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Destiné, à n’en pas
douter, aux amoureux de la musique traditionnelle américaine, ce disque a
pourtant de quoi surprendre, malgré ses arrangements autant indécelables
qu’obscurs. Ils sont le produit d’un groupe canadien, originaire de Toronto et
empreint d’une tradition. Certes, il s’agit déjà du troisième album de Timber
Timbre, mais un tel étal brillant d’atmosphères hantées et de blues lancinant lui
prédit une destinée autre que sa confidentialité actuelle. Car ce disque, qui
se situe entre Nick Drake et Robert Johnson, est littéralement hantant. À la fois
poétiques et crucifiantes, ces paroles sont absolument pétrifiantes. Surtout,
Taylor Kirk, inventeur du groupe, a ajouté à son minimalisme quelques chordes,
cuivres et chœurs qui auraient pu éconduire ses intentions premières. Au
contraire, son travail n’en est qu’étonnement renforcé. Et que Kirk, comme son
alter ego cinématographique, a de quoi se tenir droit, en pirate de la musique
américaine. Frissonnant.