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Plutôt
embarrassant, ce troisième album des Postmarks. On n’aurait presque rien à
reprocher à ces musiciens basés à Miami : amour de la pop orchestrale
(Mancini, Bacharach, Barry), goût des arrangement subtils et spectraux, science
de la mélodie enivrante et cinématique, le chant mutin de Tim Yehezkely… N’en
jetez plus, tout est là. Ou presque. Englué dans une déférence pour les
références, The Postmarks se complaît dans le vintage jusqu’à la pochette,
stylée 60’s (et marquée par l’usure d’un hypothétique vinyle !), ouvrant à
grand peine la porte à la modernité. Citons, pour être juste, For Better… Or
Worse ?, mélange habile de production gonflée et d’inspiration
immémoriale. Et même si les autres chansons sont plaisantes, c’est un
maigre bilan. Dommage : dans un registre similaire, Broadcast s’avérait
bien plus aventureux (Ha Ha Sound, 2003), et The Last Shadow Puppets
réussissait brillamment l’exercice de style. Alors ? Que manque-t-il pour
que tout soit parfait ? Un petit supplément d’âme – celui qui sauvait
l’essai précédent, By The Numbers (2008) : uniquement constitué de
reprises, parfois évidentes certes (You Only Live Twice, de Nancy
Sinatra), le groupe rendait parfois ces standards méconnaissables (7-11
des Ramones, Three Little Birds de Marley). Reste ici une anecdote
admirablement cousue, mais de fil blanc. Les complétistes peu regardants se
régaleront. Quant aux autres…