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Velvet redux live MCMXCIII (DVD) de The Velvet Underground

chronique d'album
Nous sommes d’accord. Le Velvet Underground a violé le rock pour lui donner une nouvelle virginité, fait exploser les barrières, inventé Bowie, Iggy, Psychocandy et Gillespy (Bobby). Entre autres. Il est, avec ou sans Warhol, avec ou sans Nico, avec ou sans John Cale (quel grand troisième album…), l’un des groupes les plus marquants de l’histoire de la musique moderne, magnifiquement déglingué et pervers, superbement apaisé et pudique, au gré de ses errances et autres dissensions. L’histoire s’était définitivement terminée en 1970, laissant place à la légende. Elle n’aurait jamais dû balbutier. Flash-back. Le 15 juin 1990, lors d’une exposition Warhol à la Fondation Cartier, sise en ces temps reculés à Jouy-En-Josas, Maureen Tucker, John Cale, Sterling Morrison et Lou Reed jouent ensemble pour la première fois depuis 1968 et interprètent Heroin devant un parterre d’invités estomaqués.

Bon, on aurait pu en rester là. Ben non. Il a fallu que cette réunion “impromptue” ne donne des idées. Et ne débouche, trois ans plus tard, sur une tournée qui s’arrête trois soirs de suite à l’Olympia parisien. Ces concerts, déjà immortalisés en 1993 sur un immonde album “en direct”, donnent donc naissance aujourd’hui à un Dvd fort de quinze morceaux (ça aurait pu être pire), support dont la qualité principale est, dans le cas présent, de permettre d’apprécier à sa juste valeur l’ampleur du désastre. Ah, Reed et sa guitare atrophiée, ânonnant les paroles d’une Venus In Furs en haillons. Certes, Cale, au violon ou la basse, d’une sobriété exemplaire, fait honneur à sa réputation. Le regretté Morrison reste un guitariste génial. Et Moe Tucker martèle ses fûts avec vaillance. N’empêche. Les versions balloche de White Light/White Heat et hard de I Heard Call My Name frôlent la supercherie et l’on est fort marri de constater que Sweet Jane a méchamment pris du poids. Il n’y plus aucune trace ici de subversion (Heroin, en mode Début De Soirée – “Et tu frappes, frappes, frappes dans tes mains”), de grâce (“Paaa-ha-aaaaale blue eyes”, entonne Lou avec la sensualité d’un cornichon), d'émois (à peu près tous les autres titres). “I’ll be your mirror/reflect what you are” : aujourd’hui, la sortie de Velvet Redux: MCMXCIII donne à ces paroles une bien fâcheuse signification…
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #97
article extrait de :
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