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Les craintes furent nombreuses en 2005 lors de la signature de The Roots sur Def Jam. Le groupe allait y sacrifier son intégrité et son indépendance pour enfin goûter à un succès plus massif (qui, soit dit en passant aurait été amplement mérité, qu’importe la manière). Pourtant, depuis cette fameuse signature, les choses semblent s’être mises en marche à rebours des prophéties annoncées. D’album en album, la bande à ?uestlove, de plus en plus sûre de ses moyens, n’a cessé de larguer les amarres pour exploiter enfin à plein régime et sans barrières cet incroyable potentiel que les œuvres plus anciennes avaient souvent laissé entrevoir. Undun pourrait ainsi bien rester comme l’accomplissement de cette démarche.

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Plus rien ici ne semble faire peur au groupe qui, s’il privilégie toujours un hip hop aux sonorités soul, lui donne aujourd’hui, sans jamais forcer le trait, des formes de plus en plus libres héritées du jazz ou du rock voire du classique. Make My, premier single auréolé de son clavier élégiaque et merveille d’équilibre, donne le ton d’un disque introspectif à la délicatesse rare dans le genre. La suite ne quittera plus ces sommets jusqu’à son point d’orgue final, une relecture délicate et libre en quatre mouvements, entre musique moderne et jazz libre, du Redford (For Yia-Yia & Pappou) de Sufjan Stevens en compagnie de l’intéressé qui, loin de jouer la simple caution, semble goûter avec délectation à l’utilisation inattendue de son œuvre. Un final en forme d’apothéose d’un album qui n’a peut être pour seul défaut que son élégance sophistiquée. 
Laurent Maréchal
MAGIC RPM  #159

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