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Voilà un disque de featurings, dans la
lignée de Psyence Fiction (1998)
d’UNKLE ou Scorpio Rising (2002) de
Death In Vegas, auquel la pop moderne ne pense plus depuis la crise. Un feu
d’artifices aux couleurs hivernales, une superproduction électro-acoustique
moins tapageuse que ses grandes sœurs britanniques. Le sac de livres sterling
et les vedettes ne sont pas là. Le panache, le relief et le peaufinage sont,
eux, équivalents. Ce n’est pas qu’un charmant puzzle de virtuose : il
procure un plaisir évident, un plaisir d’esthète heureux de partager ses
bonheurs.
Si Benoît de Villeneuve traite ses auditeurs en gens de goût (un goût ici assumé pour une écriture hétéroclite mais de nature classique et souvent épique), il n’en veille pas moins à les transporter ou à les étonner avec ses moyens, et ce n’est jamais cheap. Oui, les deux intenses voix féminines que ce compositeur, arrangeur et producteur accueille en studio (Liz Green et Nili) évoquent respectivement celles de Karen Dalton et Chan Marshall. On sent pourtant bien qu’elles n’appartiennent qu’à ces deux jeunes chanteuses encore dans les starting-blocks, et on n’ignore pas qu’on va à nouveau entendre parler de nombreuses influences à l’encontre de ce disque. Qui est réellement derrière, tantôt invisible et secret, tantôt omniprésent et tonitruant, qui est le créateur de ces chansons, toute différentes, dans lesquelles nous entrons guidés par lui ?
S’il a du talent comme ici, la tentation est toujours grande de croire que le disque est souvenir et émotions tirées d’autres faits d’armes plus anciens et déjà renommés, dont les noms sont à peine masqués par pudeur ou convenance (le label avance que cet ancien collaborateur de M83 a craqué pour Wilco et David Axelrod, ce n’est pas faux). C’est dénier à l’auteur les pouvoirs tout-puissants de l’imagination et ce disque agrandi, mythifié, supraterrestre et délivré des misères de la trivialité en possède pas mal. Pour émouvoir sur un terrain pop, d’un genre ample mais archibalisé, il faut avoir quelque chose en plus, quelque chose à soi. De l’assimilation de Villeneuve à ses figures héroïques, on retiendra donc le mot héroïque.
Si Benoît de Villeneuve traite ses auditeurs en gens de goût (un goût ici assumé pour une écriture hétéroclite mais de nature classique et souvent épique), il n’en veille pas moins à les transporter ou à les étonner avec ses moyens, et ce n’est jamais cheap. Oui, les deux intenses voix féminines que ce compositeur, arrangeur et producteur accueille en studio (Liz Green et Nili) évoquent respectivement celles de Karen Dalton et Chan Marshall. On sent pourtant bien qu’elles n’appartiennent qu’à ces deux jeunes chanteuses encore dans les starting-blocks, et on n’ignore pas qu’on va à nouveau entendre parler de nombreuses influences à l’encontre de ce disque. Qui est réellement derrière, tantôt invisible et secret, tantôt omniprésent et tonitruant, qui est le créateur de ces chansons, toute différentes, dans lesquelles nous entrons guidés par lui ?
S’il a du talent comme ici, la tentation est toujours grande de croire que le disque est souvenir et émotions tirées d’autres faits d’armes plus anciens et déjà renommés, dont les noms sont à peine masqués par pudeur ou convenance (le label avance que cet ancien collaborateur de M83 a craqué pour Wilco et David Axelrod, ce n’est pas faux). C’est dénier à l’auteur les pouvoirs tout-puissants de l’imagination et ce disque agrandi, mythifié, supraterrestre et délivré des misères de la trivialité en possède pas mal. Pour émouvoir sur un terrain pop, d’un genre ample mais archibalisé, il faut avoir quelque chose en plus, quelque chose à soi. De l’assimilation de Villeneuve à ses figures héroïques, on retiendra donc le mot héroïque.