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Rachel Au Rocher de Tue-Loup

chronique d'album
Tue-Loup peut-être, mais ne casse pas trois pattes à un canard... Certes facile, sinon exagérée, la formule a au moins le mérite de résumer l'évolution musicale du groupe sarthois depuis son pénible Penya (2002). Délaissant le folk rock de ses vertes années (de La Bancale à La Belle Inutile) et tous nos espoirs de jumelage du lieu-dit Tue-Loup avec Louisville, Kentucky, le quintette s'est peu à peu perdu dans une sorte de jazz hybride mâtiné de folk pop plus barbant que vraiment mutant. Oubliés Miossec, Swell et Palace, ces hauts patronages de jadis qui semblaient peser des tonnes... Oubliés aussi les enregistrements possédés en terres marocaines. Un album acoustique (Tout Nu, paru chez Le Village Vert) en forme de compilation dégraissée plus loin, et voici Rachel Au Rocher et son introduction soul funk (City Light) dont on ne sait s'il s'agit de lard ou de cochon. Les choses s'arrangent par la suite avec Corps de Bête, Les Yeux De L'Âne et Je M'Aplatis, qui marquent un retour au style originel, vaguement léthargique, quelque part entre Julien Baer, Tanger et Jean-Louis Murat première époque, sans jamais tutoyer le talent de ces derniers. Plus loin, le nauséeux Les Encoches, quand il parvient enfin à décoller, laisse espérer de bonnes choses pour l'avenir. Mais en vain. Le Ressac confirme par son ton maniéré qu'il n'y aura point de salut pour cette Rachel Au Rocher. Disque bien fade (Le Martin Pêcheur, Elias et son accent anglais déplorable, Les Grands Pins) au regard de ses prédécesseurs, des plaies bien trop béantes se révèlent ici (Pas D'Chant Pas D'Krumar, Je N'ai Pas Soupé) pour que l'on songe à les panser soi-même.
RENAUD PAULIK
MAGIC RPM  #96
article extrait de :
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