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“Seven o'clock/And my heartbeat stops/My candy girl”. Deux ans et demi plus tard,
ces trois vers concis qui ouvrent Candy Girl, le plus grand des singles oubliés de 2009, sonnent
toujours aussi frais dans la bouche de Suzanne Aztoria. Même carrément froid,
pour ainsi dire, tant la propension à étirer les morceaux sur des langueurs
polaires à la basse brumeuse s'est fait prégnante chez le quatuor londonien. On
a parfois relevé leur goût prononcé pour ce gimmick si efficace qui fait tout
le sel du thème de Twin Peaks (ou de The Funeral Party de The Cure, c'est selon), mais s'il l'utilise si souvent (au moins trois titres le
déclinent), c'est avant tout pour l'ampleur toute structurante qu'il confère
immédiatement. En effet, il ne suffit à Trailer Trash Tracys que d'une poignée
de notes lourdes, et la basse ouvre la voie vers de grandes étendues enrhumées,
zébrées de réverb' malsaine, sur lesquelles la voix de Suzanne vient se poser
comme une cathédrale gothique. Il serait néanmoins réducteur de cantonner la musique de Trailer Trash Tracys à une resucée de quelques
éléments qui ont le fait le bonheur des eighties – de Joy Division à The Jesus And Mary Chain.
Tout comme il serait injuste de nier les recherches du groupe qui s'est appliqué à construire un album tout du long, quand bien même la moitié aurait été connue d'avance depuis deux ans. De l'introductif Roller, parasité de larsens, aux arrière-fonds bruitistes (les introductions de Starlatine ou de Black Circle, par exemple), on relève toujours ce désir de construire une cohérence sonique. Et surtout, on peut également saluer leurs nouveaux penchants savants qui fonctionnent à merveille par bien des aspects : par le choix des rythmiques, rétro-électroniques (Turkish Heights, Engelhardt's Arizona) ou par la basse encore, dispensée au millimètre selon des règles complexes. Et surtout, par cet usage lumineux des boucles de guitares, qui parviennent à faire souffler un vent tiède sur des compositions souvent arides, pour un résultat impressionnant (Dies In 55, Engelhardt's Arizona). C'est précisément cette intelligence qui sauve Trailer Trash Tracys. Au lieu de rejoindre les cohortes de revivalistes du shoegazing, la formation se taille une petite place auprès d'une avant-garde languide à voix blanche, quelque part entre Memoryhouse et Still Corners.
Tout comme il serait injuste de nier les recherches du groupe qui s'est appliqué à construire un album tout du long, quand bien même la moitié aurait été connue d'avance depuis deux ans. De l'introductif Roller, parasité de larsens, aux arrière-fonds bruitistes (les introductions de Starlatine ou de Black Circle, par exemple), on relève toujours ce désir de construire une cohérence sonique. Et surtout, on peut également saluer leurs nouveaux penchants savants qui fonctionnent à merveille par bien des aspects : par le choix des rythmiques, rétro-électroniques (Turkish Heights, Engelhardt's Arizona) ou par la basse encore, dispensée au millimètre selon des règles complexes. Et surtout, par cet usage lumineux des boucles de guitares, qui parviennent à faire souffler un vent tiède sur des compositions souvent arides, pour un résultat impressionnant (Dies In 55, Engelhardt's Arizona). C'est précisément cette intelligence qui sauve Trailer Trash Tracys. Au lieu de rejoindre les cohortes de revivalistes du shoegazing, la formation se taille une petite place auprès d'une avant-garde languide à voix blanche, quelque part entre Memoryhouse et Still Corners.
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