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C'est le début de la fin. Après les compte-rendus des deuxième et troisième jours de la Route du Rock, voici le résumé écrit et photographié de la soirée qui lança l'événement malouin. Ce qui restera pour une bonne partie des spectateurs comme la nuit la plus marquante de l'édition 2010. Rendez-vous dans trois mois pour notre avis sur Rock en Seine. {Texte et photos Fabien Le Gourrierec}.
De mémoire malouine, on avait rarement vu une affiche aussi peu alléchante. Entre les offensives antédiluviennes de Massive Attack et les moulinages pré-pubères de Two Door Cinema Club, les trois soirées dans l’enceinte du Fort de Saint-Père s’annonçaient riches en levages de coudes et en ingurgitations/régurgitations de galettes-saucisses, histoire de squeezer l'ennui. D’autant plus que la tripotée de concerts post-prandiaux habituellement programmés au Palais Du Grand Large s’étaient sérieusement amoindrie depuis l’année dernière. L'enceinte théâtrale qui cristallisait l’âme défricheuse du festival malouin (on se souvient encore de la prestation tourneboulante de The Dodos il y a deux ans ou de la faille spatiotemporelle ouverte l’an dernier pas Forest Fire) n’affiche cette année que deux malheureux (au sens propre) concerts. Alors forcément, l’enthousiasme laissait place au doute pour la vingtième édition d’un festival dont la flamme a failli s’éteindre à maintes reprises, avec une passion tenace en guise d'éternel rallume-feu.
Après les habituelles erreurs de synchronisation véhiculée et doté d'un état alcoolique sérieusement avancé pour l’un d’entre nous (un moustachu, pour vous donner une idée), la plage parait l’endroit idoine pour planter ses espadrilles et laisser le goujon s’épanouir. La main déployée et vissée sur le front, on peut entrevoir deux silhouettes strasbourgeoises au milieu des rayonnements qui inondent la scène. Sous le chapiteau, Little Red Lauter déroule une performance pépère. Habités par une acoustique maîtrisée qui mêle grattements à l’air libre et voix accidentées, Claire Deribeux et Boris Kohlmayer contemplent leur petit monde et ravissent les esgourdes de ceux qui ont eu la bonne idée de se pointer sur le sable.


Le timing très serré entre les concerts se situant sur la plage et ceux du Fort, additionné à un montage de tente effectué dans la sueur et les larmes, ont raison du potin grésillant des Dum Dum Girls qui inaugure la soirée du vendredi. D’après l’homme accoudé au comptoir répondant au doux nom de José, les vampes Californiennes lui ont à peine filé une demi-molle. Il va même jusqu’à qualifier ce concert de barbant, confirmant l'impression laissée par les Californiennes scolaires au Point Éphémère de Paris il y a quelques semaines. Le bon José doit donc détenir une partie de la vérité.
Cette même vérité est distillée un quart d’heure plus tard, quand Owen Pallett commence ses agissements soniques. Ceux qui pensent voir débarquer l’orchestre philharmonique de Prague et les chœurs de l’armée rouge paraissent d'abord un peu perplexes sur la capacité du lutin canadien à reproduire seul la richesse instrumentale d’Heartland. Le violon comme principal instrument et la pédale de loop en guise de matrice sonore, Owen Pallett démantèle l’incertitude initiale qui laisse place, sous un ciel encore clément, à des sourires béats d’admiration.


La virtuosité du petit bonhomme foisonne dans tous les sens pour générer un fascinant magma de cordes, bientôt rejoint par les tatapoums et les arpèges de Thomas Gill. Ils feignent la tranquillité avant d’attaquer la foule de front. On avait déjà vu Andrew Bird mythifier le Saint-Père avec cette même maîtrise instrumentale l’an dernier, mais la performance désossée du Canadien paraît plus immédiate et esquintée. L’ascension se terminera par une reprise cyclonique d’Odessa en clin d’œil à son compatriote Caribou, aussi présent ce soir-là. La pénombre chasse les derniers rayons de soleil et les étoiles commencent à tomber.

De mémoire malouine, on avait rarement vu une affiche aussi peu alléchante. Entre les offensives antédiluviennes de Massive Attack et les moulinages pré-pubères de Two Door Cinema Club, les trois soirées dans l’enceinte du Fort de Saint-Père s’annonçaient riches en levages de coudes et en ingurgitations/régurgitations de galettes-saucisses, histoire de squeezer l'ennui. D’autant plus que la tripotée de concerts post-prandiaux habituellement programmés au Palais Du Grand Large s’étaient sérieusement amoindrie depuis l’année dernière. L'enceinte théâtrale qui cristallisait l’âme défricheuse du festival malouin (on se souvient encore de la prestation tourneboulante de The Dodos il y a deux ans ou de la faille spatiotemporelle ouverte l’an dernier pas Forest Fire) n’affiche cette année que deux malheureux (au sens propre) concerts. Alors forcément, l’enthousiasme laissait place au doute pour la vingtième édition d’un festival dont la flamme a failli s’éteindre à maintes reprises, avec une passion tenace en guise d'éternel rallume-feu.
Après les habituelles erreurs de synchronisation véhiculée et doté d'un état alcoolique sérieusement avancé pour l’un d’entre nous (un moustachu, pour vous donner une idée), la plage parait l’endroit idoine pour planter ses espadrilles et laisser le goujon s’épanouir. La main déployée et vissée sur le front, on peut entrevoir deux silhouettes strasbourgeoises au milieu des rayonnements qui inondent la scène. Sous le chapiteau, Little Red Lauter déroule une performance pépère. Habités par une acoustique maîtrisée qui mêle grattements à l’air libre et voix accidentées, Claire Deribeux et Boris Kohlmayer contemplent leur petit monde et ravissent les esgourdes de ceux qui ont eu la bonne idée de se pointer sur le sable.


Le timing très serré entre les concerts se situant sur la plage et ceux du Fort, additionné à un montage de tente effectué dans la sueur et les larmes, ont raison du potin grésillant des Dum Dum Girls qui inaugure la soirée du vendredi. D’après l’homme accoudé au comptoir répondant au doux nom de José, les vampes Californiennes lui ont à peine filé une demi-molle. Il va même jusqu’à qualifier ce concert de barbant, confirmant l'impression laissée par les Californiennes scolaires au Point Éphémère de Paris il y a quelques semaines. Le bon José doit donc détenir une partie de la vérité.
Cette même vérité est distillée un quart d’heure plus tard, quand Owen Pallett commence ses agissements soniques. Ceux qui pensent voir débarquer l’orchestre philharmonique de Prague et les chœurs de l’armée rouge paraissent d'abord un peu perplexes sur la capacité du lutin canadien à reproduire seul la richesse instrumentale d’Heartland. Le violon comme principal instrument et la pédale de loop en guise de matrice sonore, Owen Pallett démantèle l’incertitude initiale qui laisse place, sous un ciel encore clément, à des sourires béats d’admiration.


La virtuosité du petit bonhomme foisonne dans tous les sens pour générer un fascinant magma de cordes, bientôt rejoint par les tatapoums et les arpèges de Thomas Gill. Ils feignent la tranquillité avant d’attaquer la foule de front. On avait déjà vu Andrew Bird mythifier le Saint-Père avec cette même maîtrise instrumentale l’an dernier, mais la performance désossée du Canadien paraît plus immédiate et esquintée. L’ascension se terminera par une reprise cyclonique d’Odessa en clin d’œil à son compatriote Caribou, aussi présent ce soir-là. La pénombre chasse les derniers rayons de soleil et les étoiles commencent à tomber.
