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Vera Clouzot sort son troisième album et abandonne la langue de Shakespeare. On lui avait trouvé, dans ses précédents albums, des airs de Lloyd Cole, voire des Tindersticks. Hélas, tout cela semble s'être évaporé par le seul effet d'un changement d'idiome, qui aura influencé la musique elle-même. Le trio lillois (deux guitares pas diaboliques, un violoncelle) a gentiment évolué vers un son un peu banal, très "nouvelle scène française", entre Edgar De L'Est et parfois Louise Attaque. Est-ce un certain exotisme qui maintenant fait défaut à ce Kachina ? Pourtant, on y évoque pêle-mêle Lisbonne, les nouvelles de Bukowski, le western... Mais impossible de décoller avec ce disque sans mystère à la lourdeur bien franchouillarde. Un peu d'accordéon par-ci, une petite valse musette par-là, et la bossa de rigueur. Au détour d'un titre, on y retrouve néanmoins de délicates harmonies atmosphériques, des échappées free-jazz, le moins enthousiasmant étant peut-être le chant de Pierre Laplace, récitation nonchalante et maniérée. Vera Clouzot a sans doute tenté d'élargir ses horizons, de trouver une plus grande liberté dans sa langue natale. Mais le groupe n'est toutefois pas parvenu à éviter les mauvaises manies de la nouvelle variété française.
Gilles Duhem
MAGIC RPM  #44
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