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La Route du Rock - jour 1 de Caribou

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Le set de Yann Tiersen inaugure ensuite l’entrée dans une autre dimension. Là où le chuchen coule à flots. Là où les binious diaboliques résonnent dans l’air et vous frappent de plein fouet. Accompagné de Josh T. Pearson (qui tentera de gratter son bout de bois en haut du Fort le dimanche soir avant que Wayne Coyne ne se racle la gorge), Matt Elliott, Laetitia Sheriff et d’une palanquée d’autres musiciens qui tripotent des cordes ou se gargarisent le larynx, Yann Tiersen  est venu prophétiser son prochain album Dust Lane. Une sorte de brezhoneg-shoegaze tonne pendant près de deux heures dans l’enceinte d’un site prenant peu à peu des allures d’un champ de bataille. À partir de ce moment-là, les portes de l’autre dimension resteront ouvertes pour le reste du séjour malouin.

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Preuve que le train pour l’ailleurs ne reste jamais longtemps à quai, les Black Angels déboulent prestement pour emballer la machine humaine et faire sauter les derniers verrous de la sobriété. Un assaut supersonique dantesque, où le bateleur Alex Maas s’égosille comme un vieux fou tout en agitant lestement son tambourin pendant que les autres cinglés, postés derrière lui, harmonisent des grandeurs lysergiques. Des rêves phosphéniques qui contrastent avec les singeries éprouvantes des Liars, idéales pour se restaurer avant l’épreuve terminale.

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A cette heure tardive, les derniers survivants ont les jambes en compote, l’afflux sanguin affiche un taux d’alcool stratosphérique et les oreilles commencent à siffler. Les Dj’s prolongent l’illusion avant que Dan Snaith ne déglingue la forteresse une bonne fois pour toute. Les beats s’accouplent avec les samples et le Caribou entame son chant. Dan Snaith organise la troupe qui disperse ses arabesques synthétiques dans l’air ambiant, les pieds s’agitent et des milliers de mains semblent brasser la voûte céleste.

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La bête à six paluches se déplace de plus en plus vite et les battements d’os déterminent les manœuvres à entamer. Une course de fond sur un dancefloor géant. Les mots « impressionnant », « claque » et « putain » sont articulés unanimement. Sur le chemin du retour, les premières gouttes font leur apparition. Demain est un autre jour.
Fabien Le Gourrierec

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