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Si WHB (2010), le premier album de We Have Band, ne nous avait guère impressionnés, c’est parce qu’il essayait de tenir la cadence de sprinteurs plus doués (des Talking Heads à LCD Soundsystem), quitte à finalement en perdre haleine. Plus mature, son successeur s’éloigne du créneau trop balisé de l’electro mixée à l’énergie héritée du post-punk pour jouer plus subtilement sur les ambiances et les textures, plutôt que sur les dynamiques et les cassures. Et souffler le chaud et surtout le froid sur des sonorités enrobées de percussions tribales et de boucles synthétiques, comme sur l’intriguant Shift.

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L’électronique fiévreuse en lâcher prise de Steel In The Groove installe un autre décor, tandis que l’ambivalent After All ou le tendu Where Are You People? résonnent d’une palpable inquiétude, qui ajoute un brin de mystère à la musique du trio londonien. Cette évolution d’un disque à l’autre rappelle le passage du post-punk incandescent du début à la new-wave grise du deuxième LP, comme avant eux The Horrors (pour le meilleur) ou Bloc Party (pour le pire). Darren Bancroft, Thomas W et Dede le déclarent eux-mêmes sur Tired Of Running, en un touchant mea culpa : “I won’t make the same mistake again”. Plus humain que la machine de guerre dansante inaugurale et finalement éreintante, Ternion ne rate pas sa cible cette fois.
Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #159

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