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Parmi tous les prêcheurs laïcs de l'americana gothique hanté par les affres du péché et de la rédemption, David Eugene Edwards est le seul à s'imposer comme le pair de Jeffrey Lee Pierce et Nick Cave (non, on ne remontera pas à Jerry Lee Lewis et Hank Williams). Plus encore que dans 16 Horsepower, sa voix frémissante de passion frustrée, de douleur et d'exaltation spirituelle trouve sa pleine mesure dans un Woven Hand qu'il pilote presque totalement. On pouvait lui reprocher qu'il surjoue et dramatise à l'excès, mais bizarrement, ça passe toujours. Woven Hand a démarré comme une simple escapade (l'album éponyme), mûrie dans l'association avec la compagnie belge Ultima Vez (le disque Blush) et s'épanouit ici dans une richesse qui transcende les éventuelles limites de ses Lp's précédents. Certains morceaux qu'il interprète seul (To Make A Ring, Off The Cuff, tout particulièrement), le voient manier électronique, violoncelle, textures orientales et manipulations organiques avec une maîtrise très personnelle alors que le chant s'aventure dans des harmonies moins ancrées dans le blues, pour un effet saisissant qui lui ouvre de nouvelles perspectives. Les harmonies plus familières habitent d'autres morceaux, mais une production subtile leur donne à chacun un cachet particulier, alors que s'écoulent les riches et parfois obscures images d'amour et de fièvre mystique.
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