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Il faudrait systématiquement attendre une
ou deux saisons avant de tenter de chroniquer un album de The New Year. Car
depuis le milieu des années 90, les frères Matt et Bubba Kadane lissent une
œuvre à la discrétion d’une (soft) bombe à retardement. On n’écoute pas un
disque de The New Year (ou de Bedhead, leur précédente incarnation), c’est lui
qui s’impose à vous. Et cela prend un certain temps, même si on connaît
intimement ce groupe et son langage. Il n’est de toute façon pas possible de
rendre compte de la richesse contagieuse d’une musique aussi spartiate.
D’autant plus que pour ce troisième album, dont on peut voir dans l’absence de titre un acte délibéré, une partie des chansons a été composée au piano, comme une volonté d’effacement et de discrétion supplémentaires, un comble pour des musiciens dont l’usage des guitares est à ce point unique. À ce sujet, on se permettra de rassurer les usagers : la tectonique des plaques et autres strates guitaristiques, qui sont la marque déposée de l’établissement, est toujours aussi sidérante. De cette stratégie de l’évitement; les Texans auront mis du temps à donner une suite aux trente-quatre minutes inoubliables de The End Is Near (2004). Comme sur les deux précédents opus, chaque note, chaque mot, chaque intonation résonne comme un bréviaire de la dépression et comment y faire face.
Une fois encore, ce nouveau chef-d’œuvre ne dure que trente-quatre minutes – montre en main et larmes aux yeux. Mais il serait criminel de résumer The New Year en marchands du désespoir contemporain ou en confortable refuge pour neurasthéniques impénitents. Comme en témoigne l’impérieux génie de Chris Brokaw derrière les fûts, avec une maîtrise implacable dans la gestion de la tension. À l’heure où leurs exégètes (Death Cab For Cutie en tête) caracolent en tête des charts américains et où le moindre folkeux un peu habité se voit taxer de réincarnation de Nick Drake, The New Year vient remettre les pendules à l’heure (d’hiver) et montrer, sans jamais hausser le ton, ou si peu, qui sont les vrais patrons.
D’autant plus que pour ce troisième album, dont on peut voir dans l’absence de titre un acte délibéré, une partie des chansons a été composée au piano, comme une volonté d’effacement et de discrétion supplémentaires, un comble pour des musiciens dont l’usage des guitares est à ce point unique. À ce sujet, on se permettra de rassurer les usagers : la tectonique des plaques et autres strates guitaristiques, qui sont la marque déposée de l’établissement, est toujours aussi sidérante. De cette stratégie de l’évitement; les Texans auront mis du temps à donner une suite aux trente-quatre minutes inoubliables de The End Is Near (2004). Comme sur les deux précédents opus, chaque note, chaque mot, chaque intonation résonne comme un bréviaire de la dépression et comment y faire face.
Une fois encore, ce nouveau chef-d’œuvre ne dure que trente-quatre minutes – montre en main et larmes aux yeux. Mais il serait criminel de résumer The New Year en marchands du désespoir contemporain ou en confortable refuge pour neurasthéniques impénitents. Comme en témoigne l’impérieux génie de Chris Brokaw derrière les fûts, avec une maîtrise implacable dans la gestion de la tension. À l’heure où leurs exégètes (Death Cab For Cutie en tête) caracolent en tête des charts américains et où le moindre folkeux un peu habité se voit taxer de réincarnation de Nick Drake, The New Year vient remettre les pendules à l’heure (d’hiver) et montrer, sans jamais hausser le ton, ou si peu, qui sont les vrais patrons.
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