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Live à New York – 24/07/10 de Ariel Pink

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Alors que le Midi Festival vient à peine de se terminer, quelques intrépides journalistes de magic sautent sans attendre dans leur vaisseau spatial pour assister au concert d’Ariel Pink au Irving Plaza de New York City. Bravant les interdits, repoussant les limites du corps humain, ces têtes brûlées tentent, immergées dans cet environnement d’un exotisme décapant, de répondre à une question essentielle : d’où vient cette pratique culturelle étonnante qui pousse presque TOUS les Américains à mettre des sandales ?

Comme dans un film américain des années 50, le nom de la vedette du show de ce soir est inscrit en lettres détachables sur le frontispice de la salle de concert. Irving Plaza, un endroit pouvant accueillir 1 200 personnes, un balcon pour les VIP, 7 dollars la pinte.  La vedette en question, c’est Ariel Pink. Mais on vient surtout pour voir une des nouvelles sensations pop et les perdreaux de l’année : Magic Kids. Alors que ces derniers s’accordent, un écran géant diffuse les images solarisées d’un vieux film, le nouveau single de Panda Bear résonnant dans la sono. Détendus, les autochtones sirotent une Brooklyn Lager, filles et garçons arborant fièrement leurs doigts de pieds à la face du monde.

L’écran géant se lève, le concert commence.

Les Magic Kids sont six sur scène, dont une fille au violon (mais le saxo était absent cette fois là). Dans un monde où la jeunesse est la plus précieuse des richesses, ces gamins pourraient bien tirer leur épingle du jeu. Entre les poseurs glam de Smiths Westerns et les éthérés (balearic ?) Memoryhouse, il y a de la place pour ces magiciens de la chose pop. Leur musique ressemble à s’y méprendre à un mélange entre les Beach Boys et Belle And Sebastian (période Dear Catastrophic Waitress). Des chœurs et des onomatopées, de l’énergie à revendre. C’est frais, c’est sautillant, c’est bien joué – et même les voix sont justes. Leurs chansons font mouche à chaque fois : Hey Boy ou encore Superball, leurs deux premiers singles qui traînent sur les blogs depuis quelques mois, sont des tubes. Un point c’est tout.

Les Magic Kids ne semblent pas encore tout à fait habitués à une telle foule : le chanteur observe ces petits camarades, se tournent très souvent vers le claviériste, une espèce de petit génie du piano souffrant apparemment d’un handicap important. Le guitariste scrute, lui, la salle avec défi, comme hypnotisé par les lumières. Ces morveux là ont le pouvoir magique de donner le sourire à une foule entière. Une foule fendue justement par le batteur des Smiths Westerns, arborant un tee-Shirt Kellog’s et en essayant de rester incognito. Personne, de toute façon, ne semble le reconnaître… Il est sûrement venu encourager les jeunots avec lesquels son groupe a sorti un split 45 tours, sur  Fat Possum.


[PAUSE]

DSC06332-1.jpg picture by roman67
©Elvire Camus

Ariel et ses sbires arrivent sur scène, accompagnés d’une espèce de vieux fou à barbe blanche, qui passera l’intégralité du concert à jouer du tambourin et à se rouler par terre. Après le morceau introductif, sorte de pitrerie saugrenue pour saxophoniste en herbe, le vrai concert commence. Les chansons interprétées ce soir-là sont à peu près les mêmes que celle jouées à Paris il y a un gros mois. Un jour plus tôt, devant un concert incroyablement ennuyeux de Best Coast, je m’étais fait la réflexion que seule la musique possédant une partie improvisée valait le coup d’être vue en live. C’est le danger, et surtout le renouvellement, qui donne de l’intérêt à un concert. Quand la musique devient automatique, quand les chansons deviennent des numéros, quand chaque concert devient le même que celui de la veille, ça n’a plus aucun sens. L’improvisation redonne un peu de vie. C’est ce qui est intéressant chez Ariel Pink et ses Haunted Graffiti. Dans un espace de liberté somme toute restreint, les musiciens, à la suite de leur gourou à moitié cinglos, peuvent improviser. C’est plus risqué, car ça rend l'ensemble aussi qu'inconstant. Entre réussite et parfois grands moments de flottement. Ils alternent couplets avec cris d’animaux (“on dirait qu’Ariel Pink parle dans la même langue que le chanteur de Thee Oh Sees, E. Camus dixit) et refrains emphatiques, comme s’ils hésitaient entre musique alambiquée et bonne vieille pop. Certains refrains, gorgés de chœurs et de riffs malins, sont des petits chefs-d’oeuvre. Mais parfois, c’est d’une complexité vaine. Toujours sur le fil du rasoir entre mauvais goût et sérieux. Burlesque, comique, parfois ridicule, souvent juste.

Pour le rappel, ils font For Kate I Wait, dont le couplet reste bloqué dans notre tête, bien des heures plus tard, alors que nous sommes face à de nombreuses filles nues se trémoussant dans une piscine à bulles, au cinquantième étage dans un immeuble à la vue imprenable sur Manhattan. Si. Si. La sombre affaire des sandales pour hommes reste un mystère. Mais devant le spectacle de ses hot chicks dénudées, on sifflotte. “Wait wait/I wait for Kate”


 DSC06337-1.jpg picture by roman67
©Elvire Camus






Arnaud J Aubry

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