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S'ils ne sont sans doute qu'une poignée de (cœurs) Croisés à attendre The Last Holy Writer, tous sont animés d'une ferveur à peine dissimulée. Comme on les comprend… Car le sixième album (sans même compter la compilation A Certain Evening Light, 2003) de ces Trembling Blue Stars qui se refusent à vaciller depuis 1996 a beau être de ces disques exempts de toute prétention – ni là pour changer une vie, encore moins le cours de l'histoire de la musique –, il n'en fait pas moins preuve d'ambition. Cette même ambition qui anime depuis ses débuts Bobby Wratten, songwriter d'exception que seule une discrétion quasi maladive – doublée d'une affolante modestie – lui a défendu de recevoir les honneurs qu'il mérite. Que ce soit en leader de Field Mice (on n'écrit pas Sensitive ou Missing The Moon par hasard), en patron des Northern Picture Library ou en guide de ces brillants Trembling Blue Stars, l'homme a toujours endossé le costume d'ambassadeur tout au service d'une pop à l'élégance éblouissante. Les remerciements, les gratifications, les lauriers, il les abandonne volontiers aux autres. Lui est un artisan que seul satisfait le sentiment du devoir accompli. Et aujourd'hui, Bobby Wratten peut être aux anges. Toujours secondé par la douce Beth Arzy et épaulé, comme si souvent, par le metteur en son Ian Catt, il a imaginé douze nouvelles chansons, où une fausse légèreté (November Starlings) le dispute souvent à une gravité exaltée (Darker, Colder, Slower). Mélodies gracieuses entonnées du bout des lèvres d'où s'échappent des voix à l'ingénuité confondante (celles de Bobby ou de Beth), arrangements d'une retenue affectueuse (glockenspiel, violoncelle, melodica…) ornent ici un folk fantomatique (From A Pale Blue Rosary), là une electro pop séduisante (This Once Was An Island). Alors, perdus dans des pensées empreintes d'un romantisme absolu, les Trembling Blue Stars plongent tête la première dans les méandres soniques chers à Slowdive (Idyllwyld), empiètent sur la chasse gardée de Moose (A Statue To Wilde, en final grandiose), font escale à Saint Etienne (The Tenth Of Always). Et, parfois, réconcilient miraculeusement New Order et The Cure, à l'instar de l'hypnotisant The Coldest Sky. “There's nothing left but faith”, psalmodiait d'ailleurs Robert Smith en 1981. Désormais, et même si on s'en doutait depuis quelque temps à l'aune de la discographie imaginée par Bobby Wratten, il restera aussi The Last Holy Writer, ce compagnon idéal des bons et mauvais jours. Que l'on écoutera et réécoutera dans un silence forcément religieux.
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