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El Turista de Josh Rouse

chronique d'album
C’est entendu, Josh Rouse est un ami pour la vie et l’on reçoit chacun de ses nouveaux disques comme on prend des nouvelles d’un proche. Les amours, le déménagement, l’Espagne, on a tout suivi, on a aimé. Mais c’est une pointe de déception qui prévaut à l’écoute du bien nommé El Turista. On s’était habitué à de longues lettres riches en détails, et c’est une carte postale un peu banale qui nous arrive de Valence, avec son lot de formules convenues et de clichés ensoleillés.

Parée des couleurs locales et parfois chantée en espagnol, la pop de Josh Rouse frôle le pastiche, lorgnant vers un tropicalisme bon teint qui sent le farniente et le chapeau de paille : contrebasse, percussions, chœurs et claviers embrassent des rythmiques chaloupées sur un Mesie Julian peu convaincant, tandis que les guitares et le piano de Valencia chatouillent tranquillement les lieux communs.

Mais le talent de compositeur et d’arrangeur de l’Américain ne s’étant pas évaporé sous le soleil valencien, il trousse une poignée de chansons irrésistibles, dont au moins trois classiques à inscrire à un palmarès déjà bien fourni : Lemon Tree fait tournoyer les flûtes et les harmonies vocales sur une mélodie aérienne, Sweet Elaine porte à merveille ses capiteuses volutes de violons quand I Will Live On Islands renoue avec un art épatant du storytelling. Ailleurs, mélodies indolentes et arrangements classieux font passer le décor de carte postale.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #140
article extrait de :
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