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Le chanteur de Clap Your Hands And Say Yeah multipliant les projets parallèles, entre Flashy Python et son album solo, magic rpm a demandé à l'homme qui ne tient pas en place de s'asseoir le temps de raconter son périple à la Nouvelle Orléans, son travail avec les vétérans du jazz, et de diagnostiquer l'état de santé de Clap Your Hands. La voix nasillarde d'Alec Ounsworth vous parle.
Magic rpm : Comment en êtes-vous venu à enregistrer un album solo ? L'auriez-vous fait si Steve Berlin ne vous l'avait pas proposé ?
Alec Ounsworth : Non, sans doute pas. D'ailleurs, ce n'est que par hasard que l'album porte mon nom ; en fait, c'est un projet comme les autres. Je ne sais pas trop quoi penser de cette idée de "projet solo".
Est-ce que vous avez eu l'impression de faire un album plus personnel ?
J'ai le sentiment que c'était comme avec n'importe quel autre projet auquel j'ai participé. Je n'ai pas essayé d'être plus directif que d'habitude ; les gens faisaient bien leur travail.
Donc c'est plus une collaboration avec les musiciens de la Nouvelle Orléans, qu'un album d'Alec Ounsworth accompagné par ces instrumentistes ?
C'est une question délicate. Mais je dirais qu'il faut qu'il y ait une collaboration jusqu'à un certain point pour que quelque chose se passe. Après, c'est moi qui ai écrit les chansons de cet album, mais c'était déjà le cas dans les autres groupes dans lesquels j'ai joués.
Comment se passait votre travail avec Steve Berlin et avec les musiciens ?
J'avais une idée assez claire de ce que je voulais faire pour la plupart des chansons. Steve a beaucoup contribué à valoriser ces morceaux, à leur donner forme, et certains titres auraient pris une autre tournure sans lui. Son rôle en tant que producteur est de faire en sorte que le résultat soit aussi bon que possible, et il remplit très bien cette fonction. En ce qui concerne le travail avec les musiciens, c'était génial. Tout se faisait très facilement. On accrochait très vite en jouant, on n'avait pas à recommencer indéfiniment un morceau. J'étais content du résultat en tous cas. Ces chansons n'auraient sans doute pas vu le jour sans ce contexte.
Et justement, pourquoi avoir choisi des musiciens comme Robert Walter ou George Porter Jr., qui sont surtout connus dans le milieu du jazz, pour vous accompagner ?
Ça a surtout à voir avec Stanton (Moore). Steve et moi avons pensé à l'inclure dans ce projet. Stan avait déjà joué avec Robert, qui était prêt à travailler avec nous, et a proposé à George de nous rejoindre. Je savais qu'on ne jouerait ensemble que pour ce disque, qu’il n’y aurait pas de suite. Cela dit, j'ai vraiment eu de la chance d'avoir ces trois gars avec moi. Et ce ne sont pas exclusivement des jazzmen, même si on connaît surtout George par les Meters, et Stan par Galactic. Mais ces types ont énormément d'expérience, et ils savent s'adapter à différents cadres. Cela est vrai de Steve, aussi.
Ces musiciens vont-ils partir avec vous en tournée ?
Il y a un groupe de Philadelphie avec qui je vais faire des concerts. Les chansons varient pas mal quand on les joue en concert. J'essaie d'incorporer à la setlist des chansons de Clap Your Hands And Say Yeah et de Flashy Python. Il y aura vraisemblablement des nouveaux morceaux, aussi. Cela dit, j'adorerais jouer avec ces types en concert. Mais ils sont très occupés, et c'est difficile de tous les faire venir au même endroit.
Pouvez-vous expliquer ce titre, Mo Beauty ?
Ah... A la Nouvelle Orléans, il y a des "second line", des marches de quartier, où les gens défilent avec une sorte de fanfare de jazz. Je suivais une de ces manifestations, et j'ai vu un panneau "Mo Beauty", au milieu d’immeubles détruits par les inondations. Ce paysage reflétait un peu mon idée selon laquelle, entre la tragédie et la reconstruction, quelque chose de beau peut se passer.
Les titres qui composent ce disque ont été écrits à différents moments ; certains d’entre eux sont assez anciens. Qu'est-ce qui fait l'unité de cet album ?
La musique est ma passion et mon hobby depuis plus de dix ans. J'écris des chansons tout le temps, qu'elles atterrissent ou non sur un disque. Ça arrive quand ça arrive. J'ai du mal à dire quand est-ce qu'un morceau est réellement achevé, parce qu'il se peut que je travaille sur une idée pendant des années avant d’arriver à un résultat satisfaisant. Mais l'unité de Mo Beauty vient d'abord du lieu, et des gens avec lesquels il a été fait.
Pourquoi avoir choisi la Nouvelle Orléans pour enregistrer Mo Beauty ? Avez-vous des affinités particulières avec cette ville ?
J’ai appris à jouer de la guitare jazz quand j'étais plus jeune. Et puis, il faut reconnaître qu'il y a un grand nombre d’excellents musiciens qui viennent de là-bas. L’impression que donne cette ville, ses habitants... Tout cela fait que la Nouvelle Orléans est incontestablement un des lieux où je préfère être.
En ce qui concerne l’enregistrement de l’album, je ne me souviens plus de la façon dont ça s'est fait. Mais quand Steve a suggéré qu’on change de ville pour enregistrer le disque, la Nouvelle Orléans m'a paru être un endroit chargé de sens. J'avais l'impression que ça devait se faire là-bas, même si, en réalité, l'album aurait pu être enregistré ailleurs.
Est-ce que le fait d'être là-bas pendant l'enregistrement du disque a influencé le résultat ?
Ce sont les musiciens qui ont essentiellement donné cette marque néo-orléanaise au disque. Cela dit, la ville a pu m’influencer indirectement. Holy, Holy, Holy Moses (Song For New Orleans) est dédiée à ses habitants. Au départ, cette chanson avait été écrite pour quelqu'un avant les inondations. Comme il faut du temps pour qu’un morceau soit réellement abouti, j'avais gardé cette chanson jusqu'à ce que je puisse lui donner une véritable direction, et cette direction lui a été donnée par les inondations...
Le titre parlait déjà d'une tragédie, mais pour moi cela avait plus de sens de parler d'une tragédie collective. Je ne suis pas néo-orléanais, et je ne vais pas faire semblant de l’être. Mais j'ai moi-même traversé des moments difficiles et je voulais les offrir à la population de cette ville. Et je suis sûr que la personne pour qui j'ai écrit la chanson serait contente de voir que la perspective a changé, que la chanson est devenue un cadeau.
Dans quelle mesure faites-vous la différence entre vos trois projets, Clap Your Hands, Flashy Python et votre "projet solo" ?
Je ne sais pas. Pour moi, tout se mêle un peu. J'essaie de ne pas faire de différence entre ces groupes. La différence réside dans le fait que ce ne sont pas les mêmes gens qui jouent sur les albums, c'est tout.
Comment choisissez-vous les chansons qui vont aller avec l'un de vos groupes ?
Pour Mo Beauty, j'ai envoyé plein d'idées et de chansons à Steve. Son point de vue extérieur m’a aidé à faire des choix. C'est le fait de collaborer avec lui qui m'a permis de préciser le projet.
La chanson Obscene Queen Bee #2 figurait déjà (sous une autre version) sur le disque de Flashy Python, Skin And Bones. C'est une chanson à laquelle vous tenez particulièrement ?
J'ai enregistré environ vingt versions différentes de ce morceau au cours des sept dernières années. J'avais essayé de le jouer avec Clap Your Hands , et ça ne donnait rien. Puis j'en ai fait une version avec Flashy Python, et ça me paraissait pertinent dans le cadre de cet album. Je trouve ça intéressant de voir comment différents musiciens s'en sortent sur une même chanson. Je ne voudrais pas faire ça à chaque fois, mais les variations m'intéressent.
Vous comptez venir en tournée en Europe pour cet album ?
Ce serait bien... Je ne sais pas vraiment. J'attends de voir si les gens ont envie de nous voir, en Europe... Je ne me fais pas trop d'illusions en ce qui concerne la popularité.
Qu'en est-il de Clap Your Hands ?
Pour l'instant, jouer avec eux n'est pas à l'ordre du jour. Je ne sais pas vraiment, je n'y ai pas trop pensé. On n'est pas séparés, et en même temps on ne traîne pas ensemble en ce moment. On a chacun des projets de notre côté. Et parfois, il faut remettre un peu les compteurs à zéro pour créer quelque chose qui se démarque par rapport au reste.
Quels sont vos projets en ce moment ?
Je vais travailler sur d'autres disques, sans doute avec Flashy Python, même si je ne sais pas encore si ce sera sous ce nom.
Magic rpm : Comment en êtes-vous venu à enregistrer un album solo ? L'auriez-vous fait si Steve Berlin ne vous l'avait pas proposé ?
Alec Ounsworth : Non, sans doute pas. D'ailleurs, ce n'est que par hasard que l'album porte mon nom ; en fait, c'est un projet comme les autres. Je ne sais pas trop quoi penser de cette idée de "projet solo".
Est-ce que vous avez eu l'impression de faire un album plus personnel ?
J'ai le sentiment que c'était comme avec n'importe quel autre projet auquel j'ai participé. Je n'ai pas essayé d'être plus directif que d'habitude ; les gens faisaient bien leur travail.
Donc c'est plus une collaboration avec les musiciens de la Nouvelle Orléans, qu'un album d'Alec Ounsworth accompagné par ces instrumentistes ?
C'est une question délicate. Mais je dirais qu'il faut qu'il y ait une collaboration jusqu'à un certain point pour que quelque chose se passe. Après, c'est moi qui ai écrit les chansons de cet album, mais c'était déjà le cas dans les autres groupes dans lesquels j'ai joués.
Comment se passait votre travail avec Steve Berlin et avec les musiciens ?
J'avais une idée assez claire de ce que je voulais faire pour la plupart des chansons. Steve a beaucoup contribué à valoriser ces morceaux, à leur donner forme, et certains titres auraient pris une autre tournure sans lui. Son rôle en tant que producteur est de faire en sorte que le résultat soit aussi bon que possible, et il remplit très bien cette fonction. En ce qui concerne le travail avec les musiciens, c'était génial. Tout se faisait très facilement. On accrochait très vite en jouant, on n'avait pas à recommencer indéfiniment un morceau. J'étais content du résultat en tous cas. Ces chansons n'auraient sans doute pas vu le jour sans ce contexte.
Et justement, pourquoi avoir choisi des musiciens comme Robert Walter ou George Porter Jr., qui sont surtout connus dans le milieu du jazz, pour vous accompagner ?
Ça a surtout à voir avec Stanton (Moore). Steve et moi avons pensé à l'inclure dans ce projet. Stan avait déjà joué avec Robert, qui était prêt à travailler avec nous, et a proposé à George de nous rejoindre. Je savais qu'on ne jouerait ensemble que pour ce disque, qu’il n’y aurait pas de suite. Cela dit, j'ai vraiment eu de la chance d'avoir ces trois gars avec moi. Et ce ne sont pas exclusivement des jazzmen, même si on connaît surtout George par les Meters, et Stan par Galactic. Mais ces types ont énormément d'expérience, et ils savent s'adapter à différents cadres. Cela est vrai de Steve, aussi.
Ces musiciens vont-ils partir avec vous en tournée ?
Il y a un groupe de Philadelphie avec qui je vais faire des concerts. Les chansons varient pas mal quand on les joue en concert. J'essaie d'incorporer à la setlist des chansons de Clap Your Hands And Say Yeah et de Flashy Python. Il y aura vraisemblablement des nouveaux morceaux, aussi. Cela dit, j'adorerais jouer avec ces types en concert. Mais ils sont très occupés, et c'est difficile de tous les faire venir au même endroit.
Pouvez-vous expliquer ce titre, Mo Beauty ?
Ah... A la Nouvelle Orléans, il y a des "second line", des marches de quartier, où les gens défilent avec une sorte de fanfare de jazz. Je suivais une de ces manifestations, et j'ai vu un panneau "Mo Beauty", au milieu d’immeubles détruits par les inondations. Ce paysage reflétait un peu mon idée selon laquelle, entre la tragédie et la reconstruction, quelque chose de beau peut se passer.
Les titres qui composent ce disque ont été écrits à différents moments ; certains d’entre eux sont assez anciens. Qu'est-ce qui fait l'unité de cet album ?
La musique est ma passion et mon hobby depuis plus de dix ans. J'écris des chansons tout le temps, qu'elles atterrissent ou non sur un disque. Ça arrive quand ça arrive. J'ai du mal à dire quand est-ce qu'un morceau est réellement achevé, parce qu'il se peut que je travaille sur une idée pendant des années avant d’arriver à un résultat satisfaisant. Mais l'unité de Mo Beauty vient d'abord du lieu, et des gens avec lesquels il a été fait.
Pourquoi avoir choisi la Nouvelle Orléans pour enregistrer Mo Beauty ? Avez-vous des affinités particulières avec cette ville ?
J’ai appris à jouer de la guitare jazz quand j'étais plus jeune. Et puis, il faut reconnaître qu'il y a un grand nombre d’excellents musiciens qui viennent de là-bas. L’impression que donne cette ville, ses habitants... Tout cela fait que la Nouvelle Orléans est incontestablement un des lieux où je préfère être.
En ce qui concerne l’enregistrement de l’album, je ne me souviens plus de la façon dont ça s'est fait. Mais quand Steve a suggéré qu’on change de ville pour enregistrer le disque, la Nouvelle Orléans m'a paru être un endroit chargé de sens. J'avais l'impression que ça devait se faire là-bas, même si, en réalité, l'album aurait pu être enregistré ailleurs.
Est-ce que le fait d'être là-bas pendant l'enregistrement du disque a influencé le résultat ?
Ce sont les musiciens qui ont essentiellement donné cette marque néo-orléanaise au disque. Cela dit, la ville a pu m’influencer indirectement. Holy, Holy, Holy Moses (Song For New Orleans) est dédiée à ses habitants. Au départ, cette chanson avait été écrite pour quelqu'un avant les inondations. Comme il faut du temps pour qu’un morceau soit réellement abouti, j'avais gardé cette chanson jusqu'à ce que je puisse lui donner une véritable direction, et cette direction lui a été donnée par les inondations...
Le titre parlait déjà d'une tragédie, mais pour moi cela avait plus de sens de parler d'une tragédie collective. Je ne suis pas néo-orléanais, et je ne vais pas faire semblant de l’être. Mais j'ai moi-même traversé des moments difficiles et je voulais les offrir à la population de cette ville. Et je suis sûr que la personne pour qui j'ai écrit la chanson serait contente de voir que la perspective a changé, que la chanson est devenue un cadeau.
Dans quelle mesure faites-vous la différence entre vos trois projets, Clap Your Hands, Flashy Python et votre "projet solo" ?
Je ne sais pas. Pour moi, tout se mêle un peu. J'essaie de ne pas faire de différence entre ces groupes. La différence réside dans le fait que ce ne sont pas les mêmes gens qui jouent sur les albums, c'est tout.
Comment choisissez-vous les chansons qui vont aller avec l'un de vos groupes ?
Pour Mo Beauty, j'ai envoyé plein d'idées et de chansons à Steve. Son point de vue extérieur m’a aidé à faire des choix. C'est le fait de collaborer avec lui qui m'a permis de préciser le projet.
La chanson Obscene Queen Bee #2 figurait déjà (sous une autre version) sur le disque de Flashy Python, Skin And Bones. C'est une chanson à laquelle vous tenez particulièrement ?
J'ai enregistré environ vingt versions différentes de ce morceau au cours des sept dernières années. J'avais essayé de le jouer avec Clap Your Hands , et ça ne donnait rien. Puis j'en ai fait une version avec Flashy Python, et ça me paraissait pertinent dans le cadre de cet album. Je trouve ça intéressant de voir comment différents musiciens s'en sortent sur une même chanson. Je ne voudrais pas faire ça à chaque fois, mais les variations m'intéressent.
Vous comptez venir en tournée en Europe pour cet album ?
Ce serait bien... Je ne sais pas vraiment. J'attends de voir si les gens ont envie de nous voir, en Europe... Je ne me fais pas trop d'illusions en ce qui concerne la popularité.
Qu'en est-il de Clap Your Hands ?
Pour l'instant, jouer avec eux n'est pas à l'ordre du jour. Je ne sais pas vraiment, je n'y ai pas trop pensé. On n'est pas séparés, et en même temps on ne traîne pas ensemble en ce moment. On a chacun des projets de notre côté. Et parfois, il faut remettre un peu les compteurs à zéro pour créer quelque chose qui se démarque par rapport au reste.
Quels sont vos projets en ce moment ?
Je vais travailler sur d'autres disques, sans doute avec Flashy Python, même si je ne sais pas encore si ce sera sous ce nom.