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Test d'amnésie : ne pas se souvenir du premier concert de Trash Palace à La Route Du Rock. Test raté. On se rappelle trop bien de cette affligeante tentative glamour, mâtinée de provocation inoffensive, avec mannequins qui font mine, musiciens pailletés et peroxydés jouant un electro-punk-pop indigeste, sans parler d'invités se demandant ce qu'ils sont venus faire dans pareille galère (Brian Molko tirant la gueule, Jean-Louis Murat trop bourré...). Ce devait être classe et décadent, c'était ridicule et déprimant. Trash Palace, donc, est le projet de Dimitri Tikovoi, producteur et remixeur français basé à Londres, avec une carte de visite (remixes de Placebo et Moby, production du prochain John Cale) qui lui a permis de rameuter des invités plus ou moins opportuns. Molko et Murat, donc, mais aussi Alison "Cranes" Shaw, John Cale, Asia Argento et les moins fameuses Lian, Luna James et Cozette (sic). Trash Palace abuse trop ouvertement de la vieille carte du fantasme sexuel, c'est même le coeur (est-ce bien le mot ?) du produit. Alors, on reprend Venus In Furs mais sans comprendre qu'une voix aguicheuse n'améliorera certainement pas l'hymne du Velvet. On reprend aussi Je T'Aime Moi Non Plus en version digitale, où Molko halète en compagnie d'Asia Argento et chante la partie de la fille ("tu vas et tu viens entre mes reins", vous connaissez). Sauf que tout cela est gratuit et franchement pas très bandant. Douze tournantes (pardon, titres) plus tard, la ballade Your Sweet Love avec la délicieuse Shaw et surtout le sinueux Maculée Conception avec le toujours génial Murat sont les seuls à sortir dignes de la partouze. Petit score.
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