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Les terrils dans la
brume, un prêcheur en plein désert, les pavés et les croix. Aucun doute, Nika
Roza Danilova possède le sens du patronyme qui claque et suit un parcours sans
faute : quelques maxis abrasifs parus chez Sacred Bones ou Troubleman
Unlimited, un premier LP bien retors (The Spoils, 2009) et un projet
parallèle fabuleusement éreintant (Former Ghosts, en compagnie de Freddy
Ruppert et du Xiu Xiu Jamie Stewart). De quoi s’assurer une réputation
souterraine grandissante. On était plus qu’impatient de découvrir la suite de
ces incantations domestiques et torturées, tiraillées entre Nico, Siouxsie
et Jarboe. Bon, feignons la surprise : cet album est simplement la
réédition du EP Stridulum paru au printemps, agrémenté de trois titres
pas toujours inédits. Un LP qui confirme nos soupçons : Zola Jesus a
totalement désinfecté son œuvre. Disparues, les salissures libératrices,
saturations vocales et autres suppurations bruitistes. La cantatrice postindus
conserve le principal : sa voix. Des années préadolescentes passées à
l’opéra, Danilova hérite d’un chant puissant, lyrique et hanté. Posés sur des
nappes synthétiques, des cordes digitales et soutenus par des chœurs d’église
ravagée, ses vagues à l’âme inondent Trust Me. Autre élément décisif,
les pulsations ont été préservées de ce nettoyage printanier.
De ses nuits passées sur de vieilles groovebox, l’étudiante en philosophie a acquis une science de l’épure rythmique, du beat qui résonne et du silence inquiétant. Un savoir-faire influencé par la scène industrielle (Tower, porté par le groove sous-jacent des premiers SPK) ou néoclassique : monumentale, la fougue martiale de ces péplums imaginaires renvoie à In The Nursery (la grandiloquence de Manifest Destiny, la marche Stridulum). Autrefois rêche, ardue, et repêchée du EP Tsar Bomba (2009), Sea Talk est essorée, et propulse dans un même Movement Siouxsie chez un New Order balbutiant, témoignage du chemin parcouru. On pourra donc gloser sur le changement radical du son Zola Jesus, net et sans bavure lo-fi. Finalement, Danilova a eu les moyens de ses ambitions et signe un disque pas si éloigné de ces travaux précédents, mais à nu, squelettique. Une démarche qui relève plus de l’audibilité trouble des récents Animal Collective que du jusqu’auboutisme ridicule de Wolf Eyes. Mais une incarnation peut-être pas définitive, à l’écoute de son dernier split EP en compagnie de LA Vampires, remplie des mélodies au papier de verre des débuts. Attendons la prochaine résurrection.
De ses nuits passées sur de vieilles groovebox, l’étudiante en philosophie a acquis une science de l’épure rythmique, du beat qui résonne et du silence inquiétant. Un savoir-faire influencé par la scène industrielle (Tower, porté par le groove sous-jacent des premiers SPK) ou néoclassique : monumentale, la fougue martiale de ces péplums imaginaires renvoie à In The Nursery (la grandiloquence de Manifest Destiny, la marche Stridulum). Autrefois rêche, ardue, et repêchée du EP Tsar Bomba (2009), Sea Talk est essorée, et propulse dans un même Movement Siouxsie chez un New Order balbutiant, témoignage du chemin parcouru. On pourra donc gloser sur le changement radical du son Zola Jesus, net et sans bavure lo-fi. Finalement, Danilova a eu les moyens de ses ambitions et signe un disque pas si éloigné de ces travaux précédents, mais à nu, squelettique. Une démarche qui relève plus de l’audibilité trouble des récents Animal Collective que du jusqu’auboutisme ridicule de Wolf Eyes. Mais une incarnation peut-être pas définitive, à l’écoute de son dernier split EP en compagnie de LA Vampires, remplie des mélodies au papier de verre des débuts. Attendons la prochaine résurrection.