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La scène underground américaine est fascinante. Elle se régénère de façon inépuisable, engendrant micro labels et artistes novateurs. La musique électronique a semé quelques graines au sein de cette jungle indie pop. Ainsi, après Mark Robinson de feu Unrest, qui vient encore de réussir un nouveau disque à chérir précieusement, et surtout the Postal Service (soit la rencontre de Dntel et de Death Cab For Cutie), un autre musicien de l'ombre se frotte à des sonorités plus expérimentales. Jamie Stewart est le fécond leader de Xiu Xiu, auteur de trois longs formats en l'espace de deux années, dispersés sur différents labels. L'auditeur devra s'accrocher pour le suivre car sa musique est versatile et assez ardue. Un début à la Magnetic Fields laisse présager d'un album pop cynique, mais la suite est toute autre. Des boucles de synthétiseurs et des riffs de guitares anémiques recouvrent une voix proche de l'extinction, qui bataille au milieu de nappes de bruits pour se faire entendre. Jamie Stewart chuchote à l'oreille de l'auditeur des histoires d'amour ardentes qui finissent mal, et touche en plein coeur. La ballade folk qui donne son titre à cet album désespérant aurait pu être composée par Lou Barlow. Xiu Xiu vient d'entrer avec un certain dénuement mais non sans panache dans la grande communauté des chanteurs psychotiques, ceux qui confondent la camisole et la guitare. On aurait du accoler sur la pochette de Fabulous Musclesun sticker "Parental advisory - explicit lyrics".
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