy, mais je ne crois pas qu'il soit très disponible. J'ai eu l'occasion de le saluer au festival Calvi On The Rocks. Il s'est montré très poli.
Da : Je crois qu'il était à Londres récemment… Mais que fait-il ? (Sourire.)
T : Il paraît qu'il veut consacrer plus de temps à la production. Je sais que nous avons un ami en commun, ce serait donc assez facile de le contacter. Il n'y a qu'un degré de séparation entre nous.
De : Qu'est-ce qu'on attend ?
Da : Pour parler franchement, il était déjà dans notre short-list pour Ternion, mais Luke a réagi le premier et on n'a pas réussi à s'en débarrasser. (Sourire.)

Michaël Patin
MAGIC RPM  #159

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